Biographies & autobiographies, Historiques, Non classé

Roi par effraction

Chronique de Roi par effraction, de François Garde.

« Depuis ce massacre qui lance sa destinée, et où il gagne le surnom méprisant de Général Vendémiaire, Bonaparte a une dette envers Murat. Sans cette cavalcade et sans ces canons, comment l’affaire aurait-elle tourné, alors que les sectionnaires royalistes alignaient des effectifs armés bien plus importants que ceux fidèles au régime ? Mais jamais Bonaparte ne s’est considéré comme redevable de quoi que ce soit envers quiconque : il a donné un ordre, Murat l’a exécuté. C’est une grande faute que de sauver la mise à un ingrat. Ou en tout cas une grande naïveté. »

François Garde, Roi par effraction, Éditions Gallimard, 2019, p. 37.

Motivations initiales

Plusieurs fois, j’ai vu ce roman au titre énigmatique dans différentes librairies et plusieurs fois, par faute de temps, je n’ai pas pris le temps de le feuilleter ou même d’en lire le résumé… Mais vous commencez à le savoir, je suis adepte des vidéos de la Librairie de la Griffe Noire et Gérard Collard a présenté ce livre avec tellement de passion qu’il m’a décidé à me le procurer et à le lire sans tarder !

Synopsis

Alors que les événements révolutionnaires commencent à embraser l’Europe, la France entame une nouvelle ère, celle de la République. Cette fragile République est secouée par les opposants royalistes qui prônent un retour à l’Ancien Régime.

Parmi les personnages influents de la vie politique et militaire, un jeune corse promu au rang de Général, Napoléon Bonaparte, se distingue. En s’appuyant sur sa famille et en graissant la patte de certaines personnalités politiques, Bonaparte s’installe dans les plus hautes sphères de l’État et deviendra empereur des français en décembre 1804.

S’il y a bien un fidèle de l’empereur depuis la première heure, c’est Joachim Murat. Murat est l’un des bras droits de l’empereur, l’un de ses plus brillants généraux mais aussi, probablement, celui au caractère le plus trempé…

Joachim Murat rêve de titres de noblesse et, pourquoi pas, de devenir un jour roi. Il compte bien sur son mariage avec Caroline – la sœur de Napoléon – et sur ses états de service pour y parvenir.

Mais à trop convoiter une couronne et des lauriers, le hussard pourrait finir par voir ses ennemis comploter sa chute…

Avis

Il est quasiment minuit à l’heure où je rédige cette chronique et je suis devant mon écran à ne pas savoir quoi écrire… Comment trouver les mots justes pour rendre hommage à ce brillant ouvrage ? Comment, en quelques lignes, vous donner envie d’ouvrir ce roman même si vous n’êtes pas férus d’histoire ?

Durant quasiment trois cent pages, François Garde réussit un véritable exploit. Il rend Joachim Murat, mort depuis plus de deux cent ans, vivant. J’avais devant moi le célèbre hussard, l’audacieux général, le roi orgueilleux de Naples. Il a réussi à m’embarquer, aux côtés de Murat, lors des événements marquants de sa carrière, que ce soit sur un bateau rejoignant l’Egypte – j’étais quasiment malade, souffrant des caprices de l’océan -, ou dans le froid polaire de la Russie, alors que mes membres se raidissaient. Bref, j’ai voyagé, j’ai voyagé alors qu’en ce moment nous sommes enfermés entre quatre murs. Croyez-moi c’est épatant la façon dont François Garde arrive à donner vie à ses personnages !

L’auteur a également réussi à m’arracher quelques larmes, lorsqu’il relate la prise de canons aux Sablons par un militaire qui dépasse de plus d’une tête les autres ou encore lors des charges de cavalerie de la Grande Armée… Oui, ça peut paraître loufoque ou même inconcevable mais c’est tellement bien écrit, tellement vivant, qu’on sent l’odeur de la poudre, du sang et des chevaux !

Bien entendu, je n’ai pas fait que pleurer, j’ai également eu un sourire au coin des lèvres lors de certains événements notamment lors des échanges de billets entre Murat et son épouse au sujet du caractère colérique de Bonaparte ou bien encore en baignant danss les intrigues politiques du Premier Empire.

L’écriture de François Garde nous invite au voyage. En nous emmenant lors de l’un des moments les plus connus de notre histoire de France, il nous fait revivre des personnages bien souvent laissés dans l’ombre alors qu’ils ont permis à Napoléon de consolider son trône. C’est poétique, c’est sans fioriture et c’est magique, on ne voit pas le temps passer.

Jamais un livre n’avait encore réussi à détrôner Voyage au bout de la Nuit qui est pour moi ma référence en littérature mais là, Monsieur Garde, je dois vous dire que votre livre devient la plus belle pépite de ma bibliothèque. Merci pour ce moment d’évasion alors qu’ici c’est un peu le chaos.

Digne d’un grand roman de cape et d’épée mais également d’un grand roman traitant de la fidélité, on assiste aux derniers jours d’un condamné… Et vous, savez-vous qui est Joachim Murat et comment il a fini sa vie ?

2 réflexions au sujet de “Roi par effraction”

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