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Livre

C’est à se demander pourquoi nous n’avons pas songé à faire du livre le premier des « objets » de cette rubrique. En effet, beaucoup de livres mettent en scène d’autres livres, dans une mise en abime intéressante. Mais mieux vaut tard que jamais…

À l’occasion de la révélation de la photo officielle d’Emmanuel Macron prise dans son bureau élyséen, tous les symboles ont été abondamment commentés, et, parmi ceux-ci, trois livres : Les mémoires de Guerre du général De Gaulle, ouvert, et deux autres, fermés, de la collection La Pléïade, Les nourritures terrestres d’André Gide et Le rouge et le noir de Stendhal.

Ainsi, le livre n’est pas qu’un objet, mais porte également une forte valeur symbolique. Symbolique de la connaissance, de l’étude, de la science, de la sagesse, notamment. On parle de Religions du livre, pour les trois religions monothéistes qui s’appuient sur un texte révélé, la Bible, le Coran, la Torah (que je classe ici alphabétiquement, si quelqu’un s’interroge sur l’ordre de cette liste…).

Le Grand Livre, c’est le recueil des lois, des principes qui dirigent la vie, des secrets divins auquel accède l’initié.

Cette symbolique du livre a été étudiée par de nombreux scientifiques. On peut ainsi retrouver, sous la plume d’Anne Coignard, dans « Le livre comme « objet investi d’esprit » » (2012), une analyse de ce que le livre fait à son lecteur, dans une perspective husserlienne ; Michel Melot a donné, en 2004, une conférence à l’Institut d’histoire du livre sur « Le livre comme forme symbolique » ; Michel Olyff, designer belge, a décrit dans « 1972 : le symbole du livre » (Communication et langages, n°13, 1972. pp. 55-61), le processus qui l’a amené à la création du logo de l’année internationale du livre (année 1972) ; Yvonne Johannot, s’est intéressée, pour sa part, à « L’espace du livre » (Communication et langages, n°72, 2ème trimestre 1987. pp. 41-48).

Tatjana Barazon analyse le livre comme « un symbole de la liberté créatrice de l’homme et de sa faculté d’exprimer ses émotions » (« Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce », Conserveries mémorielles, #5, p. 174-189). Martine Poulain, de son côté, s’est intéressée à « La Symbolique du livre dans l’art occidental, du haut Moyen Âge à Rembrandt » (Bulletin des bibliothèques de France, 1996, n° 2, p. 114-116) : elle signale les travaux de Michel Pastoureau et Judith Guéret-Laferté pour la période médiévale, de Rosamond McKitterick sur les manuscrits carolingiens, de Jean-Marc Chatelain sur les représentations du « livre du monde » dans les livres d’emblème et de François Dupuigrenet-Desroussilles sur l’évolution des représentations du livre dans le contexte curial, de Max Engammare sur les représentations de l’Écriture dans les Bibles illustrées du XVIe siècle et ceux de Christian Tümpel sur la représentation du livre dans l’œuvre de Rembrandt.

On le voit, le livre porte, en lui-même, une symbolique forte… il ne faut donc pas s’étonner que l’on retrouve régulièrement dans nos lectures des livres jouant un rôle important…

Le livre dans nos lectures

Parmi les grands classiques, on peut naturellement penser à Farenheit 451, de Ray Bradbury, ainsi nommé parce qu’il s’agit de la température à laquelle un livre brûle. Ray Bradbury, dans ce livre, décrit le poids et l’importance des livres et de la connaissance qu’ils renferment par l’absurde, puisque la société décrite fait de la lecture un acte anti-social, et des livres des objets interdits, qu’il faut détruire.

Dans un autre style, mais avec un discours qui n’est pas si éloigné, il y a naturellement le fameux Le nom de la rose, d’Umberto Eco, dans lequel Guillaume de Baskerville se retrouve confronté à une série de décès dans une abbaye… autour de livres interdits pour leur contenu considéré comme sulfureux.

Les magiciens se réfèrent souvent à de vieux grimoires – non, pas à ce fameux blog, comment s’appelle-t-il, déjà ? -, dans lequel se trouvent regroupés toutes les connaissances. Ainsi, on peut citer nombre de magiciens dans la littérature, de Pug, dans les ouvrages de Raymond E. Feist à Gandalf ou Saruman dans Le seigneur des anneaux, sans oublier, dans la série Harry Potter, tous les ouvrages de magie que les élèves de Poudlard se fournissent chaque année, le livre est partout dès qu’il est question de magie et de pouvoir. Et ce n’est évidemment pas un hasard si le tome 5 de L’Arcane des Épées, de Tad Williams, est intitulé Le livre du nécromant.

En revanche, changement radical de style et d’époque, avec la série de Steve Berry, mettant en scène Cotton Malone. Celui-ci est un ancien des services secrets américains reconverti en libraire spécialiste des livres rares et anciens au Danemark. Naturellement, il est en permanence rattrapé par son passé, mais son érudition est également mise à contribution. Ici, c’est le contraste de l’homme d’action qui cherche – et trouve – dans les livres ce que sa vie d’aventure ne lui a pas offert. Le livre marque une étape de la vie, en quelque sorte.

On retrouve également cette idée dans Le périple de Baldassare, d’Amin Maalouf. En effet, Baldassare, s’il s’engage dans le périple qui donne son nom au livre, c’est pour partir à la recherche d’un livre dans lequel est indiqué le vrai nom de Dieu. Mais, surtout, il relate son voyage dans un carnet de voyage. Et, ce qui n’est probablement pas un hasard, il perd deux fois son carnet, chaque perte marquant une étape de son voyage, mais, surtout, de son évolution, de son chemin de vie.

Naturellement, ces différents thèmes se retrouvent dans la littérature pour enfants et adolescents. Mais je n’en citerai qu’un, Le secret d’Endymion Spring, de Matthew Skelton, qui raconte l’histoire d’un étrange livre, « aux pages invisibles, écrit sur une peau de dragon », qui permettrait d’accéder au « pouvoir absolu, grâce à un savoir interdit ».

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