Policiers, Psychologique, Roman, Roman noir

Annabelle

Chronique d’Annabelle, de Lina Bengtsdotter.

« Elle allait prendre contact avec les services sociaux, pensa-t-elle en reprenant le chemin du motel. Elle allait prendre contact avec les services sociaux pour Sara. Mais ça ne changerait sans doute pas grand-chose. S’ils travaillaient encore comme à l’époque où elle-même aurait eu besoin d’eux, ça ne ferait pas vraiment de différence. Tout est quand même resté à peu près pareil, songea Charlie. Le temps a passé, mais rien n’a changé, au fond. »

Lina Bengtsdotter, Annabelle, Le Livre de Poche, 2020, p. 123.

Lire la suite « Annabelle »

Drame, Epistolaire, Historiques, Roman

Monsieur le Commandant

Chronique de Monsieur le Commandant, de Romain Slocombe.

« Tous, nous n’hésitions pas à le clamer haut et fort, dans les journaux et hebdomadaires, où nous exprimions notre juste indignation, ce que l’immense majorité des Français pensait tout bas : les Juifs volaient les emplois de nos concitoyens, envahissaient illégalement le pays, lançaient une « révolution juive » avec la complicité de Léon Blum. Bientôt ils comploteraient pour entrainer la France – qui n’était pas prête militairement – dans leur guerre de revanche, et nous précipiteraient tous au fond de l’abîme ! »

Romain Slocombe, Monsieur le Commandant, Éditions Pocket, 2017, p. 39.

Lire la suite « Monsieur le Commandant »

Drame, Roman

Mon père

Chronique de Mon père, de Grégoire Delacourt.

« À la fin de sa vie, l’abbé Pierre confessait que la plénitude de Dieu n’avait pas toujours comblé sa solitude terrestre, que parfois la chaleur, les bras et la volupté de l’autre lui avaient manqué. Cela en a-t-il pour autant fait un prédateur ? Cela a-t-il fait triompher l’ennemi en lui-même ? Autoriser le mariage des prêtres permettrait à bon nombre d’entre eux de profiter de l’indispensable adoration de l’autre, sans le sordide de la dissimulation, mais priverait alors l’Église du grisbi des successions – les prêtres mariés ayant alors leurs propres héritiers. »

Grégoire Delacourt, Mon père, Le Livre de Poche, 2020, p. 118.

Lire la suite « Mon père »

Roman

10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange

Chronique de 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange, de Elif Shafak.

« Elle ne le leur avait jamais dit, pas explicitement, mais ils étaient son filet de sécurité. Chaque fois qu’elle trébuchait ou basculait, ils étaient là pour elle, la soutenant ou adoucissant l’impact de la chute. Les nuits où un client la maltraitait, elle trouvait la force de rester debout, sachant que ses amis, par leur seule présence, viendraient mettre du baume sur ses bleus et ses écorchures […]. »

Elif Shafak, 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange, Flammarion, 2020, p. 231.

Lire la suite « 10 minutes et 38 secondes dans ce monde étrange »

Aventures, Roman

Hong Kong Gang

Chronique de Hong Kong Gang, de Ma Kafai.

« Allongé sur l’herbe, il reprit ses esprits, ouvrit le yeux, vit les arbres, le ciel et les nuées.Son crâne lui faisait atrocement mal, le sol et l’herbe étaient imprégnés de sang. Il se releva à grand peine en prenant appui sur ses mains. Tout tournait autour de lui, il ne savait plus où il était. »

Ma Kafai, Hong Kong Gang, Slatkine & Cie, 2019, p. 61.

Lire la suite « Hong Kong Gang »

Classique, Drame, Roman

Sur les falaises de marbre

Chronique de Sur les falaises de marbre, d’Ernst Jünger.

« J’entendis plus tard frère Othon dire de nos jours passés chez les Maurétaniens, qu’une erreur ne devient une faute que si l’on persiste en elle. Ce propos me semblait encore plus vrai, quand je songeais à la situation où nous nous trouvions alors, à l’époque où cet ordre nous attirait. Il est des temps de décadence, où s’efface la forme profonde en laquelle notre vie profonde doit s’accomplir. »

Ernst Jünger, Sur les falaises de marbre, Éditions Gallimard, 1942, p. 35.

Lire la suite « Sur les falaises de marbre »

Roman

Berta Isla

Chronique de Berta Isla, de Javier Marias.

« – Ne sois pas aussi candide, Tom. Nul ne sait jamais la part d’ombre qu’il lui convient de garder. Ce que l’on croit est sans importance et ce qui s’est passé l’est tout autant, si personne ne le confirme. Ce qui compte, c’est ce que les autres comprennent de ce qu’on leur raconte et de ce qu’on leur dit, ou ce qu’ils décident de comprendre. Et l’usage qu’ils en font, surtout s’ils veulent le déformer et le retourner en leur propre faveur. »

Javier Marias, Berta Isla, Éditions Gallimard, 2019, p. 103.

Lire la suite « Berta Isla »

Roman, Témoignages

Girl

Chronique de Girl, de Edna O’Brien.

« – Je rentre à la maison, Rebeka, ai-je lâché, il le fallait.

– Ils te rejetteront… Ils te flanqueront dehors, dit-elle d’une voix laide et méchante. »

Edna O’Brien, Girl, Sabine Wespieser Éditeur, 2019, p. 161.

Lire la suite « Girl »

Roman

Dévorer le ciel

Chronique de Dévorer le ciel, de Paolo Giordano.

« Je dis :

– Tu ne t’en rends peut-être pas compte maintenant. Mais dans cinq, dix ou vingt ans, peu importe, tu finiras par ressentir l’absence de ce que je t’ai enlevé et tu me détesteras. Parce que je t’aurai gâché la vie.

– Tu délires, Teresa. C’est la déception qui parle à ta place. Rentre à la maison et repose-toi. Nous ferons un autre voyage, une autre tentative. »

Paolo Giordano, Dévorer le ciel, Éditions du Seuil, 2019, p. 259.

Lire la suite « Dévorer le ciel »

Classique, Roman

Au bonheur des Dames

Chronique de Au bonheur des Dames, d’Émile Zola.

« – La maison, pas de danger !… Ils parlaient de l’acheter l’année dernière, ils en donnaient quatre-vingt mille francs, le double de ce qu’elle vaut aujourd’hui. Mais le propriétaire, un ancien fruitier, un gredin comme eux, a voulu les faire chanter. Et d’ailleurs, il se méfie de moi, ils savent bien que je céderais encore moins… Non ! non ! j’y suis, j’y reste ! L’empereur, avec tous ses canons ne m’en délogerait pas. »

Émile Zola, Au Bonheur des Dames, Le Livre de Poche, 1883, page 212. 

Lire la suite « Au bonheur des Dames »