Chronique de Himalaya business – Qu’avons-nous fait des 8 000 ?, de François Carrel.
« Le SPCC estime qu’il y a environ 3 tonnes d’excréments humains entre le camp 1 et le camp 4 dans le versant népalais de l’Everest, dont la moitié au col Sud. »
François Carrel, Himalaya business – Qu’avons-nous fait des 8 000 ?, Éditions Paulsen, 2024, p. 122.
Motivations initiales
Et c’est reparti, me voici dans une période montagnarde ! Non, sans rire, j’aime beaucoup apprendre sur différents sujets et j’avoue que lorsque je préparais l’agrégation, j’ai vraiment accroché pour la question de géographie sur le tourisme et depuis je lis régulièrement des livres se rapportant à ce sujet.
Synopsis
Dans cet essai, François Carrel revient sur la notion d’himalayisme, la sur-fréquentation des sommets et enfin sur la volonté de performance de beaucoup d’adeptes de la montagne. Pour cela, il retrace l’ascension des plus hauts sommets du monde et le fait que l’homme dénature de plus en plus ce qui l’entoure, à commencer par la montagne.
Avis
À force de côtoyer des amoureux de la nature adeptes de spéléologie ou bien de botanique, je me rends compte que j’élargis de plus en plus mes connaissances sur la nature. 2024 a été l’année où j’ai renoué avec la montagne et les randos – avoir un oncle guide de haute montagne ça forme et ça forge les mollets ! Bref, je me cultive, je butine ici et là pour comprendre la notion de performance que certains mettent derrière leur randonnée.
François Carrel rend abordable son ouvrage à tous – pas besoin d’avoir des connaissances pointues dans le domaine, il suffit d’avoir de l’appétence pour les hautes cimes -, il brosse pour son lecteur les six âges de l’hymalayisme et passe en revue les records d’ascension des quatorze 8000.
Le style de cet ouvrage frôle l’enquête et informe le lecteur sur bien des aspects touristiques que nous ignorions. Vous saviez, vous, que l’on peut se faire déposer par un hélicoptère à plus de 7000 m d’altitude pour prendre des photos et dire « j’y étais » moyennant une belle liasse de dollars ? Le monde marche sur la tête ! François Carrel met en lumière la sur-fréquentation des sommets et les risques que cela engendre : les nombreux morts en haut des sommets à cause des files d’attente – plus d’heure de queue que de marche pour atteindre le sommet de l’Everest – et également les déchets que la présence humaine produit : tentes, matelas, bouteilles d’oxygène et excréments humains ruinent petit à petit le manteau blanc immaculé des sommets.
Éclairant, d’utilité public même, n’ayons pas peur des mots, cet essai très bien écrit se lit presque comme un roman ! Un complément utile au documentaire d’Inoxtag 🙂
Pour en savoir plus
Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.


Intéressant ton avis, c’est vrai que déjà dans mes Pyrénées je suis choquée par l’atitude de certains randonneurs en claquettes qui laissent des déchets. On en rapporte toujours plus que ceux que nous avons apporté nous même avec ce quon ramasse. Mais là-bas impossible de trop se charger en descente je pense. Et les reportages sur l’Everest sont assez déspérants pour avoir envie de mettre des barrières à l’entrée !!!
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La sur-exploitation de la montagne, ça fait peur… Je lis de plus en plus de choses et quand on se rend compte de l’impact écologique négatif qu’engendre le tourisme de masse dans ces espaces, ça fait pleurer…
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