Drame, Roman noir

La soustraction des possibles

Chronique de La soustraction des possibles, de Joseph Incardona.

« Mimi fait traîner son repas, dessert, café, pousse-café. L’heure est propice aux confidences. Elle s’en veut un peu, d’ailleurs, de trahir la spontanéité d’Hélène au nom d’un principe supérieur, celui du clan et de la famille.Elle se rassure en songeant qu’Hélène n’en saura rien et que, de toute façon, elle aura cru rendre service. Ce qui est le cas finalement. Un immense service. »

Joseph Incardona, La soustraction des possibles, Éditions Finitude, 2020, p. 128.

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Drame, Historiques, Roman noir, Témoignages

HS 7244

Chronique de HS 7244, de Lorraine Letournel Laloue.

« – Vous pervertissez nos enfants, salissez l’humanité. Je vais reprendre les paroles de notre cher député pour t’expliquer les choses… « Quand une infection sévit, la grippe par exemple, elle s’empare d’un continent entier, et les pays qui ne veulent pas être contaminés par cette infection font des campagnes de vaccination… » Joli, non ? C’est pourquoi notre puissant pays a mis en place ces traques massives. Pour trouver un vaccin qui protégerait notre population de votre mal. Ton président, celui de ta chère République, a ouvert les portes de l’enfer en légalisant vos pratiques démoniaques. »

Lorraine Letournel Laloue, HS 7244, Éditions Belfond, 2019, p. 262.

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Drame, Epistolaire, Historiques, Roman

Monsieur le Commandant

Chronique de Monsieur le Commandant, de Romain Slocombe.

« Tous, nous n’hésitions pas à le clamer haut et fort, dans les journaux et hebdomadaires, où nous exprimions notre juste indignation, ce que l’immense majorité des Français pensait tout bas : les Juifs volaient les emplois de nos concitoyens, envahissaient illégalement le pays, lançaient une « révolution juive » avec la complicité de Léon Blum. Bientôt ils comploteraient pour entrainer la France – qui n’était pas prête militairement – dans leur guerre de revanche, et nous précipiteraient tous au fond de l’abîme ! »

Romain Slocombe, Monsieur le Commandant, Éditions Pocket, 2017, p. 39.

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Drame, Roman

Mon père

Chronique de Mon père, de Grégoire Delacourt.

« À la fin de sa vie, l’abbé Pierre confessait que la plénitude de Dieu n’avait pas toujours comblé sa solitude terrestre, que parfois la chaleur, les bras et la volupté de l’autre lui avaient manqué. Cela en a-t-il pour autant fait un prédateur ? Cela a-t-il fait triompher l’ennemi en lui-même ? Autoriser le mariage des prêtres permettrait à bon nombre d’entre eux de profiter de l’indispensable adoration de l’autre, sans le sordide de la dissimulation, mais priverait alors l’Église du grisbi des successions – les prêtres mariés ayant alors leurs propres héritiers. »

Grégoire Delacourt, Mon père, Le Livre de Poche, 2020, p. 118.

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Biographies & autobiographies, Drame, Témoignages

Le consentement

Chronique de Le consentement, de Vanessa Springora.

« À quatorze ans, on n’est pas censée être attendue par un homme de cinquante ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposée vivre à l’hôtel avec lui, sa verge dans la bouche à l’heure du goûter. De tout cela j’ai conscience, malgré mes quatorze ans, je ne suis pas complètement dénuée de sens commun. De cette anormalité, j’ai fait en quelque sorte ma nouvelle identité. »

Vanessa Springora, Le consentement, Éditions Grasset, 2020, p. 112-113.

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Drame, Psychologique, Roman noir

Et toujours les Forêts

Chronique de Et toujours les Forêts, de Sandrine Collette.

« Dévasté.

Y avait-il un autre mot ?

Corentin s’était assis à côté d’Albane, à côté des autres. Comme eux, il contemplait.

Mais contempler quoi ?

Tout ce qui était vif était devenu cendres.

Tout ce qui existait était détruit.

Tout n’était que silhouette noires et atrophiées et brûlées – les immeubles, les arbres, les voitures.

Les hommes. »

Sandrine Collette, Et toujours les Forêts, Éditions JC Lattès, 2020, p. 70.

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Biographies & autobiographies, Drame

Rien n’est noir

Chronique de Rien n’est noir, de Claire Berest.

« Après Frida s’habille. M’apprêter de parures pour m’offrir au premier qui voudra de moi, comme l’écrit Whitman. C’est long, sophistiqué et réconfortant. Choisir une tenue dans la multitude de jupons, châles, corsages : préparer sa palette. Hésiter, combiner, défroisser, trouver l’accord. »

Claire Berest, Rien n’est noir, Éditions Stock, 2019, p. 74.

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Bandes dessinées, Drame

Couleurs de l’incendie

Chronique de Couleurs de l’incendie, de Christian de Metter.

« – Je vous ai conseillé au mieux, mais vous n’avez pas voulu m’écouter.

– Avec Charles, mon propre oncle… Vous me retrouverez sur votre route, Gustave. Je vais utiliser les obligations de Paul dont j’assure la gestion pour réorganiser notre vie et…

– Quelles obligations ?

– Celles dont Paul a hérité de son grand-père.

– Mais… Vous les avez vendues, souvenez-vous, je vous ai conseillé de restructurer en abandonnant les titres pauvres, vous m’avez dit comprendre ce que vous signiez. »

Christian de Metter, Couleurs de l’incendie, Rue de Sèvres, 2020, p. 61.

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Classique, Drame, Roman

Sur les falaises de marbre

Chronique de Sur les falaises de marbre, d’Ernst Jünger.

« J’entendis plus tard frère Othon dire de nos jours passés chez les Maurétaniens, qu’une erreur ne devient une faute que si l’on persiste en elle. Ce propos me semblait encore plus vrai, quand je songeais à la situation où nous nous trouvions alors, à l’époque où cet ordre nous attirait. Il est des temps de décadence, où s’efface la forme profonde en laquelle notre vie profonde doit s’accomplir. »

Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre, Éditions Gallimard, 1942, p. 35.

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Drame, Psychologique, Thrillers

Notre part de cruauté

Chronique de Notre part de cruauté, d’Araminta Hall.

« Sa robe était ourlée de très vieille dentelle, drapée sur un tissu ajusté et scintillant qui flottait autour de son corps comme de l’eau. Il luisait à chacun de ses gestes, tour à tour soulignant puis dissimulant ses formes parfaites. L’échancrure dans le dos révélait sa colonne vertébrale et le jeu de ses muscles, sa peau d’un brun pâle me rappelant tous les moments où je l’avais tenue dans mes bras. »

Araminta Hall, Notre part de cruauté, Librairie générale française – Préludes, 2019, p. 141.

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