Aventures, Bandes dessinées, Policiers

New York Cannibals

Chronique de New York Cannibals, de Jerome Charyn (récit) et François Boucq (adaptation).

« – Pas besoin de vous faire un dessin, sergent, vous avez compris qu’on m’a mis dans l’obligation de relâcher Quinto et sa ribambelle de nymphettes.

– Après des mois à enquêter sur cet enfoiré, voilà comment on se le fait souffler. Il vous a donné les raisons, au moins ??

– Non, mais sans le savoir, on aurait marché sur les plates-bandes d’une opération en cours… Laquelle ? Il ne m’en a pas dit plus. Alors notre histoire de trafic de came, on peut joyeusement s’asseoir dessus ! »

Jerome Charyn et François Boucq, New York Cannibals, Les Éditions du Lombard, 2020, p. 49.

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Ô grimoire en goguette

Ô Grimoire en goguette, acte 9

« J’écris beaucoup quand je n’écris pas. Je suis souvent absent, souvent ailleurs. »

Franck Bouysse

L’heure de la reprise des rencontres littéraires a enfin sonné ! Quelle joie de retrouver les copines et les maisons d’édition et surtout les auteurs qui nous racontent leur rapport à l’écriture et nous donnent quelques informations croustillantes sur eux ! Avec masque et gel hydroalcoolique, j’ai eu le privilège de rencontrer Franck Bouysse grâce au Livre de Poche.

Franck Bouysse vit en Corrèze et il ne supporte pas vraiment le tumulte de la vie parisienne, pour lui la terre est importante, la nature occupe une place centrale dans sa vie… Ce n’est sûrement pas pour rien qu’il a été prof d’horticulture pendant une trentaine d’années !

Il commence à écrire vers 14-15 ans, inspiré par ses lectures – Jules Verne, mais aussi l’Iliade et l’Odyssée. Pourtant, chez ses parents, la littérature n’est pas vraiment importante, il n’y a pas de livres dans la maison familiale. Heureusement, l’adolescent qu’il est peut compter sur sa grand-mère pour lui offrir des livres qu’il dévore en cachette !

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, Franck Bouysse n’a pas fait d’études littéraires mais des études de biologie ! Mais déjà, il sentait que la littérature serait une chose très importante dans sa vie. Il écrivait pour échapper au temps en lisant et en écrivant… Il écrivait également pour transmettre à ses enfants ce qu’il avait aimé en revisitant les genres.

Prêts à rentrer dans l’univers romanesque de cet auteur tardif ?

Avec Grossir le ciel, Franck Bouysse a décidé de lâcher les chevaux. Il savait en l’écrivant qu’il se passait quelque chose de différent… Mais pendant plus de deux ans, il a laissé dormir le manuscrit au fond d’un tiroir, jusqu’à ce que l’un de ses amis, l’un de ses premiers relecteurs, lui demande s’il n’avait pas un de ses textes à lui faire lire… Lequel s’est empressé de lui dire que son texte était extraordinaire et qu’il fallait absolument le faire publier ! Trois enveloppes sont alors parties à destination de trois éditeurs parisiens !

Mais, dans la famille Bouysse, il en faut davantage pour s’enflammer, même après une réponse positive ! La preuve : un jour, une chronique sur RTL est consacrée à Grossir le ciel, et Franck Bouysse l’écoute avec sa mère. La première réaction de celle-ci, cela n’a pas été de lui dire qu’elle était fière de lui, mais le verdict, lapidaire, est tombé : « Eh bien, tu n’as pas intérêt à te louper pour le prochain ! ». Bon, depuis qu’il passe à la télé, elle commence quand même à penser que c’est du sérieux !!!

Le tournant dans sa vie est arrivé avec le succès rencontré par son – remarquable – Né d’aucune femme ! Ce livre l’a bousculé, le personnage de Rose l’a habité… Et il a compris que sa vie prenait un tournant, il a décidé de quitter l’éducation nationale et de se consacrer pleinement à l’écriture.

Mais quelles sont donc ses petites manies d’écrivain ? Je ne crois pas m’avancer en disant que toute la salle a été scotchée par la discipline qu’il s’impose… Il a un rythme ultra-réglé ! Il se lève chaque jour entre 4h30 et 5h du matin, il lit et ensuite il écrit à partir de 7h30-8h. Ses livres jaillissent d’une émotion ou d’un souvenir d’enfance. Il écrit six versions différentes de son livre et à chaque fois il recommence à zéro… Il commence par écrire à la main sur des cahiers – il a besoin de ce rapport physique, ensuite il retranscrit le livre sur ordinateur, il l’imprime et met les pages dans un classeur avec une feuille blanche à droite pour réécrire l’histoire… Il s’enregistre souvent en train de déclamer les dialogues, l’oreille c’est important pour lui, si ça ne marche pas à l’oreille alors c’est un livre sans intérêt ! Quand il finit un livre, il est autant dans le doute que lorsqu’il le commence !

Buveurs de vent, son nouveau roman paru chez Albin Michel est dans ma PAL, autant vous dire que j’ai hâte de le lire ! Bref, c’était une rencontre captivante avec un écrivain accompli et brillant que vous devez absolument lire… Merci encore au Livre de Poche pour ce très bon moment !

Aventures, Heroic fantasy, Médiéval fantasy

Le chant des cavalières

Chronique de Le chant des cavalières, de Jeanne Mariem Correze.

