Chronique de Un meurtre absolument splendide, Julia Seales.
« Mais alors, bredouilla Mlle Bolton, la voix tremblante de terreur, que nous sommes piégés ici avec un meurtrier. »
Julia Seales, Un meurtre absolument splendide, Le Livre de Poche, 2025, p. 152.
Motivations initiales
Ce roman fait partie de la sélection du Prix des Lecteurs Polar du Livre de Poche, pour lequel j’ai le plaisir d’être jurée cette année. Une occasion idéale de découvrir de nouveaux thrillers et de plonger dans des univers variés, avec ce mélange d’enthousiasme et de curiosité que suscite toujours une sélection littéraire.
Synopsis
Dans le paisible village de Swampshire, les apparences sont une affaire sérieuse. Les règles sociales y sont strictes, les réputations soigneusement entretenues, et l’avenir des jeunes femmes semble tout tracé : trouver un mariage convenable et préserver l’honneur familial.
Beatrice Steele, elle, ne correspond guère à cet idéal. Bien plus fascinée par les affaires criminelles que par les bals mondains, elle nourrit en secret une passion pour les enquêtes et les mystères.
Mais lorsque l’un des invités d’honneur du bal d’automne s’effondre soudainement au milieu de la piste de danse, la soirée prend une tournure inattendue. Les convives se retrouvent isolés dans le manoir tandis qu’un meurtrier se cache forcément parmi eux.
Avec l’aide d’un détective londonien au passé trouble, Beatrice se retrouve entraînée dans une enquête où chaque invité pourrait cacher un secret. Entre convenances sociales, rivalités et mensonges soigneusement dissimulés, la jeune femme devra démêler les fils d’une intrigue bien plus complexe qu’il n’y paraît.
Avis
Un meurtre absolument splendide commence dans une atmosphère très particulière, presque décalée. Swampshire apparaît comme un village figé dans ses traditions et ses codes sociaux, où chaque comportement semble dicté par un ensemble de règles tacites destinées à préserver les apparences.
On y découvre une galerie de personnages parfois hauts en couleur, à commencer par la famille Steele, dont l’avenir dépend largement de mariages avantageux. Dans ce contexte très codifié, Beatrice fait figure d’exception : curieuse, observatrice, et surtout beaucoup plus attirée par les mystères criminels que par les préoccupations mondaines qui occupent son entourage.
Le début du roman installe un univers qui rappelle par moments les comédies sociales britanniques, avec un humour discret et une description assez ironique des conventions de la bonne société. Cette ambiance particulière peut séduire, même si elle prend un peu de temps à se mettre véritablement en mouvement.
L’intrigue prend réellement son envol lors du bal où survient le meurtre qui bouleverse la soirée. Dès cet instant, le roman adopte une structure plus proche des classiques du roman policier à huis clos. Les suspects sont nombreux, les secrets affleurent, et l’on retrouve ce jeu de pistes qui fait le charme des enquêtes à l’ancienne.
Pour ma part, j’ai surtout été captivée par cette seconde partie, lorsque l’enquête commence véritablement. Le récit gagne alors en tension et en intérêt, tandis que les relations entre les personnages se dévoilent peu à peu.
En revanche, j’ai parfois trouvé le rythme assez lent, notamment dans la première moitié du livre. L’ambiance est soignée, l’univers original, mais j’aurais aimé que l’intrigue s’accélère plus tôt pour maintenir davantage de tension.
Cela reste néanmoins une lecture singulière, qui mêle satire sociale et enquête criminelle dans un cadre très britannique.
Pour en savoir plus
Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.
