Aventures, Romantasy

Le Monde et plus encore – T.1 Le Serpent des mers

Chronique de Le Monde et plus encore – T.1 Le Serpent des mers, de Zila Rosa.

« Toi et moi, nous sommes semblables, susurre-t-il. Nés dans la haine, élevés dans la violence, et destinés à faire sombrer ce monde dans le chaos. »

Zila Rosa, Le Monde et plus encore – T.1 Le Serpent des mers, Éditions Nessian, 2026, p. 276.

Motivations initiales

Lorsque j’ai découvert Le Monde et plus encore, j’ai tout de suite trouvé son esthétique remarquable. Cette couverture est tout simplement magnifique. En revanche, devant les quelques 700 pages du roman, j’ai eu peur que ce ne soit peut-être pas le bon moment pour me lancer.

Puis notre bookclub a choisi ce titre pour notre lecture mensuelle. Cette fois, plus aucune excuse : il ne me restait plus qu’à embarquer. Et quelle excellente décision.

Synopsis

Depuis toujours, Galia Drachen refuse la place que le monde voudrait lui imposer. À la tête du Red Shell, elle nourrit une ambition que beaucoup jugent impossible : devenir la première femme à dominer les océans.

Pour atteindre son objectif, une seule piste existe : retrouver un trésor légendaire disparu depuis des siècles. Mais la seule personne capable de l’aider à mettre la main dessus est aussi celle qu’elle déteste le plus : Nox Whitley, le redoutable roi des pirates.

Contraints de naviguer ensemble malgré leur haine réciproque, les deux capitaines se lancent dans une course effrénée où chaque escale révèle de nouveaux secrets. Car sur ces mers anciennes, les véritables monstres ne sont pas toujours ceux qui surgissent des profondeurs.

Avis

Quelle découverte !

Je ne vais pas vous mentir : les premières centaines de pages demandent un petit investissement. L’univers imaginé par Zila Rosa est particulièrement riche et dense, et il faut accepter de prendre le temps d’en découvrir les règles, les peuples, les croyances et les enjeux politiques. Mais une fois cette immersion passée, impossible de lâcher le roman.

Ce que j’ai préféré, c’est sans aucun doute la quête qui porte toute l’histoire. Cette chasse au trésor dépasse très rapidement le simple prétexte à l’aventure. Plus les personnages avancent, plus les mystères s’épaississent, et plus l’on comprend que le véritable enjeu dépasse largement la découverte d’un simple artefact. Cette sensation d’exploration permanente m’a complètement embarqué.

Mais ce sont surtout les personnages qui donnent toute sa force au roman. À première vue, tout oppose Galia et Nox. Elle voue une haine profonde aux pirates ; lui en est le souverain incontesté. Pourtant, derrière leurs différences, ils partagent la même blessure : ce besoin presque viscéral de prouver leur valeur dans un monde qui ne leur fait aucun cadeau. Cette quête de reconnaissance les pousse sans cesse à repousser leurs limites et rend leur évolution particulièrement passionnante.

Impossible également de ne pas parler de Galia. Elle incarne à merveille cette female rage que j’aime tant retrouver en littérature. Sa colère n’est jamais gratuite. Elle est le résultat d’années de mépris, de portes fermées et d’un monde qui refuse d’imaginer qu’une femme puisse prétendre aux mêmes ambitions que les hommes.

Parce qu’au fond, Le Monde et plus encore parle aussi de cela : de la place des femmes dans un univers façonné par des règles qui ne sont pas les leurs. Galia doit constamment faire davantage, se battre davantage et prouver davantage simplement pour être considérée comme l’égale des autres capitaines. Cette dimension féministe apporte une vraie profondeur au récit et donne encore plus de force à son parcours.

J’ai également eu un énorme coup de cœur pour la « famille de choix » que construit le roman. L’équipage du Red Shell est sans doute l’un de mes aspects préférés de cette histoire. Chaque membre possède sa personnalité, sa place, son importance. Très vite, on cesse de voir un simple équipage pour découvrir une véritable famille choisie, unie par une confiance et une loyauté profondément touchantes.

Et puis il y a Nox… Entre lui et Galia, la tension est absolument délicieuse. Si vous aimez les vrais enemies to lovers (pour celles et ceux qui ne seraient pas adeptes de la romance, il s’agit d’un trope que l’on retrouve dans de nombreuses histoires, dans lequel l’opposition initiale se transforme progressivement en attirance), ceux où les personnages ont de vraies raisons de se détester avant d’apprendre à se comprendre, vous allez être servis.

Ici, on assiste vraiment à une combustion lente. Chaque échange, chaque regard, chaque geste fait évoluer leur relation avec beaucoup de subtilité. J’ai particulièrement aimé ces moments où Nox commence presque malgré lui à protéger Galia avant même de réaliser ce qu’elle représente pour lui. C’est exactement le genre de dynamique que j’adore lire.

Enfin, malgré son épaisseur, le roman possède un rythme étonnamment fluide. Les chapitres s’enchaînent, les révélations arrivent au bon moment et je n’ai tout simplement pas vu passer les sept cents pages.

Les mots auront toujours du mal à retranscrire tout ce que cette lecture m’a fait ressentir. Mais s’il y a une seule chose que je peux vous dire, c’est celle-ci : montez à bord du Red Shell. Laissez-vous porter par le vent, le sel et le chant de l’océan. Il y a de grandes chances que vous n’ayez plus envie d’en redescendre.

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

Laisser un commentaire