Chronique de La Fille d’encre et de lumière, de Claudie O. Wetterwald.
« C’est ainsi que j’apprends, au fil d’une conversation étrange, à force de patience et de quelques coups de poker hasardeux, qu’Anna menait une double vie en empruntant la mienne une fois par mois à Paris. »
Claudie O. Wetterwald, La Fille d’encre et de lumière, Éditions Pocket, 2025, p. 274.
Motivations initiales
J’ai découvert cette auteure lors d’un apéro polar avec les éditions Pocket. Le pitch sur la quatrième de couverture était tellement alléchant que je n’ai pas pu m’empêcher de l’ouvrir rapidement !
Synopsis
Alise et Anna sont jumelles. Même visage, mêmes gestes. Mais des vies aux antipodes. L’une, Alise, s’est exilée à Londres, en quête de stabilité après des années de chaos. L’autre, Anna, semble incarner la perfection domestique dans sa maison normande, entre foyer chaleureux et famille rangée. Du moins en apparence.
Jusqu’au jour où Anna disparaît sans laisser de trace. Puis, trois ans plus tard, ses enfants s’évaporent à leur tour. Le mystère s’épaissit. Et Alise comprend qu’elle ne pourra plus fuir. Elle devra revenir. Regarder en face ce passé trouble. Creuser au cœur des silences, des secrets de famille et des liens jumeaux qu’elle croyait distendus.
Avis
C’est toujours un petit frisson particulier de plonger dans un premier roman, cette sensation de découvrir une voix nouvelle, encore un peu mystérieuse. Et avec La Fille d’encre et de lumière, Claudie Wetterwald signe une entrée en littérature à la fois maîtrisée, touchante et pleine de finesse.
L’histoire repose sur un duo fascinant : deux sœurs jumelles, Alise et Anna, que tout semble unir, mais que la vie a peu à peu éloignées. Lorsque l’une disparaît, puis ses enfants quelques années plus tard, c’est tout un tissu de non-dits, de blessures enfouies et de secrets familiaux qui remonte à la surface. Et c’est dans cette faille qu’évolue le roman, entre tension, mélancolie et quête de vérité. Et attention, si vous êtes calés en littérature jeunesse anglaise, ça va être une promenade de santé pour vous !
Ce qui frappe, c’est la justesse du ton : jamais dans l’excès dramatique, mais toujours en équilibre entre émotion contenue et tension sourde. L’autrice nous plonge dans une atmosphère feutrée, presque brumeuse, où les souvenirs sont aussi puissants que les silences, et où les liens du sang peuvent être aussi complexes que salvateurs.
La narration, tout en subtilité, épouse les doutes d’Alise, ses fêlures, sa solitude, mais aussi sa lente remontée vers ce qui fait sens, ce qui fait lien. Le rythme est doux, mais jamais lent, porté par une écriture limpide, sensible, parfois poétique, qui laisse toute sa place aux émotions sans jamais les forcer.
Une auteure à suivre de près !

