Aventures, Drame

D’innombrables soleils

Chronique de D’innombrables soleils, d’Emmanuelle Pirotte.

« Marlowe respire profondément. Pourquoi est-il encore allé lui répondre ça, au lieu de se taire ? Il en a assez de ces mesquineries, de ce combat dans lequel elle l’entraîne malgré lui ; il s’aperçoit qu’elle l’ennuie. Cette manière si féminine d’éprouver sans cesse les limites de l’amour, de la patience, de votre capacité à endurer, tout simplement. C’est éreintant et cela doit bien finir par tuer quelque chose, à la fin. Mais ils n’en sont qu’au commencement. Au tout début des caprices de cette… folie furieuse qui s’est emparée d’eux. »

Emmanuelle Pirotte, D’innombrables soleils, le cherche midi, 2019, p. 89.

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Drame, Roman

Opus 77

Chronique de Opus 77, d’Alexis Ragougneau.

« Le violon, vaincu, épuisé, est laissé seul à macérer. D’abotd il bouge à peine. Il ne peut que reprendre timidement le thème intimé par les basses. Cette fois c’est bien fini pour lui, c’est du moins ce qu’il laisse à penser. Or la vie revient progressivement, sans que l’on sache quel fol espoir la lui a insufflée. Le violon solo finit par se relever, dégoulinant, hagard, et fixe l’orchestre faisant office de bourreau bien en face. Et pendant les cinq interminables minutes que dure la Cadence, il va se ruer à l’assaut, percutant la glace froide et transparente du silence, la couvrant de son sang, choc après choc, tentative après tentative, jusqu’à sombrer dans la folie de celui qui n’a pas d’autre porte de sortie. »

Alexis Ragougneau, Opus 77, Éditions Viviane Hamy, 2019, p. 103-104.

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Bandes dessinées, Historiques

Voltaire très amoureux

Chronique de Voltaire très amoureux, de Clément Oubrerie.

« – Vous êtes une sainte.

– Hmmm…, sur vos lèvres, cher Voltaire, est-ce vraiment un compliment ? Vos lèvres… qui ont formulé tant de brillantes saillies… Tant de vers bouleversants… Vos lèvres… »

Clément Oubrerie, Voltaire très amoureux, 2019, Les Arènes, p. 66.

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Drame, Roman

Le gang des rêves

Chronique de Le gang des rêves, de Luca Di Fulvio.

« Pardonne moi de ne pas avoir su croire en nous. Mais nous avons existé. Et en moi, nous existerons toujours. Maintenant, je quitte notre banc. Christmas. Christmas. Christmas. Christmas. J’aime le dire et le redire. Je t’aime. À toi, et pourtant jamais à toi, Ruth. »

Luca Di Fulvio, Le gang des rêves, Pocket, 2017, p.637.

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Théâtre

Les poissons rouges

Chronique de Les poissons rouges, de Jean Anouilh.

« Il doit me trouver hargneuse, méchante. Quand je le vois, c’est plus fort que moi : j’ai envie d’aboyer. Son odeur… C’est curieux, je n’y prêtais pas attention autrefois. Ni au bruit qu’il fait en mangeant… (Elle ajoute, lointaine.) Ce n’est pas que je n’aime pas l’odeur de la transpiration chez certains êtres… Ce jeune homme, l’autre jour, chez les Montmachou, qui venait de jouer au tennis… »

Jean Anouilh, Les poissons rouges, Folio, 2008, p. 38.

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Aventures, Drame, Roman

Golden Hill

Chronique de Golden Hill, de Francis Spufford.

« Le feu à présent, passé le stade du déchaînement sauvage, s’allait réduisant à une forme plus mélancolique de colline tout orange écarlate, à l’orageux éclat. Il composait maintenant un fort estimable portrait d’un paysage de l’enfer, d’autant plus que par moments, à travers son éblouissement de four infernal, apparaissaient les contours noirs, dansants, hésitants, chancelants, des serviteurs du feu. »

Francis Spufford, Golden Hill, Slatkine & Cie, 2019, p. 83.

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Drame, Roman

Quatre lettres d’amour

« … il l’expliqua plus tard aux lévriers quand il fut allongé près d’eux sur la couverture de leur cabane et qu’il prit conscience, non sans surprise, du mystère révoltant de son propre cœur : d’une certaine façon, dès qu’Isabel s’était éprise de lui, il s’était dépris d’elle. »

Niall Williams, Quatre lettres d’amour, Éditions Points, 2019, p. 196.

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Aventures, Roman

La chanson d’Arbonne

« Et, un soir venteux, alors que le tonnerre grondait au loin dans les collines au nord de Mignano, il y avait eu la chevelure couleur de nuit de Lucianna Delonghi au bout de la table du banquet, le scintillement de ses bijoux et l’éclat de son esprit, ses propos semés de pièges et de doubles sens, son rire moqueur puis, de façon stupéfiante, ce qu’elle devenait ensuite, ailleurs, sous le baldaquin rehaussé de peintures de son lit, vêtue seulement de ses bijoux étincelants… ce qui se produisait lorsque le rire cessait d’être moqueur, mais rire demeurait. »

Guy Gavriel Kay, La chanson d’Arbonne, Librairie l’Atalante, 2019, p. 212.

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Aventures, Romance, Science-fiction

La nuit des temps

« Je suis entré et je t’ai vue. Et j’ai été saisi aussitôt par l’envie furieuse, mortelle, de chasser, de détruire tous ceux qui, là, derrière moi […] attendaient de savoir et de voir. Et qui allaient TE voir, comme je te voyais. Et pourtant je voulais aussi qu’ils te voient. Je voulais que le monde entier sût combien tu étais, merveilleusement, incroyablement belle. Te montrer à l’univers, le temps d’un éclair, puis m’enfermer avec toi, seul, et te regarder pendant l’éternité. »

René Barjavel, La nuit des temps, Éditions Pocket, 1999, p. 87.

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Roman

La femme qui ne vieillissait pas

« Mais d’abord et avec un indicible plaisir, je vais jeter tout ce qui encombre le rebord du lavabo ; les crèmes anti-âge, antirides, liftantes, reliftantes, repulpantes, gainantes, les sérums contour des yeux, contour des lèvres, je vais tout jeter, sauf mes crèmes hydratantes et solaire, la base, dit Odette, la base, sans quoi tu es morte. »

Grégoire Delacourt, La femme qui ne vieillissait pas, Le Livre de Poche, 2019, p. 107.

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