Aventures, Bandes dessinées

Thorgal Saga – La Déesse d’ambre

Chronique de Thorgal Saga – La Déesse d’ambre, de Christophe Bec et Valérie Mangin.

« J’ai vu notre fils en rêve… Son corps est avec nous mais son esprit est retenu au loin, dans un endroit étrange.

Sa prison se trouve au-delà du port où cette maudite femme m’a donné son collier, quelque part vers l’endroit où le soleil se lève.

L’aube va bientôt poindre. Je prépare ma besace, mes armes, et je pars sur le champ. »

Christophe Bec et Valérie Mangin, Thorgal Saga – La Déesse d’ambre, Éditions du Lombard, 2026, p. 16.

Motivations initiales

Le Lombard nous a fait la joie de nous envoyer pratiquement tous les albums de la série Thorgal Saga – sauf l’avant-dernier, allez savoir pourquoi -, et nous les avons lus et chroniqués avec un égal plaisir. C’est donc avec un enthousiasme renouvelé que nous avons lu ce dernier opus, La Déesse d’ambre, née de l’imagination de Christophe Bec et Valérie Mangin…

Synopsis

Sur les côtes septentrionales du Northland, Thorgal est venu profiter de la grande foire pour effectuer quelques achats, et, notamment, acquérir une chèvre, qui doit améliorer le quotidien de la petite famille qu’il forme avec Aaricia et Jolan, en se tenant consciencieusement à l’écart des autres.

Mais nous connaissons Thorgal : lorsqu’une femme est importunée par trois brutes qui veulent la dévaliser, il intervient, mettant en fuite les individus. Il se voit alors offrir par celle qu’il a secouru, Ingrid, un collier avec un pendentif en ambre, qu’il offre à Aaricia à son retour.

Jolan, par jeu, s’empare du bijou et le met à son cou. Mal lui en prend : Aaricia le retrouve endormi, impossible à réveiller. Thorgal n’a pas le choix : il lui faut repartir à la recherche d »Ingrid, pour lui arracher qu’elle lève le sortilège qui tient Jolan enfermé en lui-même.

Une fois encore, il doit défier les dieux, ou plus exactement, cette fois, la déesse d’ambre, Huldra. Celle-ci, pour se venger des hommes qui, par appât du gain, ont décidé de piller les ressources en ambre de la communauté, a mis en place le sortilège qui endort les hommes… Mais cela veut en réalité dire qu’elle laisse les femmes soumises au premier groupe de guerriers qui décidera de s’approprier le trésor…

Avis

Les deux auteurs le signalent dans l’ouvrage : ils ont tous les deux découverts Thorgal avec l’album Au-delà des ombres, le cinquième de la série. Et c’est assez naturellement qu’ils ont construit leur récit en la situant à ce moment-là de l’histoire.

Ils renouvellent efficacement le genre en imaginant, dans cet univers largement marqué par des valeurs éminemment patriarcales, une opposition entre hommes et femmes, sous l’influence de la déesse qui, pour se venger, endort les premiers. que faut-il penser du fait que Thorgal, finalement, convainc la déesse de renoncer à sa vengeance, en lui faisant le tableau d’une société unisexe fragilisée par l’absence des hommes ? Je vous laisse vous faire votre propre idée…

Cet album illustre également comment la vengeance entraîne la vengeance, comment la cruauté provoque la cruauté. Le fait de répondre à la violence par la violence, sans recul, sans distance, semble ne pouvoir aboutir qu’aux pires extrêmes. Il faut alors un acteur extérieur – ici, Thorgal – pour voir ce que l’aveuglement de la douleur et de la colère masque. Il faut casser le cercle de la brutalité pour résoudre le noeud. Ne serait-ce pas une excellente leçon à méditer, dans notre monde actuel qui se déchire ?

Il n’y a que les libellules dont je n’ai pas compris le rôle – pour ne pas spoiler, je n’en dirai pas davantage. Mais j’ai fait sans !

Ce sixième opus de Thorgal Saga répond bien au cahier des charges : cohérent avec la trame de la série, graphiquement réussi, il nous emmène explorer encore un peu plus loin l’univers de Thorgal. Une jolie réussite !

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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