Chronique de Le Facteur de Nagasaki, de Peter Townsend.
« Tous ces ministres favorables à la paix étaient des civils, mais c’était un autre civil et ancien ministre des Affaires étrangères, Matsuoka, qui avait déclaré au début des pourparlers : « Nous devons soit faire couler le sang, soit nous engager dans la diplomatie. Il vaut mieux faire couler le sang ». »
Peter Townsend, Le Facteur de Nagasaki, Éditions Les Belles Lettres, 2025, p. 35.
Motivations initiales
Ce livre nous a été prêté, il n’a donc fait que transiter rapidement par la case « PAL », pour que son légitime propriétaire puisse rapidement rentrer en sa possession. Voici donc qui est chose faite !
Synopsis
Ce livre, comme son nom l’indique, n’est pas un roman, c’est plutôt un récit tiré des discussions entre l’auteur, Peter Townsend, et le personnage principal du livre, Sumiteru Taniguchi, complétées par les témoignages des survivants de la bombe.
On découvre la jeunesse de Sumiteru, comment il devient postier et comment il prend plaisir à parcourir les rues et les collines de Nagasaki sur le beau vélo rouge lié à sa fonction. Et puis… la bombe éclate. Pourquoi il a fait partie de ceux qui ont survécu, personne ne saura jamais le dire. Certaines de ses blessures ont mis du temps ne serait-ce qu’à se refermer réellement, mais les marques physiques, si elles sont les plus visibles, ne sont pas les plus profondes.
À jamais, il a été un hibakusha, un des survivants des bombes atomiques, jamais totalement guéri… et surtout, jamais totalement compris, jusque par ceux qui étaient ses plus proches. C’est ce récit que nous livre Peter Townsend.
Avis
Pour être parfaitement honnête, je ne sais pas comment formuler mon avis sur ce livre. Compte tenu de son sujet, il n’est pas possible d’être négatif ou critique. Il s’agit, bien évidemment, et peut-être encore plus dans les circonstances actuelles, d’un témoignage extrêmement important. D’autant plus venant d’un ancien militaire, héros de la Seconde Guerre mondiale, devenu écuyer de Georges VI avant d’être celui d’Élisabeth II.
On apprend beaucoup de choses, par exemple sur l’histoire de Nagasaki – dont j’avoue avoir tout ignoré jusque là -, sur le déroulement même de l’attaque. En revanche, on a finalement assez peu d’éléments pour comprendre réellement les effets sur la population. Certes, on a la description des blessures de Sumiteru, mais je n’ai pas l’impression d’avoir véritablement découvert des choses sur le sujet.
Le sujet du livre qui est finalement le plus développé – et qui est extrêmement intéressant -, c’est la façon dont les autorités japonaises n’ont pas fait tout ce qui était en leur pouvoir pour protéger la population. Clairement, et c’est une dimension que j’ignorais, l’attitude jusqu’au-boutiste notamment des militaires, qui longtemps ont été disposés à aller jusqu’à l’anéantissement du peuple japonais pour ne pas cesser le combat, est assez sidérante. Et la colère des japonais, et, notamment, des hibakusha après la guerre, lorsque cela est devenu une évidence, se comprend parfaitement.
Mais il m’a manqué un petit peu de matière émotionnelle pour entrer de plain-pied dans cette histoire terrible. Là, j’ai eu l’impression de rester en position de spectateur, ou d’observateur… autant dire que par moment, on a presque l’impression de pratiquer une sorte de voyeurisme des malheurs de ces hommes et femmes qui ont eu pour seul tort d’être au mauvais endroit au mauvais moment…
Vous l’aurez compris : je ne peux pas dire du mal de ce témoignage. Mais il m’a manqué quelque chose d’humain pour en dire réellement du bien…
Pour en savoir plus
Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

