Biographies & autobiographies, Historiques, Témoignages

Nous étions résistantes

Chronique de Nous étions résistantes, de Odile Benoist-Lucy, Michèle Agniel et Sophie Carquain.

« Nous nous sommes rapidement retrouvées totalement nues, sous les cris démoniaques des gardiennes. Le camp tout entier résonnait de glapissements : « Schnell, schnell ! Raus, raus ! ». On nous a poussées sous les douches, avec un morceau de savon noir. La plupart d’entre nous, celles, du moins, qui étaient déportées en famille, voyaient leur mère nue pour la toute première fois. »

Odile Benoist-Lucy, Michèle Agniel et Sophie Carquain, Nous étions résistantes, Alisio, 2020, p.97.

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Historiques

Murena – T.3 La meilleure des mères

Chronique de Murena – T.3 La meilleure des mères, de Jean Dufaux et Philippe Delaby.

« – Il est beau… mais si jeune pour gérer l’Empire…

– Mmmm… Il n’est pas le seul à le gérer…

– Que veux-tu dire ?

– Il y a sa mère. Pour beaucoup, c’est elle qui détient les clés du pouvoir. Même si, ces temps derniers, son fils semble vouloir s’affranchir de son influence…

– La mère et le fils se disputant les lauriers suprêmes… Intéressant. »

Jean Dufaux et Philippe Delaby, Murena – T.3 La meilleure des mères, Dargaud, 2001, p. 18.

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Historiques, Policiers

Le cœur et la chair

Chronique de Le cœur et la chair, d’Ambrose Parry.

« Elle ne le connaissait que depuis peu de temps, mais cela lui avait suffi pour le cataloguer comme un digne représentant de ses semblables : égocentrique, enclin à la grandiloquence et persuadé que son instruction le plaçait au-dessus de ceux qui n’avaient pas bénéficié des mêmes chances que lui. Elle repensa à son arrogance, quand il avait repoussé son conseil dans la salle d’attente. Il découvrirait rapidement qu’il valait mieux l’avoir comme amie que comme ennemie, mais elle était prête à être l’une ou l’autre – cela dépendrait de lui. »

Ambrose Parry, Le cœur et la chair, Éditions Points, 2020, p. 94.

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Aventures, Historiques, Thrillers

L’héritage Malone

Chronique de L’héritage Malone, de Steve Berry.

« Kenneth Layne n’avait rien d’un phénix, que ce soit au physique ou au mental. Grand, maigre, il avait hérité des cheveux couleur fauve de leur père et portait une moustache assortie. Il émanait de sa personne une inconsistance qui avait toujours horripilé Diane. Il tenait ce caractère flottant de leur mère, une femme placide et docile aussi dépourvue de convictions que de volonté. Par bonheur, elle-même avait échappé à cette médiocrité génétique. »

Steve Berry, L’héritage Malone, le cherche midi éditeur, 2017, p. 96.
Motivations initiales

Quand vous avez lu presque toute la série de Steve Berry mettant en scène Cotton Malone, la question de savoir si vous souhaitez lire le suivant sur la liste ne se pose même pas… Et Benoît, du cherche midi, l’a tellement bien compris que, dès qu’une sortie est annoncée, il pense à moi… Sois-en infiniment remercié, Benoît !

Synopsis

Cotton Malone est en mission en Arkansas pour le compte de la Smithsonian Institution. L’objectif est de retrouver un trésor, à partir d’indications codées retrouvées dans de vieilles archives. Mais ce trésor pourrait être lié au trésor d’un mystérieux ordre des Chevaliers du cercle d’or.

De son côté, Danny Daniels, redevenu simple citoyen des États-Unis à l’issue de ses deux mandats comme Président, assiste à l’enterrement d’un de ses amis, le sénateur Alex Sherwood, retrouvé mort après une chute accidentelle. Désormais divorcé, il commence à envisager sérieusement d’aller plus loin avec Stéphanie Nelle. Cette dernière est appelée par un ami à elle, conservateur à la Smithsonian, qui ne sait comment réagir alors qu’un de ses employés consulte des archives, fait entrer dans les locaux des visiteurs inconnus…

Mais ils ignorent, tous, que le fin mot de ces histoires est à rechercher dans l’histoire familiale de Cotton Malone…

Avis

Pour moi, il n’y a aucun doute : Steve Berry est l’un des auteurs de thrillers historiques les plus incroyables. Mais d’où sort-il donc tous ces groupes mystérieux, toutes ces confréries bizarres, toutes ces énigmes historiques qui n’ont comme uniques points communs que d’avoir réellement existé, et d’avoir été oubliés ? Et, une fois en possession de cette matière première, il a l’art d’en faire une intrigue haletante, qui nous emporte toujours à des endroits que nous n’aurions même pas imaginé !

Et, à chaque fin de livre, je reste toujours en admiration devant sa description précise – ici, ce sont pas moins de douze pages – dans laquelle il démêle le vrai de l’inventé, l’histoire de la fiction.

Cela étant, il y a forcément certaines des aventures de Cotton Malone qui me parlent plus que d’autres. Et je dois avouer que les éléments de législation et de sciences politiques américaines me parlent moins que les Templiers, Charlemagne, Napoléon, les Romanov… Du coup, ce livre, pour moi, n’est pas le meilleur de la série, mais demeure un bon Steve Berry !

