Chronique de L’orateur, de Luca Blengino, David Goy et Antonio Palma.
« Et puis… Avez-vous déjà oublié ce que je vous ai dit ? La verité n’existe pas dans un tribunal ! Ce n’est qu’une ennuyeuse question philosophique. »
Luca Blengino, David Goy et Antonio Palma, L’orateur, Dargaud, 2024, p. 72.
Motivations initiales
Cette BD était un des coups de cœur de mon libraire. Comme j’ai une confiance aveugle en lui, j’ai cédé et elle est repartie avec moi !
Synopsis
Dans la Rome antique, là où le droit s’écrit avec du sang et s’interprète au rythme des intérêts politiques, Marcus, orateur et avocat réputé, se voit confier l’une des affaires les plus sensibles de sa carrière : la défense d’un jeune patricien accusé du crime suprême — le meurtre de son propre père.
Mais dans cette cité où l’art du verbe est une arme politique, où la rumeur est plus tranchante qu’un glaive, Marcus sait que la vérité seule ne sauvera pas son client. Il lui faudra ruser, convaincre, manipuler parfois — car dans le théâtre judiciaire romain, la justice est une mise en scène où chaque mot peut condamner… ou sauver.
Peu à peu, le procès se transforme en jeu d’influences et de révélations, à l’occasion duquel Marcus devra naviguer entre les ambitions du Sénat, les jeux d’alliances, les secrets de famille et les pièges tendus dans l’ombre. Et si la culpabilité ne se joue pas toujours dans les faits… que vaut encore la vérité, quand elle dérange les puissants ?
Avis
Cette BD a tout d’un thriller judiciaire mais à la sauce antiquité romaine. C’est haletant et captivant, une fois la lecture lancée, impossible de s’arrêter, on est emporté par l’intrigue et les personnages plutôt atypiques de cette histoire.
Les plaidoiries au sein du tribunal ont toutes un caractère politique, on sent bien que cela va plus loin que le parricide commis par le jeune Alexandros. Ici, on aborde aussi la question de la citoyenneté romaine à travers la population grecque venue à Rome, quand seront-ils considérés comme de vrais romains ? Bref, des questions qui peuvent nous paraître encore très actuelles !
Les dessins d’Antonio Palma sont extrêmement fins et très bien réalisés, ils donnent encore plus de réalisme aux émotions des personnages et des scènes se passant au tribunal. Un régal pour les yeux !
Une BD où chaque mot pèse autant qu’un glaive, où chaque silence peut être une sentence. Brillant, tendu, captivant jusqu’à la dernière case, une BD à recommander à chaque amateur d’histoire antique.
Pour en savoir plus
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