Aventures, Histoire

Moi Julia

Chronique de Moi Julia, de Santiago Posteguillo.

« Il était conscient que Julia le forçait à choisir entre elle et Plautien. Les rapports entre son épouse et son ami d’enfance avaient toujours été tendus. Plautien l’avait acceptée au début parce qu’il n’avait vu en elle qu’une jeune femme belle et ingénue, mais depuis que les enfants étaient nés, il semblait éprouver de l’aversion pour Julia et de son côté, celle-ci ne manquait pas une occasion de critiquer ses décisions. »

Santiago Posteguillo, Moi Julia, le cherche midi, 2022, p. 188-189.

Motivations initiales

Lorsque Benoît, du cherche midi, nous suggère de nous intéresser à un titre qui, à son avis, devrait nous plaire, en général, il n’y a pas photo, le résultat est garanti. Il faut croire qu’il nous connait bien. Alors quand, en plus, il s’agit d’un roman historique qui propose de découvrir un personnage de la Rome antique… eh bien il n’y a qu’à dire « oui ». Ensuite… ensuite, il faut trouver le temps de s’attaquer à ce livre, qui fait tout de même ses 816 pages, un bon pavé. Avec l’approche de vacances d’été, c’était le bon moment !

Synopsis

À Rome règne Commode qui, contrairement à ce que son nom pourrait donner à penser est précisément tout sauf commode. Soupçonneux, paranoïaque, brutal, pervers, il retient en otage les épouses et les enfants des principaux généraux, ceux qui, gouverneurs de province, ont sous leurs ordres le plus de légions. Ainsi, il les contrôle.

Quand Commode est finalement assassiné, les grandes manœuvres s’engagent entre Pertinax, préfet de la ville, Didius Julianus, un sénateur, et trois gouverneurs, Septime Sévère (gouverneur de Pannonie), Pescennius Niger (gouverneur de Syrie) et Clodius Albinus (gouverneur de Bretagne).

Pertinax, puis Didius Julianus, prennent le pouvoir avant d’être à leur tour assassinés. Restent les trois gouverneurs, qui vont devoir s’affronter. Un seul peut survivre à cette lutte, et ce sera Septime Sévère. Voilà ce que l’histoire « officielle » nous apprend. Mais ce qu’elle oublie de nous dire, c’est que, derrière le futur empereur, il y a Julia. Julia, dont l’ambition mais également l’immense intelligence vont être intégralement consacrées à l’accession de son mari au pouvoir ultime.

Mais qui est donc cette Julia ?

Avis

N’y allons pas par quatre chemins. Ce livre est splendide. D’abord parce qu’il nous propose de découvrir un personnage historique féminin hors du commun, cette Julia Domna dont tous ceux qui l’ont connue ont pu mesurer – mais parfois trop tard – la très vive intelligence. Mais également parce que, malgré son érudition – la bibliographie donnée en fin d’ouvrage couvre une douzaine de pages -, il reste tellement lisible, tellement accessible, tellement humain !

Car, oui, quand on se retrouve confronté initialement à ce beau pavé, on peut légitimement se demander si l’on va être en mesure de suivre ce récit, qui s’attaque, il faut aussi le signaler, à une période de Rome particulièrement complexe, qui voit en quelques mois se succéder trois empereurs, assassinés les uns après les autres, dans une guerre civile qui ne s’achève que dans la lutte entre les trois gouverneurs les plus puissants !

La liste des principaux personnages de l’histoire, donnée en début d’ouvrage peut, elle aussi, faire peur davantage qu’elle ne rassure. « Ne vais-je pas m’y perdre parmi cette cinquantaine de noms ? »

Mais rassurez-vous : l’auteur a mis tout son art pour que ce récit reste incroyablement accessible. Le seul moment où, parfois, on peut avoir l’impression de ne pas visualiser exactement la situation, c’est lors des descriptions des batailles, qui constituent toujours des moment complexes, dont on dit souvent qu’ils se caractérisent par une indescriptible pagaille… si l’on en croit les mots, comment s’étonner qu’il soit compliqué de les dépeindre avec précision ?

Le seul vrai problème avec ce livre, c’est qu’avec ses 800 et quelques pages (et presque 900 avec les annexes, la bibliographie, les plans des lieux, une note historique…), c’est que, pour ceux qui lisent assis, dans un fauteuil bien confortable, il pèse quand même vraiment son poids ; pour ceux qui lisent dans leur lit ou sur un canapé, c’est compliqué… Mais il faut – et il est rare que nous soyons aussi directifs -, oui, il faut tout de même absolument le lire !

Ah, et puis, quand même, n’oublions pas que la meilleure nouvelle de tout cela, c’est que la suite est sortie…

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

2 réflexions au sujet de “Moi Julia”

Laisser un commentaire