Chronique de Preziosa, de Morgane Amy.
« Personne ne bouge, tandis que Gio soutient mon regard. il fait glisser sur la table un dossier mais je ne le regarde même pas. Je connais déjà l’identité de la personne que j’ai rencontrée il y a une heure. Je ne la connais que trop bien. »
Morgane Amy, Preziosa, Adonia, 2025, p. 84.
Motivations initiales
Parfois, j’ai besoin de couper avec mon quotidien alors j’ouvre un livre de dark romance et je m’évade ! Celui-ci a attiré mon oeil dans les rayons et je suis repartie avec.
Synopsis
Alessia Chaunet pensait avoir tourné la page. Cinq années ont passé depuis la rupture qui a bouleversé sa vie et façonné la femme qu’elle est devenue. Désormais assistante du procureur, elle consacre toute son énergie à une seule mission : démanteler l’organisation criminelle qui étend son influence sur la ville.
Mais lorsque l’enquête progresse et que le visage du chef de ce réseau se dévoile, Alessia se retrouve confrontée à un passé qu’elle croyait enterré. L’homme qu’elle doit faire tomber n’est autre que celui qui l’a autrefois profondément marquée.
Entre devoir et sentiments, justice et loyauté, la frontière devient dangereusement floue. Dans un univers où pouvoir, violence et manipulation dictent les règles, chacun avance masqué, prêt à tout pour protéger ce qui lui reste.
Et parfois, pour affronter l’ombre, il faut accepter de s’y perdre.
Avis
Ce qui m’a d’abord frappée dans Preziosa, c’est la facilité avec laquelle on se laisse porter par la plume de Morgane Amy. Pour un premier roman, l’écriture se révèle étonnamment sûre : fluide, vivante, et suffisamment maîtrisée pour que la lecture devienne rapidement instinctive. On tourne les pages presque sans s’en rendre compte, porté par un récit qui assume pleinement son efficacité narrative.
L’autrice s’inscrit clairement dans les codes de la dark romance : mafia, amour impossible, rapports de force, loyautés fragiles et violence latente. Le terrain est familier, mais il est exploité avec suffisamment d’énergie pour que l’immersion fonctionne. L’intrigue avance vite, les scènes s’enchaînent sans temps mort, et cette dynamique donne au roman une dimension particulièrement addictive.
Si je devais nuancer mon enthousiasme, je dirais que la multiplication des rebondissements finit parfois par saturer le récit. Le genre aime les retournements spectaculaires, mais leur accumulation peut légèrement émousser l’impact émotionnel de certains moments qui auraient gagné à respirer davantage.
Là où Preziosa m’a véritablement convaincue, c’est dans ses personnages.
Alessia est une héroïne marquée par son passé, et ce poids ne disparaît jamais complètement. Il façonne ses choix, ses réactions, sa manière d’affronter ce qui lui arrive. Certaines scènes sont d’ailleurs particulièrement fortes, car elles donnent à voir une fragilité qui n’enlève rien à sa détermination.
Quant à Lorenzo, il s’inscrit pleinement dans cette figure du héros sombre et magnétique que le genre affectionne. Charismatique, protecteur, parfois brutal, il incarne cet archétype du personnage masculin intense que l’on aime autant qu’on redoute.
Leur relation reste l’un des moteurs du roman, même si j’aurais parfois aimé que leur évolution prenne davantage de temps. Leur rapprochement arrive vite, et j’aurais volontiers savouré une tension plus longue, plus étirée, pour renforcer encore la charge émotionnelle entre eux.
Au final, Preziosa est une lecture efficace et immersive, qui nous entraîne dans un univers violent et dangereux tout en restant très accessible. Entre la qualité de l’objet livre, la fluidité de la plume et l’intensité du récit, c’est un roman qui remplit parfaitement sa promesse : offrir une dark romance prenante, que l’on lit d’une traite.
Et pour un premier roman, c’est déjà une belle réussite.
Pour en savoir plus
Retrouvez la présentation de ce livre sur le compte instagram de l’éditeur.

