Dark romance

Lights out

Chronique de Lights out, de Navessa Allen.

« Ma préférence, toutefois, allait aux masques de Ghost. Dans tout les cas, les torses nus me faisaient saliver et si on y ajoutait un couteau et du faux sang, le créateur comptait une nouvelle abonnée. »

Navessa Allen, Lights out, Roncière, 2025, p.18.

Motivations initiales 

Une dark romance annoncée comme drôle, borderline absurde, avec un héros présenté comme un green flag malgré une dynamique de stalker ? L’équation était trop intrigante pour être ignorée. Lights Out promettait de bousculer les codes du genre, et j’avais très clairement besoin de vérifier si ce mélange improbable tenait réellement la route.

Synopsis 

Alyssa Cappellucci est infirmière en traumatologie. Ses journées sont faites d’urgence, de sang et de décisions vitales. Pour relâcher la pression, elle s’évade la nuit devant des vidéos d’hommes masqués publiées sur Internet. Parmi eux, un en particulier alimente ses fantasmes les plus sombres : elle l’imagine la traquant, dangereusement séduisant, incarnant une peur qu’elle contrôle… en apparence.

Sur un coup d’impulsion, Alyssa laisse un commentaire, persuadée qu’il se perdra dans la masse. Mais Joshua Hammond n’est pas un homme ordinaire. Derrière son masque, il a bâti une identité nocturne qui lui permet d’échapper à un héritage familial pesant. Les vidéos sont un exutoire, un jeu de rôle maîtrisé. Jusqu’à ce message. Jusqu’à Aly.

Lorsqu’il décide de répondre à cette invitation déguisée en fantasme, la frontière entre fiction et réalité commence à se fissurer. Ce qui devait rester un jeu virtuel se transforme alors en une rencontre aussi dérangeante qu’irrésistible.

Avis 

Une dark romance qui flirte avec la comédie romantique, avec un stalker assumé… et pourtant étonnamment rassurant. L’idée paraît absurde sur le papier, et c’est précisément là que Lights Out surprend. Le roman joue avec les attentes, les détourne, et s’amuse constamment des codes du genre.

Le ton est résolument frais et drôle. L’humour désamorce les situations les plus dérangeantes sans jamais nier leur nature. Cette distance ironique crée un équilibre étonnant, qui rend la lecture à la fois légère et addictive. On rit, on s’étonne, et parfois, on se surprend à être touchée par la sincérité des émotions.

Les personnages participent grandement à cette réussite. Alyssa se démarque des héroïnes habituelles de la dark romance : lucide, imparfaite, parfois maladroite, elle ne subit pas le récit mais l’alimente. Joshua, quant à lui, déjoue les archétypes. Oui, il observe. Oui, il franchit des limites. Et pourtant, tout est construit de manière à questionner, avec humour et recul, la romantisation de ces comportements.

Le mélange entre comédie romantique improbable et dark romance fonctionne étonnamment bien. La tension monte progressivement, le smut s’installe avec mesure et efficacité, et le rythme ne faiblit jamais. La traduction fluide et l’écriture dynamique renforcent ce sentiment de lecture impossible à lâcher.

Lights Out ne cherche pas à réinventer la dark romance, mais à la regarder autrement. En assumant l’absurde, en jouant avec les codes et en misant sur des good vibes inattendues, le roman propose une expérience rafraîchissante, décalée et diablement efficace. Sur moi, le pari a pleinement fonctionné.

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