Chronique de Daemon – T. 2 Les Enfants d’Arès, de Vincent Brugeas (dessins et couleurs : Guillo, Toulhoat).
« Nous entrâmes en silence. Grâce aux indications de Tisamène, Daemon put neutraliser les gardes sans un bruit. Ils n’étaient que deux. Les enfants d’Arès se sentaient en confiance.
Nous avions pu découvrir toutes les atrocités dont ils étaient capables.
Des instruments de musique brisés avaient été entassés les uns sur les autres, tel un bûcher en devenir, à l’entrée du bourg… »
Vincent Brugeas, Daemon – T. 2 Les Enfants d’Arès, Éditions du Lombard, 2026, p. 16.
Motivations initiales
La lecture du premier tome – objet d’une chronique consultable ici – nous ayant laissé un bon souvenir, il n’y avait aucune raison de ne pas nous intéresser au deuxième épisode de cette aventure en Grèce antique, auprès des demi-dieux semés sans grandes précautions par leurs géniteurs insouciants…
Synopsis
Eugenios, le poète qui s’attache aux pas de Daemon en espérant en tirer un poème qui le rendra célèbre, se morfond depuis plusieurs jours. En effet, le demi-dieu, loin de guerroyer et de se couvrir de gloire au combat, dégage les accès d’un village des cailloux qui bloquent le chemin. Mais comme Kallista, qui s’est jointe au groupe, le fait remarquer à Daemon, cette action, dans sa trivialité, lui vaut la reconnaissance des habitants… depuis plus de trois jours, ses membres ne se changent plus en marbre !
Et puis Eugenios se croit finalement exaucé : deux hommes surviennent, menés par Laios, béotarque de Thèbes – un des magistrats de la cité -. Cette dernière, en effet, a été attaquée par une horde de barbares, accompagnés de molosses. Eugenios pense avoir enfin matière à alimenter son poème… jusqu’au moment où il découvre que le deuxième homme qui accompagne Laios n’est autre que Pindare, le célèbre poète !
Daemon et ses compagnons parviendront-ils à débarrasser la région de cette troupe brutale, et à libérer Thèbes ? Et, s’ils y parviennent, quel en sera le prix ? Car Daemon, désormais, l’a bien compris : tout ce que les dieux accordent vient toujours avec un prix à payer…
Avis
Il y a un truc que je n’ai pas compris tout de suite : comme dans une tragédie grecque, nous avons un récitant, qui est en l’occurrence notre poète, Eugenios. Ses interventions, qui nous donnent la trame narrative, sont écrites dans des cadres rectangulaires, avec une police bien particulière, et se distinguent des bulles, plus arrondies et avec une police un peu plus grandes, qui nous donnent les dialogues. Je ne l’avais pas saisi immédiatement et la lecture est devenue bien plus facile quand j’ai fini par réaliser…
Pour la deuxième fois – dans cette série, mais bien plus régulièrement si l’on comptabilise les autres séries dont Vincent Brugeas concocte les scénarios -, l’auteur prend un malin plaisir à souligner comment les hommes sont le jouet de ces dieux arrogants et indifférents à la vie humaine. Et, en effet, Arès, ici, a envoyé à Thèbes ce groupe qui se dénomme lui-même Les Enfants d’Arès, des combattants dotés de pouvoirs qui les rendent presque invincibles et accompagnés de créatures tout aussi terrifiantes.
Il faut toute l’ingéniosité de Kallista, toute la force de Daemon et tout l’art d’Eugenios et Pindare réunis pour faire face.
Le scénario, une fois encore, est joliment tordu. En effet, tout comme Arès avait dans le premier tome tenté de contraindre Daemon à se plier à sa volonté, le dieu a, cette fois encore, ourdi une machination… olympique !
Tout cela fonctionne encore parfaitement. La mécanique est diablement huilée, et, une fois encore, Arès parvient à emmener Daemon où il le souhaite. Mais notre demi-dieu n’est pas le seul à se trouver pris dans les filets d’Arès : ce dernier, cette fois-ci, a également fait en sorte d’embarquer dans sa machination sa demi-sœur, Athéna. Car l’objectif ultime, ce n’est pas Daemon, ce n’est pas Athéna ou Hermès… non, c’est bien Zeus qui est directement visé…
Je ne l’ai pas signalé, mais on est évidemment heureux de retrouver le très affectueux Diomède, ce chien dont on ne voudrait pas le croiser au coin d’un bois, au vu de sa taille et de son aspect imposant… mais qui n’en demeure pas moins un bon camarade !
Alors en route, direction Thèbes… et hauts les cœurs !
Pour en savoir plus
Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

