Aventures, Historiques

Maharajah

« Si les bizarreries de M. Blake contribuaient à me divertir, il était également l’ombre qui obscurcissait ma belle humeur renaissante. J’avais prévu de m’excuser de ma conduite du premier jour, mais son entêtement à m’ignorer et à employer l’hindoustani pour m’isoler avait eu tôt fait d’étouffer chez moi toute velléité pacificatrice. »

Miranda J. Carter, Maharajah, le cherche midi, 2017, p. 86.

Motivations initiales

Troisième livre reçu dans le cadre de la Team Thriller du Cherche Midi, et changement radical de lieu et d’époque ! Un voyage vers l’Inde, il y a 180 ans…

Synopsis

Calcutta, 1837. La Compagnie britannique des Indes orientales dirige le pays, y entretient une armée, fait et défait les raos, princes ou rois indiens.

William Avery, jeune sous-officier venu en Inde davantage par obligation que par choix – troisième enfant de la famille, il n’a pas d’avenir en Angleterre, et doit donc se faire un nom dans la Compagnie -. La seule chose qui l’attire réellement dans ce pays, ce sont les textes de Xavier Mountstuart, qui vient, justement, de faire scandale avec un livre plutôt sulfureux… Mais William est déjà dégoûté de Calcutta, et attend avec impatience une nouvelle affectation. Avec son seul ami, Frank Macpherson, il tue le temps : la seule chose qui le tienne en éveil, c’est la belle Helen Larkbridge… mais il n’est pas le seul à soupirer après elle !

Un beau soir, il est convoqué par le colonel Buchanan, qui lui confie une mission : accompagner Jeremiah Blake, agent spécial de la Compagnie, un original qui vit comme les autochtones, rebelle à l’autorité. Leur mission : retrouver Xavier Mountstuart, disparu dans la jungle, alors qu’il était à la recherche des thugs, ces adorateurs de Kali, déesse de la mort et de la destruction. En échange, Wiliam Avery est nommé lieutenant… et il est chargé de surveiller Blake, auquel l’institution ne fait pas totalement confiance : s’il mène à bien sa mission, il obtiendra l’affectation qu’il souhaite…

Avis

> L’avis de T

Quand on attaque un livre, on se forge d’abord une première impression à partir de l’aspect de la couverture, et du résumé proposé en 4e. Ici, la couverture attire l’œil, elle est très réussie ; les commentaires tirés de la presse anglophone (The Washington Post, The Guardian, The Financial Times) sont dithyrambique ; en 3e de couverture, on apprend que c’est son premier roman (elle avait, avant cela, publié deux autres livres, mais il s’agissait de livres d’histoire) ; enfin, le résumé, qui nous invite à plonger dans les mystères du sous-continent indien en 1837, sous la domination britannique. Tout cela est extrêmement attirant !

Ensuite, il faut entrer dans le livre. Et, parfois, ça ne se passe pas. Mais, ici, rien de tel. Dès les premières pages, on est à Calcutta. L’ambiance est poisseuse, lourde, le sentiment de supériorité des anglais vis à vis des populations locales est écrasant. On découvre William Avery, jeune, de mauvaise humeur, un brin arrogant. Et on découvre cette micro-société extrêmement hiérarchisée, essentiellement basée sur les apparences.

La première rencontre avec Blake est plutôt tendue… On voit face à face deux personnages que tout semble opposer : Jeremiah Blake, entièrement converti à la vie locale, évoluant comme un poisson dans l’eau au milieu des indiens, maîtrisant plusieurs langues locales, et remonté contre les britanniques, alors que William Avery méprise les autochtones, ne rêve que de retourner en Angleterre, déteste le pays… Et, naturellement, ils vont devoir faire équipe. Rien que l’association est déjà profondément romanesque !

Le narrateur, c’est William Avery. Pourquoi lui ? Parce que, on le sent rapidement, c’est lui qui va évoluer. Il va devoir se battre avec ce pays, abandonner ses certitudes, apprendre à dépasser ses a priori et les clichés colonialistes. Sa naïveté initiale est juste insupportable : il semble tomber la tête la première dans tous les pièges soumis à son intelligence.

Le résultat ? J’ai beaucoup apprécié cette lecture ! Non seulement il y a une enquête historique, mais, aussi, une forme de quête existentielle, pour William Avery qui va devoir se confronter à la mort (celle de son ami, Frank Macpherson), à la violence, aux dérives que peut provoquer le pouvoir, à la jalousie, à l’amour, aussi. Il va devoir passer au delà des généralités, des on-dits. Il va aussi devoir faire preuve de son courage.

Pour un premier roman, c’est, de mon point de vue, un coup de maître. Et, ayant découvert que la série Avery & Blake compte au moins deux autres tomes… il n’y a plus qu’à attendre qu’ils soient traduits en français ! Ou à les lire en anglais ?

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2 réflexions au sujet de “Maharajah”

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