Bandes dessinées, Westerns

Diable pâle – T. 1 … Et pour quelques Winchester de plus

Chronique de Diable pâle – T. 1 … Et pour quelques Winchester de plus, de Vincent Brugeas et Nicolas Siner.

« … Toute activité commerciale dans et autour de Tucson doit faire l’objet d’une… disons d’une taxe spéciale. Les honorables commerçants de Tucson ont formé une « organisation » en ce sens. Et j’en suis le garant. »

Vincent Brugeas et Nicolas Siner, Diable pâle – T. 1 … Et pour quelques Winchester de plus, Éditions du Lombard, 2026, p. 20.

Motivations initiales

Régulièrement, les Éditions du Lombard nous adressent un colis avec certaines de leurs dernières parutions. Et, dans le dernier en date, cet intrigant Diable pâle. Qui est donc ce Taglito, « pris entre deux mondes que tout oppose » ? Alors, pour en savoir plus, direction le Far West !

Synopsis

En Arizona, à proximité de Tucson – s’il y a bien une ville qui, à elle seule, porte l’imaginaire du Far West et du western, c’est bien celle-ci -, une troupe de cavaliers tente d’échapper à ses poursuivants, en les emmenant vers une embuscade.

Mais à peine sont-ils débarrassés de ceux qui leur couraient après, la petite bande – une vulgaire troupe de voleurs – montre toutes ses divisions. Clay, le chef de bande et son frère, Dickie, sont colériques et violents. Bud et Riley sont deux hommes de main. Et la troupe est complétée par Jimmy et Truth, une apache qu’il présente comme sa compagne…

Mais Jimmy est en réalité Taglito. Et son objectif est de s’emparer du butin de la bande, pour le remettre à Pied Cassé, qui dirige le clan Chiricahua dont viennent Taglito et Truth. L’argent recueilli doit servir à payer une cargaison de Winchester…

Note historique : les Chiricahuas sont un groupe d’Apaches, des rangs desquels sont notamment sortis Cochise et Geronimo.

Avis

J’avoue avoir mis un certain temps à identifier les personnages de la bande de voleurs, qu’on découvre au début de ce premier tome de la série. Heureusement, si j’ose dire, on se débarrasse assez rapidement de la plupart d’entre eux, pour ne rester qu’avec les personnages importants…

À partir de là, on peut commencer à découvrir et à s’intéresser au personnage central de cette série, Taglito. On ne sait encore pas grand chose de lui, mais l’on apprend, au détour d’une phrase, que sa mère, si elle n’est pas Chiricahua de naissance, vit dans le clan. On peut – à ce stade, toutes les suppositions sont permises, on peut imaginer qu’elle pourrait être l’une de ces captives euro-américaines qui, après avoir été capturées, étaient souvent soumises au travail forcé, mais finissaient souvent par être mariées et par s’assimiler.

Taglito, d’apparence, est donc « blanc ». Ce qui lui donne l’opportunité de se déguiser, et de jouer, au gré des circonstances et des besoins, tel ou tel rôle. Le voyou, l’héritier cherchant à investir, et probablement bien d’autres encore. Bref, une sorte de chevalier d’Éon à la mode western, l’ambiguïté de genre en moins – et comme il semble entretenir un intérêt assez soutenu à l’endroit de Truth, au sujet de laquelle il pourrait également y avoir des choses à découvrir dans la suite de la série, le plus probable est que son personnage n’ira pas jusqu’au travestissement.

Concernant Truth, en effet, une phrase de Pied Cassé ouvre en effet un passage vers une ligne narrative qui pourrait être explorée dans un autre tome, quand il dit « En parlant de Chiricahua et de femme forte, est-ce une bonne équipière, malgré… ? ». Ce « malgré » parait assez évocateur d’un futur développement…

Et puis, vers le milieu de l’album, un autre personnage fait son apparition. Jo l’ivrogne. Qui a élevé Taglito pendant une partie de son enfance, mais, là aussi, il y aura sans doute des éléments à découvrir dans la suite de la série. Bref, tous ces personnages semblent bien se rassembler pour permettre, une bonne fois pour toutes, de mettre à plat tout ce qui doit l’être…

Enfin, il est intéressant de noter que le scénario évite le manichéisme le plus réducteur, faisant de certains « blancs » des personnages ambigus. Comme ce shériff qui, dans la citation reprise au début de ce texte, exprime clairement que les commerçants de Tucson, pour protéger leurs intérêts, ont mis en place, ni plus, ni moins, un système de racket pour empêcher toute concurrence et profiter de toutes les occasions de gagner de l’argent.

Bref, une histoire qui s’annonce bien. L’attente du tome 2 commence… maintenant !

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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