Policiers, Thrillers

Cabale

Chronique de Cabale, de Sandrine Goeyvaerts.

« La Cabale repose entièrement sur ce principe : pour obtenir réparation, il faut frapper aussi fort que l’on a été touchée. Concrètement, pour un viol, il faut buter le violeur. »

Sandrine Goeyvaerts, Cabale, Black Lab, 2026, p. 27.

Motivation initiales

Difficile de résister à cette couverture presque magnétique…

Synopsis

Cabale met en scène une organisation clandestine exclusivement féminine, née d’un ras-le-bol face à l’inefficacité de la justice en matière de violences sexistes. Lorsqu’un chanteur connu est retrouvé mort dans des circonstances troubles, Alice, enquêtrice, perçoit rapidement qu’il ne s’agit pas d’un simple fait divers. Derrière ce meurtre se dessine un système bien plus vaste… et dangereux. Tandis que les actions de ce groupe se multiplient, Alice voit ses certitudes vaciller.

Avis

Ce livre repose sur une idée forte : et si certaines femmes décidaient de prendre en main ce que la justice ne parvient pas à traiter ? À travers les fondatrices de Cabale et celles qu’elles recrutent, l’autrice explore une mécanique de vengeance structurée, implacable, où chaque agresseur est puni selon la gravité de ses actes.

Au cœur de cette intrigue, Alice, policière confrontée elle-même au sexisme ordinaire de son environnement professionnel, apporte une perspective particulièrement intéressante. C’est elle qui pressent le lien entre ces affaires, là où ses collègues ne voient que des cas isolés. Son implication devient rapidement personnelle, ce qui donne au récit une tension supplémentaire et un vrai moteur émotionnel.

Ce qui marque surtout, c’est la diversité des parcours des femmes de la Cabale : toutes ont été touchées, de près ou de loin, par des violences. Le roman dresse ainsi un panorama glaçant mais réaliste, qui pousse à réfléchir. La sororité mise en avant peut apparaître comme réparatrice, presque cathartique au début… avant de devenir plus dérangeante à mesure que la violence s’intensifie.

La lecture est prenante, difficile à lâcher. On enchaîne les pages avec envie, porté par une intrigue efficace et un questionnement moral constant : jusqu’où peut-on aller au nom de la justice ?

Seul bémol à mes yeux : une fin un peu précipitée. Tout s’enchaîne très vite dans les dernières pages, ce qui laisse une légère frustration, comme si le roman méritait encore quelques développements.

Malgré cela, c’est une lecture marquante et engagée, que j’ai clairement dévorée avec avidité. Une autrice à suivre de près.

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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