En revanche, il y a un point vraiment surprenant, qui ressort particulièrement dans ce livre. Vu de France, les Sudistes, les Confédérés, ce sont les méchants, esclavagistes… Mais il semble rester une sorte de nostalgie, aux États-Unis, dans certains états du sud – Géorgie, Alabama, Mississipi, entre autres -, de cette Confédération. On perçoit, au travers de certaines pages, un attachement à cette culture. Et même alors que l’on nous décrit une organisation presque mafieuse, avec cet ordre des Chevaliers du cercle d’or, qui a pillé, commis des hold-up – certains considèrent même que Jesse James, le hors-la-loi, pourrait avoir été affilié au groupe -, c’est presque avec une espèce de gourmandise. Et les ambitions constitutionnelles portées par ces Sudistes paraissent plutôt intéressantes ! Bref, cela ouvre des perspectives qui m’échappaient absolument jusque là…

En plus, et c’est un autre intérêt de cet épisode pour celles et ceux qui apprécient Cotton Malone, on découvre pas mal de choses sur lui, sa famille, ses ancêtres. Et cela contribue à l’épaisseur du personnage, ce qui est toujours sympa.

Ce n’est évidemment pas par cet épisode qu’il faut commencer la série, mais pour les amateurs de Steve Berry, c’est naturellement un livre qu’ils liront avec plaisir !

Historiques, Humour

Histoire dessinée de la France – T.4 Les temps barbares

Chronique de Histoire dessinée de la France – T.4 Les temps barbares, de Bruno Dumézil et Hugues Micol.

« – Il n’y a pas de nation ? De patrie commune ?

– Chacun sa « petite patrie » au sein du royaume.

– Bizarre, comme système.

– Justement, ce n’est pas un système, c’est de l’improvisation permanente. Bon, le multiculturalisme n’interdit pas la xénophobie. Mais le royaume des Francs va durer trois siècles, alors que celui de l’Empire de Charlemagne implosera en moins de trois générations. »

Bruno Dumézil et Hugues Micol, Histoire dessinée de la France – T.4 Les temps barbares, 2018, p.93.

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Historiques

Les Égéries de la Révolution

Chronique de Les Égéries de la Révolution, de Jean et Marie-José Tulard.

« Le 27 novembre 1793, une délégation de femmes réclamant du pain est haranguée par Chaumette, alors procureur de la Commune de Paris, en ces termes :

« Rappelez-vous l’impudente Olympe de Gouges qui, la première, institua des sociétés de femmes, qui abandonna les soins de son ménage pour se mêler de la République, et dont la tête a tombé sous le fer vengeur des lois. » »

Jean et Marie-José Tulard, Les Égéries de la Révolution, Éditions Pocket, 2020, p. 206.

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Bandes dessinées, Historiques

Murena – T.2 De sable et de sang

Chronique de Murena – T.2 De sable et de sang, de Jean Dufaux et Philippe Delaby.

« – Il y a dans le ciel de Rome une flamme nouvelle… Tu as vu ?

– Mauvais présage !! »

Jean Dufaux et Philippe Delaby, Murena – T.2 De sable et de sang, Dargaud, 2017, p.16.

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Historiques, Roman

Une année folle

Chronique de Une année folle, de Sylvie Yvert.

« Qui a tort ? Qui a raison ? Où est la fidélité ? Auprès du roi qui prétend n’avoir jamais cessé de l’être depuis la mort de Louis XVII ou auprès de l’Empereur qui a abdiqué ? Chaque camp s’arroge l’incarnation du peuple, le monopole du patriotisme, de la liberté, et surtout de la discutable légitimité. Un partisan de Napoléon rappelle que les Français ont, depuis la Révolution, soutenu successivement la royauté, la Convention, la République, le Directoire, le Consulat, l’Empire, la Restauration : seule la volonté nationale compte ! Comment trancher ? »

Sylvie Yvert, Une année folle, Éditions Heloïse d’Ormesson, 2020, p. 125-126.

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Historiques, Roman

La splendeur

Chronique de La splendeur, de Régine Detambel.

« L’homme de génie semble toujours plus compliqué que les autres parce qu’il a quelque chose à dire à propos de tout, il trouve des encyclopédies à composer dans chaque pierre du chemin et dans chaque pavé de la rue qu’il arpente. Ce qui explique les digressions, les allusions insolites, les parenthèses galopantes et les préfaces gigantesques qu’affectionne Girolamo. S’il est obscur, c’est qu’il veut dire des vérités pour lesquelles la langue humaine, même sous sa plume hautement inspirée, n’est guère équipée. »

Régine Detambel, La splendeur, Babel – Actes Sud, 2018, p. 116.

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Aventures, Historiques

Grand café Martinique

Chronique de Grand café Martinique, de Raphaël Confiant.

« Il s’était d’abord bu à l’abyssinienne, puis à la yéménite, ensuite à l’égyptienne, après à l’ottomane, à la javanaise, puis à la vénitienne, ensuite à la marseillaise, puis à la parisienne avant d’enjamber la mer des Ténèbres et de se boire à la martiniquaise. Cette dernière se répandit en Guadeloupe, à Saint-Domingue, à Cuba, au Brésil et dans le sud des États-Unis avant de gagner l’Asie pour se faire une place à côté de ce nectar impérial qu’est le thé.

Ô café, toi qui as accompli le tour du monde ! Onze siècles te furent nécessaires. »

Raphaël Confiant, Grand café Martinique, Mercure de France, 2020, p. 267.

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