Bandes dessinées

Geisha ou le jeu du shamisen – Première partie

« Mon père aimait raconter qu’il avait été samouraï dans son jeune temps. Quand le Japon s’est modernisé, les fiefs ont été supprimés et le pays a été divisé en préfectures. Les samouraïs, qui étaient jusque-là au service des seigneurs féodaux, n’avaient plus de salaire et la plupart ont sombré dans la pauvreté. »

Christian Perrissin, Christian Durieux, Geisha ou le jeu du shamisen – Première partie, Futuropolis, 2017, p. .

Motivations initiales

La cover, presque entièrement en noir et blanc, attire l’œil. Et quand vous ouvrez l’album pour avoir une idée de l’ambiance, les planches en noir et blanc ont également un côté attirant. Il n’y a pas de résumé en quatrième de couverture, il faut donc se lancer, ou pas. Nous nous sommes lancés !

Synopsis

Au début de cette bande dessinée, on découvre la famille Tsuda en marche vers la ville, ayant quitté le village où ils habitaient. Le père, ancien samouraï reconverti au commerce du bois, n’a pas réussi à sauver son commerce. Avec sa femme et ses deux filles, il espère s’en sortir mieux en ville. À son arrivée, il trouve à s’employer comme menuisier.

Mais un accident rompt le fragile équilibre qui s’était instauré. Pendant plusieurs semaines, peut-être des mois, il reste à l’hôpital, et lorsqu’il revient, Setsuko, l’ainée, découvre qu’il a perdu une jambe. Naturellement, il ne retrouve pas de travail, et finit par confier Setsuko à Mme Tsushima, tenancière de l’okiya du même nom.

Quel sera donc l’avenir de Setsuko ?

Avis

> L’avis de C

Je me rappelle avoir craqué pour cette BD il y a déjà quelques mois… Je me rappelle que les illustrations m’ont plu en quelques secondes et que l’absence de résumé sur la quatrième de couverture n’a fait qu’accroître ma curiosité…

Quand T m’a brièvement fait le bilan de sa lecture, je me suis dit que « ça n’allait pas du tout me plaire et que cette histoire ne me transporterait pas »… Mais j’ai bien fait de tenter l’expérience car une fois l’album ouvert – rappelez-vous, à côté d’obstination dans le dictionnaire, il y a ma photo -, je n’ai pas pu le refermer !

Pour commencer, j’ai vraiment aimé la finesse des dessins… Le choix du noir est blanc est excellent ! Ça donne un charme supplémentaire à l’histoire, j’ai l’impression qu’on se sent encore plus proche des personnages.

Tout comme T, je ne connais rien à l’histoire des geishas et j’avoue que ma vision du sujet était totalement erronée ! C’est passionnant, on apprend, on découvre et finalement on prend une belle leçon d’histoire en plus d’avoir passé un très bon moment pendant la lecture de cet album.

En conclusion, je conseille cet album aux curieux, aux amoureux des découvertes et aussi aux fans de la culture nipponne ! Pour ma part, je pense que je ne vais pas tarder à aller acheter la suite !

> L’avis de T

Cette bande dessinée était dans notre PAL depuis un moment déjà. Et j’avais, une première fois, essayé de la lire, mais je n’étais pas entré dedans. Pourquoi ? Je serais bien incapable de le dire. Aucune raison objective, mais, parfois, ce n’est pas le bon moment.

Mais cette deuxième tentative a été la bonne. Cette bande dessinée est tout à fait captivante ! Les dessins en noir et blanc retranscrivent une atmosphère en dégradés de gris : moi, ça me parle vraiment. Peut-être les trois/quatre premières pages comportent-elles un peu trop de notes de bas de pages, qui explicitent des mots en japonais, mais cela se ralentit très rapidement. Est-ce cela qui avait bloqué ma première lecture ? Je ne sais pas, mais je ne peux que vous conseiller de passer outre : cela en vaut le coup !

L’histoire est assez classique : une famille pauvre, qui ne parvient pas à boucler les fins de mois ; une tension croissante entre les parents, la mère reprochant au père de ne pas réellement vouloir s’en sortir ; l’accident comme mode d’intervention de la fatalité. Setsuko, quoi qu’il en soit, se retrouve plongée dans un monde qui n’est pas le sien, dont elle ne connait pas les codes, mais qui peut lui assurer une vie tranquille et préservée. Les motivations du père étaient-elles pures ? On ne le saura pas – l’histoire nous est racontée par Setsuko, nous n’avons donc pas accès à la vérité du père -.

Pour moi, et, j’imagine, pour un certain nombre de lecteurs, le monde des geishas est assez obscur. Et cette bande dessinée est l’occasion de toucher du doigt certaines de ses particularités. On s’imagine souvent, vu d’Occident, les geishas comme des espèces prostituées de luxe, choisies pour leur beauté, formées aux arts. Mais la réalité est bien plus complexe… et probablement pas totalement accessible avec nos « cadres de références ». En tout cas, cette lecture permet de mieux percevoir la ligne de démarcation qui existe entre les deux.

Enfin, je ne peux pas ne pas dire un mot des dessins. Je suis littéralement sous le charme. Il y a des variations de teinte, dans les gris, avec des effets d’un réalisme parfois sidérant – je pense par exemple aux silhouettes dans une rue par temps de brume, en page 24 -. Bref, mention spéciale pour les dessins !

La culture japonaise vous intrigue ? Vous avez plus de 18 ans – bon, on est quand même dans une maison de plaisir ! – ? Vous ne savez pas ce qu’est un shamisen ? Alors Geisha est pour vous ! Quant à moi, je vais vite aller regarder si la deuxième partie est déjà disponible…

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