Policiers, Roman noir

Malamorte

Chronique de Malamorte, d’Antoine Albertini.

« Sous les bourrasques, le maquis ondulait comme le flanc d’un gigantesque animal en train de s’ébrouer. Malgré la température glaciale et le vent qui s’était levé, ma chemise collait à mon dos. J’essayais de contourner la dalle rocheuse en suivant un passage sur le côté droit, à l’endroit où une maigre végétation recouvrait le sol, mais je glissai, ma tête heurta le sol et les nuages virèrent au pourpre puis au noir, mon estomac se contracta et je crachai un filet de bile chargé d’alcool. »

Antoine Albertini, Malamorte, Le Livre de Poche, 2020, p. 64.

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Policiers, Psychologique, Roman, Roman noir

Annabelle

Chronique d’Annabelle, de Lina Bengtsdotter.

« Elle allait prendre contact avec les services sociaux, pensa-t-elle en reprenant le chemin du motel. Elle allait prendre contact avec les services sociaux pour Sara. Mais ça ne changerait sans doute pas grand-chose. S’ils travaillaient encore comme à l’époque où elle-même aurait eu besoin d’eux, ça ne ferait pas vraiment de différence. Tout est quand même resté à peu près pareil, songea Charlie. Le temps a passé, mais rien n’a changé, au fond. »

Lina Bengtsdotter, Annabelle, Le Livre de Poche, 2020, p. 123.

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Policiers, Psychologique, Roman noir, Thrillers

Dix petites poupées

Chronique de Dix petites poupées, de B. A. Paris.

« Maintenant il est trop tard. Finn peut passer des heures, des jours, des mois à me chercher, il ne me trouvera jamais. À moins que je lui laisse une sorte d’indice, que j’arrive à le mettre sur la piste. J’ai une poupée russe dans la poche et, alors qu’Ellen prend le dessus sur moi, je parviens à la laisser à un endroit où Finn la trouvera. Elle devrait, enfin, le mener à la vérité sur les poupées russes. Et s’il découvre la vérité derrière les matriochkas, il découvrira ma vérité à moi. »

B. A. Paris, Dix petites poupées, Le Livre de Poche, 2020, p. 274.

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Policiers, Thrillers

Avalanche Hôtel

Chronique d’Avalanche Hôtel, de Niko Tackian.

« La route serpentait dans une épaisse forêt de sapins dont les cimes effilées tranchaient le ciel comme des poignards. Il y avait tout juste la place de croiser un autre véhicule tant les bas-côtés étaient enneigés et cela rendait la conduite difficile, même par temps clair. Il avait dépassé Montreux pour grimper dans la montagne par la route des Narcisses avant de s’engager dans un chemin de terre. Le lieu-dit Nancroix n’apparaissait sur aucune carte. C’était sans doute un antique hameau d’alpage regroupant quelques fermes désormais abandonnées. »

Niko Tackian, Avalanche Hôtel, Le Livre de Poche, 2020, p. 121.

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Drame, Roman

Mon père

Chronique de Mon père, de Grégoire Delacourt.

« À la fin de sa vie, l’abbé Pierre confessait que la plénitude de Dieu n’avait pas toujours comblé sa solitude terrestre, que parfois la chaleur, les bras et la volupté de l’autre lui avaient manqué. Cela en a-t-il pour autant fait un prédateur ? Cela a-t-il fait triompher l’ennemi en lui-même ? Autoriser le mariage des prêtres permettrait à bon nombre d’entre eux de profiter de l’indispensable adoration de l’autre, sans le sordide de la dissimulation, mais priverait alors l’Église du grisbi des successions – les prêtres mariés ayant alors leurs propres héritiers. »

Grégoire Delacourt, Mon père, Le Livre de Poche, 2020, p. 118.

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Policiers, Roman noir

Présumée disparue

Chronique de Présumée disparue, de Susie Steiner.

« Deux ans à fouiller dans les poubelles de l’Internet, depuis les incontinents sexuels jusqu’aux intellectuellement dégénérés. Avant cela, elle a passé cinq années misérables à essayer vainement de faire une rencontre « naturelle », si naturel veut dire se pointer à chaque foutu événement social avec des tartines de maquillage et une tête de désespérée, passer des soirées décevantes au pub, pour finir par rentrer clopin-clopant sur des talons inconfortables. »

Susie Steiner, Présumée disparue, Le Livre de Poche, 2020, p. 174.

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Psychologique, Thrillers

Dans son silence

Chronique de Dans son silence, d’Alex Michaelides.

« – Ah, je vois. Nous en avons parlé autrefois. N’est-ce pas ?

– De feux d’artifice ?

– D’amour. Du fait que l’on confond souvent amour et feu d’artifice, passion et dysfonctionnement. Mais le véritable amour est très calme, très tranquille. Il est ennuyeux, comparé au tumulte de la passion. L’amour est profond, calme, et constant. J’imagine que tu donnes de l’amour à Kathy, au vrai sens du terme. Qu’elle soit capable ou non de te le rendre est une autre question. »

Alex Michaelides, Dans son silence, Le Livre de Poche, 2020, p. 139.

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Nouvelle, Policiers

Le bal de la victoire

Chronique de Le bal de la victoire, d’Agatha Christie.

« – Oui, mon bon ami, il n’y a rien de plus stupéfiant que l’extraordinaire santé mentale des fous ! Sinon, peut-être, l’extraordinaire excentricité des gens sains d’esprit ! J’imagine que ce n’est que récemment qu’il a complètement basculé dans la folie, il y avait de la méthode dans sa démence depuis le début. »

Agatha Christie, Le bal de la victoire, Le Livre de Poche, 2019, p. 154.

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Policiers

Meurtre au champagne

Chronique de Meurtre au champagne, d’Agatha Christie.

« Il fallait qu’il trouve une solution, un moyen de faire taire Rosemary.

« Quel dommage, s’était-il dit non sans aigreur, que nous ne soyons plus au temps des Borgia… »

Une coupe de champagne empoisonné était probablement l’unique moyen de réduire Rosemary au silence. »

Agatha Christie, Meurtre au champagne, Le Livre de Poche, 1997, p. 74.

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Classique, Roman

Au bonheur des Dames

Chronique de Au bonheur des Dames, d’Émile Zola.

« – La maison, pas de danger !… Ils parlaient de l’acheter l’année dernière, ils en donnaient quatre-vingt mille francs, le double de ce qu’elle vaut aujourd’hui. Mais le propriétaire, un ancien fruitier, un gredin comme eux, a voulu les faire chanter. Et d’ailleurs, il se méfie de moi, ils savent bien que je céderais encore moins… Non ! non ! j’y suis, j’y reste ! L’empereur, avec tous ses canons ne m’en délogerait pas. »

Émile Zola, Au Bonheur des Dames, Le Livre de Poche, 1883, page 212. 

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