Psychologique, Roman, Romance

Radical

Chronique de Radical, de Tom Connan. 

« Personne va venir t’assassiner, hein, et puis il faut avoir un peu d’honneur, merde, je ne sais pas, tu détestes quand même pas ton pays au point de fermer ta gueule, alors qu’il devient un trou remplis de vomi ! On t’a déjà mis la tête dans les chiottes ? Non ? Moi oui, des chiottes publics, dans lesquels des gens avaient chié juste avant, et qui à ton avis ? Hein ? Qui ? Regarde-moi au lieu de faire le fier ! Pas Madame Michu ! Non non non ! Pas Monsieur Dupont, libraire à la retraite à Menton, ni Mademoiselle Laporte, étudiante en bio à Nantes ! Des bougnoules ! Voilà ! C’était des putains de crouilles qui m’ont fait ça ! »

Tom Connan, Radical, Éditions Albin Michel, 2020, p. 233.
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Drame, Psychologique, Roman

Château charbon

Chronique de Château charbon, de Yasha Breen.

« Disséminés çà et là, de grands lampadaires drapaient l’ambiance d’une teinte lugubre, un chouïa orangée, et assombrissaient la Nationale 3 durant la nuit. Pour être aussi sordides aujourd’hui, ces lampadaires avaient probablement été de splendides toucans chantant sous des cieux ensoleillés, des centaines d’années auparavant. C’est ce que nous nous disions au Château. »

Yasha Breen, Château charbon, Slatkine & Cie, 2020, p. 43.

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Historiques, Roman

Une année folle

Chronique de Une année folle, de Sylvie Yvert.

« Qui a tort ? Qui a raison ? Où est la fidélité ? Auprès du roi qui prétend n’avoir jamais cessé de l’être depuis la mort de Louis XVII ou auprès de l’Empereur qui a abdiqué ? Chaque camp s’arroge l’incarnation du peuple, le monopole du patriotisme, de la liberté, et surtout de la discutable légitimité. Un partisan de Napoléon rappelle que les Français ont, depuis la Révolution, soutenu successivement la royauté, la Convention, la République, le Directoire, le Consulat, l’Empire, la Restauration : seule la volonté nationale compte ! Comment trancher ? »

Sylvie Yvert, Une année folle, Éditions Heloïse d’Ormesson, 2020, p. 125-126.

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Historiques, Roman

La splendeur

Chronique de La splendeur, de Régine Detambel.

« L’homme de génie semble toujours plus compliqué que les autres parce qu’il a quelque chose à dire à propos de tout, il trouve des encyclopédies à composer dans chaque pierre du chemin et dans chaque pavé de la rue qu’il arpente. Ce qui explique les digressions, les allusions insolites, les parenthèses galopantes et les préfaces gigantesques qu’affectionne Girolamo. S’il est obscur, c’est qu’il veut dire des vérités pour lesquelles la langue humaine, même sous sa plume hautement inspirée, n’est guère équipée. »

Régine Detambel, La splendeur, Babel – Actes Sud, 2018, p. 116.

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Historiques, Prix littéraires, Roman

Concours pour le Paradis

Chronique de Concours pour le Paradis, de Clélia Renucci.

« C’était à lui qu’incombait donc la tâche de montrer que, quoiqu’il arrive, Venise se devait de donner au monde un visage toujours neuf, et toujours identique. Il avait déjà commencé les travaux de rénovation et sa présence pour décider de l’avenir de la salle la plus imposante en même temps que la plus symbolique du Palais allait de soi. Arrivèrent ensuite les autres membres de la commission. »

Clélia Renucci, Concours pour le Paradis, Le Livre de Poche, 2020, p. 16-17.

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Aventures, Roman

Les saintes reliques

Chronique de Les saintes reliques, de Steve Berry.

« Le crépuscule assombrissait cette tiède soirée de juin. Les rues grouillaient de promeneurs, de marchands ambulants et de cyclistes filant à toute allure. L’après-midi avait été pour le moins instructif. Cotton avait pu constater que l’action lui manquait. Ce qui ne lui manquait pas du tout, en revanche, était d’avoir affaire à des peigne-cul comme ce « conseiller adjoint ». Une engeance dont il avait eu plus que sa part. »

Steve Berry, Les saintes reliques, le cherche midi, 2020, p. 105.

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Classique, Roman

Le parfum

Chronique de Le parfum, de Patrick Süskind.

« Grenouille jetais sur la ville de Grasse un regard très froid. Il n’était pas en quête de la terre promise des parfumeurs et son coeur n’était pas en train de fondre à la vue de cette bourgade accrochée à ses collines, de l’autre côté. Il était venu parce qu’il savait qu’on pouvait apprendre là mieux qu’ailleurs certaines techniques d’extraction des parfums. Et c’était ces techniques qu’il voulait acquérir, car il en avait besoin pour les buts qu’il poursuivait. »

Patrick Süskind, Le parfum, Éditions Fayard, 1986, p. 235.

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Historiques, Prix littéraires, Roman

L’été des quatre rois

Chronique de L’été des quatre rois, de Camille Pascal.

« – Où sont les ministres ?

– Dans le cabinet.

– Et que font-ils ?

– Ils délibèrent…

– Sur quoi ?

– Sur la perte de la France…, répondit Marmont avec aigreur.

– Veulent-ils la consommer ? »

Camille Pascal, L’été des quatre rois, Éditions Pocket, 2019, p. 209.

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Drame, Roman

Autochtones

Chronique de Autochtones, de Maria Galina.

« Ce n’est pas pour rien que les revenants, les tueurs psychopathes et les auteurs de romans policiers aiment autant le théâtre. Un meurtrier se cache sous un masque, larme du crime disparaît parmi les accessoires. Et, bien sûr, il y a les labyrinthes, les loges, les arrière-cours, le plateau tournant, d’étranges mécanismes, les débarras, les accessoires poussiéreux… Des cordages, des grilles… L’envers du monde. L’envers de la fête. »

Maria Galina, Autochtones, Agullo Éditions, 2020, p. 154.

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Biographies & autobiographies, Historiques, Roman

Ces rêves qu’on piétine

Chronique de Ces rêves qu’on piétine, de Sébastien Spitzer.

« Le gauleiter espérait une famille nombreuse.

Magda voulait des égards.

Il voulait le triomphe.

Elle voulait qu’on la regarde.

Il avait le pouvoir.

Elle gomma son passé.

Il découvrit l’existence de Viktor.

Elle le laissa faire.

Il découvrit l’identité de son père.

Elle nia. Fit nier sa mère.

Il devint taciturne.

Elle sombra dans une profonde atonie.

Leur pacte était fragile.

Il reposait sur un jeu de dupes. Le poison du mensonge s’en était mêlé. Magda vivait ses derniers jours avec le souffle court de ceux qui sont hantés, effarés de l’intérieur, paniqués de partout. »

Sébastien Spitzer, Ces rêves qu’on piétine, Éditions de l’Observatoire, p. 175.

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