Biographies & autobiographies, Historiques

Madame S

Chronique de Madame S, de Sylvie Lausberg.

« La guillotine, Meg refuse d’y pense. Inimaginable, impossible ! Depuis des mois, les mêmes privations, les maladies ou les petites joies dérisoires, et puis l’espoir qui s’intensifie un jour pour se rétrécir en peau de chagrin le lendemain. Les jours passent, et les visites sont trop rares. »

Sylvie Lausberg, Madame S, Slatkine & Cie, 2019, p. 225.

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Biographies & autobiographies, Drame

Rien n’est noir

Chronique de Rien n’est noir, de Claire Berest.

« Après Frida s’habille. M’apprêter de parures pour m’offrir au premier qui voudra de moi, comme l’écrit Whitman. C’est long, sophistiqué et réconfortant. Choisir une tenue dans la multitude de jupons, châles, corsages : préparer sa palette. Hésiter, combiner, défroisser, trouver l’accord. »

Claire Berest, Rien n’est noir, Éditions Stock, 2019, p. 74.

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Drame, Psychologique, Thrillers

Notre part de cruauté

Chronique de Notre part de cruauté, d’Araminta Hall.

« Sa robe était ourlée de très vieille dentelle, drapée sur un tissu ajusté et scintillant qui flottait autour de son corps comme de l’eau. Il luisait à chacun de ses gestes, tour à tour soulignant puis dissimulant ses formes parfaites. L’échancrure dans le dos révélait sa colonne vertébrale et le jeu de ses muscles, sa peau d’un brun pâle me rappelant tous les moments où je l’avais tenue dans mes bras. »

Araminta Hall, Notre part de cruauté, Librairie générale française – Préludes, 2019, p. 141.

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Roman

Dévorer le ciel

Chronique de Dévorer le ciel, de Paolo Giordano.

« Je dis :

– Tu ne t’en rends peut-être pas compte maintenant. Mais dans cinq, dix ou vingt ans, peu importe, tu finiras par ressentir l’absence de ce que je t’ai enlevé et tu me détesteras. Parce que je t’aurai gâché la vie.

– Tu délires, Teresa. C’est la déception qui parle à ta place. Rentre à la maison et repose-toi. Nous ferons un autre voyage, une autre tentative. »

Paolo Giordano, Dévorer le ciel, Éditions du Seuil, 2019, p. 259.

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Aventures, Drame

D’innombrables soleils

Chronique de D’innombrables soleils, d’Emmanuelle Pirotte.

« Marlowe respire profondément. Pourquoi est-il encore allé lui répondre ça, au lieu de se taire ? Il en a assez de ces mesquineries, de ce combat dans lequel elle l’entraîne malgré lui ; il s’aperçoit qu’elle l’ennuie. Cette manière si féminine d’éprouver sans cesse les limites de l’amour, de la patience, de votre capacité à endurer, tout simplement. C’est éreintant et cela doit bien finir par tuer quelque chose, à la fin. Mais ils n’en sont qu’au commencement. Au tout début des caprices de cette… folie furieuse qui s’est emparée d’eux. »

Emmanuelle Pirotte, D’innombrables soleils, le cherche midi, 2019, p. 89.

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Drame, Roman

Opus 77

Chronique de Opus 77, d’Alexis Ragougneau.

« Le violon, vaincu, épuisé, est laissé seul à macérer. D’abotd il bouge à peine. Il ne peut que reprendre timidement le thème intimé par les basses. Cette fois c’est bien fini pour lui, c’est du moins ce qu’il laisse à penser. Or la vie revient progressivement, sans que l’on sache quel fol espoir la lui a insufflée. Le violon solo finit par se relever, dégoulinant, hagard, et fixe l’orchestre faisant office de bourreau bien en face. Et pendant les cinq interminables minutes que dure la Cadence, il va se ruer à l’assaut, percutant la glace froide et transparente du silence, la couvrant de son sang, choc après choc, tentative après tentative, jusqu’à sombrer dans la folie de celui qui n’a pas d’autre porte de sortie. »

Alexis Ragougneau, Opus 77, Éditions Viviane Hamy, 2019, p. 103-104.

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Bandes dessinées, Historiques

Voltaire très amoureux

Chronique de Voltaire très amoureux, de Clément Oubrerie.

« – Vous êtes une sainte.

– Hmmm…, sur vos lèvres, cher Voltaire, est-ce vraiment un compliment ? Vos lèvres… qui ont formulé tant de brillantes saillies… Tant de vers bouleversants… Vos lèvres… »

Clément Oubrerie, Voltaire très amoureux, 2019, Les Arènes, p. 66.

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Drame, Roman

Le gang des rêves

Chronique de Le gang des rêves, de Luca Di Fulvio.

« Pardonne moi de ne pas avoir su croire en nous. Mais nous avons existé. Et en moi, nous existerons toujours. Maintenant, je quitte notre banc. Christmas. Christmas. Christmas. Christmas. J’aime le dire et le redire. Je t’aime. À toi, et pourtant jamais à toi, Ruth. »

Luca Di Fulvio, Le gang des rêves, Pocket, 2017, p.637.

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Théâtre

Les poissons rouges

Chronique de Les poissons rouges, de Jean Anouilh.

« Il doit me trouver hargneuse, méchante. Quand je le vois, c’est plus fort que moi : j’ai envie d’aboyer. Son odeur… C’est curieux, je n’y prêtais pas attention autrefois. Ni au bruit qu’il fait en mangeant… (Elle ajoute, lointaine.) Ce n’est pas que je n’aime pas l’odeur de la transpiration chez certains êtres… Ce jeune homme, l’autre jour, chez les Montmachou, qui venait de jouer au tennis… »

Jean Anouilh, Les poissons rouges, Folio, 2008, p. 38.

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Aventures, Drame, Roman

Golden Hill

Chronique de Golden Hill, de Francis Spufford.

« Le feu à présent, passé le stade du déchaînement sauvage, s’allait réduisant à une forme plus mélancolique de colline tout orange écarlate, à l’orageux éclat. Il composait maintenant un fort estimable portrait d’un paysage de l’enfer, d’autant plus que par moments, à travers son éblouissement de four infernal, apparaissaient les contours noirs, dansants, hésitants, chancelants, des serviteurs du feu. »

Francis Spufford, Golden Hill, Slatkine & Cie, 2019, p. 83.

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