Dark romance

Little stranger – T.1 La toile du silence

Chronique de Little stranger – T.1 La toile du silence, Leigh Rivers.

« Malachi n’est pas comme nouss, Olivia. Je ne sais pas pourquoi on a pensé qu’on pourrait gérer quelqu’un comme lui. Si troublé, si… je ne sais pas. Ses tendances possessives et manipulatrices envers toi sont dangereuses. Même quand ton père t’embrasse sur la front, Malachi le regarde comme s’il voulait lui trancher la gorge. »

Leigh Rivers, Little stranger – T.1 La toile du silence, Éditions Contres-dires, 2025, p. 37.

Motivations initiales

Si vous me suivez depuis quelque temps, vous savez déjà que je suis devenue une véritable adepte de dark romance. Alors forcément, quand une libraire m’a regardée très sérieusement en me disant : “C’est probablement la dark romance la plus glauque que j’ai lue”… mon cerveau a immédiatement répondu : “Je la prends.”

Oui, mes achats livresques reposent parfois sur des critères extrêmement discutables.

Synopsis

Depuis toujours, Malachi gravite autour d’Olivia comme une ombre impossible à fuir. Entre eux existe un lien aussi malsain qu’indéfinissable, construit sur des années de silence, d’obsession et de dépendance émotionnelle.

Lorsque Malachi revient après plusieurs années d’absence, les blessures du passé ressurgissent immédiatement. Olivia comprend alors que certaines obsessions ne disparaissent jamais vraiment. Elles patientent simplement dans l’ombre.

Dans cette relation où l’amour se confond constamment avec la possession, la peur et la douleur, chacun semble prêt à repousser toujours plus loin les limites de l’autre… quitte à sombrer complètement.

Avis

Avant même de parler du livre : non, ce livre n’est clairement pas une lecture à mettre entre toutes les mains. Vraiment. Si vous n’aimez pas les romances toxiques, les dynamiques obsessionnelles, les relations profondément dérangeantes et les récits psychologiquement très sombres, passez votre chemin immédiatement. Et évidemment : cette lecture est réservée à un public adulte.

Maintenant que l’avertissement est posé… mon dieu, quel chaos ce livre.

Je lis beaucoup de dark romance et je suis assez difficilement impressionnable dans le genre. Pourtant ici, certaines scènes m’ont sincèrement mise mal à l’aise. Il y a des passages qui donnent presque envie de refermer le livre tant l’atmosphère devient lourde et dérangeante. Et c’est précisément ce que le roman cherche à provoquer.

La relation entre Olivia et Malachi repose entièrement sur quelque chose de profondément malsain : l’obsession, la possession, la douleur, la dépendance affective. Rien n’est sain. Rien n’est romantisé de manière classique. On est dans une dark romance qui assume totalement sa noirceur et son inconfort.

Ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est justement la dynamique entre les deux personnages. Pour une fois, ce n’est pas l’héroïne qui découvre tout ou qui est complètement naïve face aux relations. Au contraire, Malachi apparaît presque perdu émotionnellement malgré toute sa violence et son obsession maladive. Il y a chez lui quelque chose de profondément cassé, presque animal par moments. Et honnêtement, ce personnage m’a fascinée autant qu’il m’a dérangée.

Le roman est divisé en deux parties très différentes dans leur ambiance. La première joue énormément sur le secret, le tabou, la tension constante liée au risque d’être découverts. Leigh Rivers exploite parfaitement cette atmosphère oppressante et addictive où chaque interaction semble interdite.

Puis vient la seconde partie… et là, le récit bascule complètement dans quelque chose de beaucoup plus sombre et brutal. Après plusieurs années de prison, Malachi revient consumé par sa colère et son besoin de vengeance. Cette partie est probablement celle qui m’a le plus marquée tant elle pousse les personnages dans leurs retranchements psychologiques.

La plume de Leigh Rivers est d’ailleurs redoutablement efficace. Le roman se lit à une vitesse folle. Impossible de décrocher une fois plongée dedans. La tension psychologique est permanente et certaines scènes sont construites avec une telle intensité qu’elles deviennent presque étouffantes.

Ce que j’ai aussi apprécié, c’est que le roman ne cherche jamais à rendre Malachi « acceptable ». Son comportement reste profondément problématique, possessif, obsessionnel, parfois même terrifiant. Et pourtant, l’autrice parvient malgré tout à lui donner une forme de vulnérabilité qui rend le personnage difficile à oublier.

C’est une lecture extrêmement dérangeante, clairement pas faite pour tout le monde, mais qui fonctionne parfaitement dans ce qu’elle cherche à proposer : une dark romance brutale, malsaine, addictive et psychologiquement très noire.

Et honnêtement… je comprends maintenant pourquoi cette libraire avait l’air traumatisée en me la recommandant.

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