Classique, Roman

Le parfum

Chronique de Le parfum, de Patrick Süskind.

« Grenouille jetais sur la ville de Grasse un regard très froid. Il n’était pas en quête de la terre promise des parfumeurs et son coeur n’était pas en train de fondre à la vue de cette bourgade accrochée à ses collines, de l’autre côté. Il était venu parce qu’il savait qu’on pouvait apprendre là mieux qu’ailleurs certaines techniques d’extraction des parfums. Et c’était ces techniques qu’il voulait acquérir, car il en avait besoin pour les buts qu’il poursuivait. »

Patrick Süskind, Le parfum, Éditions Fayard, 1986, p. 235.

Motivations initiales

Mon binôme, qui me parle de ce livre depuis quelques années, trouvait dommage que je ne le lise pas : à son avis, j’allais vraiment me régaler ! Lors d’une virée à Nantes, cette magnifique édition est tombée entre mes mains et j’ai pas pu résister, il a rejoint ma PAL !

Synopsis

Royaume de France. XVIIIème siècle. Jean-Baptiste Grenouille est venu au monde dans l’une des rues les plus sales de Paris, alors que sa mère évidait des poissons pour les vendre. Mais elle ne veut pas de cet enfant, alors elle le cache sous un tas d’immondices.

Le bébé est alors recueilli et confié à des nourrices. Mais… Toutes, elles se sentent mal à l’aise en sa présence et finalement plus aucune n’accepte de s’occuper de lui.

Le jeune Grenouille est en effet différent des autres. Il n’a pas besoin de grand-chose pour vivre ; son âme, elle, n’a absolument besoin de rien. Mais ce personnage étrange dispose d’un immense don, il a un nez unique. Il est capable de percevoir un parfum dans les moindres détails et à des kilomètres à la ronde.

Persuadé que celui qui maîtrise les odeurs maîtrise le cœur des hommes, il est déterminé à accéder à ce pouvoir… Pour cela, il est prêt à tout… même aux actes les plus atroces.

Avis

Autant vous dire qu’avant même d’ouvrir ce livre, précédé par son incroyable réputation, la barre était placée très haut ! J’en attendais énormément, trop peut-être. Bref j’avais la pression !

Dès les premières pages, je comprends que je me lance dans une histoire assez insolite et complètement dérangeante voire perturbante ! Très rapidement, je me rends compte du talent de l’auteur, il a le don de faire de son histoire une poésie/conte mais également une histoire ultra violente grâce à son personnage principal.

L’écriture de l’auteur tantôt chirurgicale et noire, nous entraîne au cœur du XVIIIème siècle, à Paris et à Grasse. En un claquement de doigt, on se retrouve en immersion totale, dans la crasse, la puanteur, la violence du Paris de l’époque. C’est tellement bien rendu qu’on a l’impression de sentir toutes ces odeurs – celles des poissons pourris, celles des indigents que l’on frôle… Et puis, Patrick Süskind en l’espace d’une seconde nous fait oublier ces odeurs nauséabondes pour nous en faire découvrir d’autres, raffinées, délicates que les Grands du royaume de France s’arrachent. J’ai particulièrement aimé ce contraste entre la saleté des uns et les parfums émanant du laboratoire des grands parfumeurs.

Côté personnage, on sent que l’auteur s’est fait des nœuds dans le cerveau pour nous présenter ce Grenouille. Ce jeune homme est tellement particulier, froid, il met mal à l’aise ceux qu’il côtoie, sans qu’ils sachent forcément en déceler les raisons. Mais l’une d’elle est une de ses caractéristiques les plus mystérieuses : il n’a aucune odeur, ni bonne ni mauvaise… Or, c’est l’occasion pour l’auteur de nous faire réaliser que, même si ce n’est pas un phénomène conscient, nos sens nous transmettent toutes sortes d’informations. Pour certains, Grenouille est une aberration de la nature.

Le talent caché de Grenouille, c’est naturellement son nez, si fin et si développé qu’il est capable de ressentir la moindre odeur. Il a naturellement fait de cette capacité hors norme un outil pour « analyser » les âmes humaines et prendre le pouvoir – et ça, ça fait légèrement froid dans le dos, avouez !

Alors oui, là vous vous dites que tout les ingrédients sont réunis pour que ce livre soit pour moi un coup de cœur. Mais hélas non ! Pas totalement, pas vraiment, je ne suis convaincue qu’à moitié… J’ai le même sentiment que lorsque j’achète un vêtement qui ne me va ni mal ni bien, un vêtement que je ne sais pas si je cours l’échanger ou si je le garde dans mon dressing. Ici c’est pareil, si le personnage et l’histoire me parlent et sont géniaux, il y a des bémols. Pour moi, ce roman a été compliqué à lire. L’histoire est trop descriptive à mon goût, trop lente à se développer – mais diantre l’action arrive quand ? -, beaucoup de phrases sont alambiquées… Je pense que c’est un roman qu’il ne faut pas dévorer en une fois mais prendre son temps, le vivre comme une expérience. En ce qui me concerne, elle a tourné court…

Bref une lecture en demi-teinte… 😦 Et vous, vous l’avez lu ? Vous avez vu le film ? Est-ce qu’il vaut le coup ?

5 réflexions au sujet de “Le parfum”

  1. Je l’ai lu il y a très très longtemps….. Un roman qui laisse une empreinte pas seulement, oserai-je, olfactive mais prégnante sur l’originalité du thème, partagée entre horreur et admiration. Je garde un souvenir bien plus diffus du film…. 🙂

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  2. je l’ai lu à sa sortie et il m’a plu, et l’histoire autant que l’ambiance,les parfums, le côté pervers du personnage tout est encore bien présent dans ma tête.
    Le film m’a plu mais sans plus, je n’ai pas retrouvé la magie du texte 🙂

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    1. Moi j’étais complètement passée à côté au lycée lorsque nous l’avions étudié. Là, j’ai compris plus de choses et c’est très subtil mais… l’histoire est trop lente à démarrer et je me suis ennuyée

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