Policiers, Thrillers

La Chanson blanche

Chronique de La Chanson blanche, de Grégoire Godinaud.

« Ceci est une chanson, Monsieur Caldeira. Elle parle d’un crash d’avion de toute évidence. C’est votre frère qui l’a écrite… Il l’avait sur lui le jour où l’avion dans lequel il se trouvait à disparu. Étiez-vous au courant de l’existence de ce papier avant aujourd’hui ? »

Grégoire Godinaud, La Chanson blanche, Harper Collins, 2025, p. 37.

Motivations initiales 

L’effet mouton a encore sévi, j’ai vu ce livre sur les réseaux et j’ai fini par craquer… J’avais déjà lu un livre de l’auteur et j’avoue que ça a été un bon moment de lecture, alors pourquoi ne pas retenter l’expérience ? 

Synopsis 

Un crash d’un avion dont les circonstances demeurent totalement inconnues. Aucune explication officielle, aucune certitude : seulement des familles laissées dans l’attente, suspendues à l’espoir d’une réponse qui ne vient pas. À mesure que l’enquête progresse, il apparaît que certains passagers étaient liés entre eux, et que ces connexions dissimulent des secrets que chacun aurait préféré voir rester enfouis. Le drame initial devient alors le point de départ d’une intrigue complexe, où chaque révélation fragilise un peu plus la vérité attendue.

Avis 

Grégoire Godinaud choisit de ne jamais faire du crash un simple événement spectaculaire. Dès les premières pages, l’absence d’informations précises installe un malaise durable et place le lecteur dans la même position que les proches des victimes : celle d’une attente frustrante, presque insoutenable.

L’intrigue se construit progressivement, à la manière d’une toile d’araignée. Les fils narratifs se multiplient, s’entrecroisent, et révèlent peu à peu l’existence de liens inattendus entre certains passagers. Le lecteur se laisse piéger très rapidement par cette mécanique parfaitement huilée, constamment relancée par de nouvelles pistes et de nouveaux doutes.

Le rythme constitue l’un des points forts du roman. Le récit est dense, dynamique, sans véritable temps mort. La tension est permanente, au point de ne laisser ni répit ni respiration. Malgré la présence d’intrigues dans l’intrigue, l’auteur fait preuve d’une grande maîtrise : jamais le lecteur ne se sent perdu, chaque élément trouve naturellement sa place dans l’ensemble.

Le roman joue habilement avec les attentes. Les suppositions s’enchaînent, puis volent en éclats les unes après les autres. Grégoire Godinaud mène son lecteur là où il ne l’attend pas, sans jamais donner l’impression de forcer le trait. La conclusion, particulièrement réussie, s’impose comme une évidence une fois atteinte : elle est à la fois surprenante, cohérente et parfaitement amenée.

La chanson blanche est un thriller tendu et exigeant, qui repose autant sur sa construction que sur sa capacité à manipuler le regard du lecteur, et qui confirme la maîtrise narrative de son auteur.

2 réflexions au sujet de “La Chanson blanche”

Répondre à Angelique Annuler la réponse.