Drame

Disparaître

Chronique de Disparaître, de Mathieu Menegaux.

« Esther n’a pas ouvert la bouche. Elle essaie de se donner une contenance, mais se tord les mains au point de se faire mal. Les jointures blanchissent. Des larmes coulent. Depuis qu’Étienne a commencé son monologue, une faille s’est ouverte en elle. Chaque mot d’Étienne élargit un peu plus cette fissure. »

Mathieu Menegaux, Disparaître, Éditions Points, 2021, p. 179.

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Policiers, Roman noir, Thrillers

City of windows

Chronique de City of windows, de Robert Pobi.

« Dans un réflexe qu’en termes cliniques on nommerait « l’instinct », Nimi commença à courir.

Si la chaussée avait été moins glissante, elle aurait eu une meilleure adhérence.

Si ses jambes avaient été plus longues, elle aurait pu atteindre le trottoir.

Si elle avait été plus corpulente, ses organes auraient été mieux protégés.

Un autre jour, elle aurait pu s’en sortir. »

Robert Pobi, City of windows, Éditions Points, 2021, p. 12.

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Policiers, Roman noir

Coups de vieux

Chronique de Coups de vieux, de Dominique Forma.

« Milke est persuadé d’être plus intelligent que Clovis et habité d’une fibre morale supérieure. Forcément, il est de gauche.

Qui voudrait avoir raison avec Clovis, quand il est si agréable de se tromper avec André ? »

Dominique Forma, Coups de vieux, Éditions Points, 2020, p. 256.

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Policiers, Roman noir, Thrillers

L’artiste

Chronique de L’artiste, d’Antonin Varenne.

« Le cadavre était assis sur une chaise de la cuisine, face à la table, tête en arrière. Dans sa gorge s’ouvraient plusieurs petites bouches rouges, façon Rolling Stones. De la verrière, le soleil tombait avec un angle tendre sur le corps raide. Le parquet avait déjà absorbé l’eau, sauf sous la table où il fléchissait et formait une cuvette. La surface lumineuse de l’eau, mélangée à du sang, reflétait le mort et la table en une symétrie sépia et rosée. »

Antonin Varenne, L’artiste, Éditions Points, 2020, p. 38-39.

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Policiers, Roman noir

Il était une fois dans l’Est

Chronique de Il était une fois dans l’Est, d’Arpad Soltész.

« Miko regarde autour de lui, plein de confusion. Il est tout habillé. Dans un lit. Le sien. Çà c’est bien. Mieux que tout nu dans un lit étranger. Il y a beaucoup de lits au monde plus propres que le sien. Moins en vrac. Qui ne grincent pas tant. Mais celui-ci, c’est le sien. »

Arpad Soltész, Il était une fois dans l’Est, Éditions Points, 2020, p. 57.

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Historiques, Policiers

Le cœur et la chair

Chronique de Le cœur et la chair, d’Ambrose Parry.

« Elle ne le connaissait que depuis peu de temps, mais cela lui avait suffi pour le cataloguer comme un digne représentant de ses semblables : égocentrique, enclin à la grandiloquence et persuadé que son instruction le plaçait au-dessus de ceux qui n’avaient pas bénéficié des mêmes chances que lui. Elle repensa à son arrogance, quand il avait repoussé son conseil dans la salle d’attente. Il découvrirait rapidement qu’il valait mieux l’avoir comme amie que comme ennemie, mais elle était prête à être l’une ou l’autre – cela dépendrait de lui. »

Ambrose Parry, Le cœur et la chair, Éditions Points, 2020, p. 94.

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Policiers, Roman noir

Les effarés

Chronique de Les effarés, de Hervé Le Corre.

« À genoux, Richard pleure avec une voix de môme et avance comme un pénitent vers le corps qui ne bouge plus et il le secoue en lui ordonnant de cesser de faire le con, de se réveiller, un costaud pareil descendu par un petit mec qui lui rend vingt centimètres et trente kilos, on croirait un manager qui tente de remettre son poulain sur pieds pour la quinzième reprise, merde, merde, tu dormiras plus tard. »

Hervé le Corre, Les effarés, Éditions Points, 2020, p. 24.

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Roman noir

Le goût de la viande

Chronique de Le goût de la viande, de Gildas Guyot.

« Je n’étais ni une veuve, ni un orphelin, je ne demandais ni grâce, ni pitié, je voulais simplement qu’on me bousille. Comment ce paladin de mes deux avait-il pu se méprendre à ce point ? Pourquoi avait-il foutu ses godillots dans ce trou ? Ses pieds dans mon plat ? Il avait l’air malin maintenant de s’être mêlé de choses qui ne le regardaient pas : une jolie fleur de coquelicot au milieu du visage. Ça lui apprendra à ne pas savoir faire la différence entre une juste cause et une cause perdue. Bravo, mon salaud ! »

Gildas Guyot, Le goût de la viande, Éditions Points, 2020, p. 38.

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Policiers

La dame de Reykjavik

Chronique de La dame de Reykjavik, de Ragnar Jonasson.

« Ce n’était pas l’indifférence des médias qui la gênait, mais l’impression tenace que son collègue avait été négligent. Alexander. Elle n’avait jamais vraiment cru en ses capacités. Il n’était ni consciencieux ni particulièrement brillant, et s’il était parvenue à garder son poste au sein de la brigade criminelle, il le devait seulement à un mélange d’obstination et de relations soigneusement entretenues. Dans un monde plus juste, elle aurait été sa supérieure – plus intelligente, plus scrupuleuse, plus expérimentée… »

Ragnar Jonasson, La dame de Reykjavik, Éditions Points, 2020, p. 35.

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Policiers, Roman noir

Les mains vides

Chronique de Les mains vides, de Valerio Varesi.

« – Un conseil, reprit sérieusement Gerlanda, ne jouez pas les Don Quichotte. Que vous le vouliez ou non, vous faites partie de la police et la police a toujours été du côté des puissants. Depuis quand la police change le monde ? Dites plutôt qu’elle a empêché que ça change !

Il y avait un mélange de cynisme et d’amertume dans les propos de Roger, mais ce qui blessait surtout le commissaire, c’était d’être obligé d’admettre, une fois encore, un fond de vérité à ses propos. »

Valerio Varesi, Les mains vides, Éditions Points, 2020, p. 137.

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