« Il ne sert à rien de s’inquiéter des choses sur lesquelles tu n’as aucune emprise, bel arbrisseau. Rage et tempête tout ton saoul contre la course du soleil dans le ciel, personne n’arrête l’astre du jour. La roue des saisons tourne, immuable, sans daigner ralentir pour les mortelles que nous sommes. Nous nous angoisserons pour le voyage du retour le temps venu, en attendant, Zinia possède bien des secrets et des trésors qui valent la peine d’être vus, au moins une fois. »

Jeanne Mariem Correze, Le chant des cavalières, Les moutons électriques, 2020, p. 193.

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Non classé

Forêt

Certains s’en rappelleront peut-être, en 2009, Brice Hortefeux avait fait polémique avec une phrase prononcée à l’occasion des Universités d’été de l’UMP, « Quand il y en a un, ça va. C’est quand il y en a beaucoup qu’il y a des problèmes ». La question s’était posée alors de savoir si le ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy parlait des arabes ou, comme l’avait affirmé l’homme politique, des auvergnats. Pourtant, eut-il parlé des arbres et des forêts, nul n’aurait pu s’offusquer, et il n’aurait pas eu besoin d’aller jusqu’en Cassation pour être blanchi…

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Aventures, Médiéval fantasy

L’ensorceleur des choses menues

Chronique de L’ensorceleur des choses menues, de Régis Goddyn.

« Ils apercevaient au loin la plage où ils avaient été débarqués la veille, minuscule et dérisoire. Au dessus, une balafre claire striait la roche grise.

– Je ne vois effectivement pas d’issue. Comment aurions-nous pu quitter les lieux ?

– Il n’y en avait pas, Barnabéüs. On nous a laissés là pour que nous y mourions.

– Comment cela ?

– Et on a fait ébouler la falaise pour sceller notre tombeau ; les mages ne voulaient pas que nous survivions. À compter de ce jour, il ne faut plus se fier à personne. »

Régis Goddyn, L’ensorceleur des choses menues, Librairie L’Atalante, 2019, p. 62.

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Roman noir, Témoignages

Chienne

Chronique de Chienne, de Marie-Pier Lafontaine.

« Le père adore jouer. Les jeux l’excitent. Les stratagèmes élaborés lui plaisent au plus haut point. Il en a mal aux testicules. Repousser les limites de l’interdit lui demande beaucoup d’ingéniosité. Comment agresser ses enfants sans les pénétrer. »

Marie-Pier Lafontaine, Chienne, Le Nouvel Attila, 2020, p. 13.

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Aventures, Heroic fantasy

Game of Thrones, les Origines de la saga

Chronique de Game of Thrones, les Origines de la saga, de George R. R. Martin.

« On dit qu’il y eut ici d’autres races – peuples oubliés, détruits, dévorés ou délogés par les Hommes Bringés. Les légendes d’hommes-lézards, de cités perdues et de troglodytes sans yeux sont communes. Mais il n’existe aucune preuve de tout cela. »

George R. R. Martin, Game of Thrones, les Origines de la saga, Huginn & Muninn, 2015, p. 28.

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Biographies & autobiographies, Historiques, Témoignages

Nous étions résistantes

Chronique de Nous étions résistantes, de Odile Benoist-Lucy, Michèle Agniel et Sophie Carquain.

« Nous nous sommes rapidement retrouvées totalement nues, sous les cris démoniaques des gardiennes. Le camp tout entier résonnait de glapissements : « Schnell, schnell ! Raus, raus ! ». On nous a poussées sous les douches, avec un morceau de savon noir. La plupart d’entre nous, celles, du moins, qui étaient déportées en famille, voyaient leur mère nue pour la toute première fois. »

Odile Benoist-Lucy, Michèle Agniel et Sophie Carquain, Nous étions résistantes, Alisio, 2020, p.97.

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Aventures, Jeunesses

Mortel un jour, mortel toujours

Chronique de Mortel un jour, mortel toujours, de Mr Tan et Diane Le Feyer.

« Il dirige le Détecteur vers Maman et lui. L’appareil se met à clignoter encore plus fort, et l’aiguille cogne contre le rebord : le score maximum ! Je n’en reviens pas ! Je bondis de mon lit pour me mettre debout !

Papa me montre le résultat sur le cadran du détecteur :

– Tu aurais dû le tester sur nous !

Mes parents ? MORTELS ? Alors là, je ne l’aurais jamais cru. »

Mr Tan, Diane Le Feyer, Mortel un jour, mortel toujours, Bayard jeunesse, 2020, p. 80-81.

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Psychologique, Roman, Romance

Radical

Chronique de Radical, de Tom Connan. 

« Personne va venir t’assassiner, hein, et puis il faut avoir un peu d’honneur, merde, je ne sais pas, tu détestes quand même pas ton pays au point de fermer ta gueule, alors qu’il devient un trou remplis de vomi ! On t’a déjà mis la tête dans les chiottes ? Non ? Moi oui, des chiottes publics, dans lesquels des gens avaient chié juste avant, et qui à ton avis ? Hein ? Qui ? Regarde-moi au lieu de faire le fier ! Pas Madame Michu ! Non non non ! Pas Monsieur Dupont, libraire à la retraite à Menton, ni Mademoiselle Laporte, étudiante en bio à Nantes ! Des bougnoules ! Voilà ! C’était des putains de crouilles qui m’ont fait ça ! »

Tom Connan, Radical, Éditions Albin Michel, 2020, p. 233.
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