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Laurent Astier

Lorsque nous avons découvert La venin, nous nous sommes d’abord demandé si Laurent Astier était de la famille d’Alexandre. Quelques recherches rapides ont suffi à découvrir que non. Nous avons donc évité de lui poser la question, parce qu’on doit le lui demander régulièrement… Mais nous avons eu très envie d’en savoir davantage… alors nous lui avons demandé s’il accepterait de répondre à nos questions, et il nous a fait le plaisir d’accepter. Merci infiniment à lui !

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Chiffres

• Naissance : 9 novembre 1975
• Études : les arts appliqués au lycée et un BTS en image de communication, graphisme publicitaire
• Date de sortie de la première BD (chez Glénat) :
2002
• Principales dates de parution (pour les séries, premier épisode) :

  • CIRK : 2002
  • Gong : 2003
  • Aven : 2005
  • Cellule Poison : 2006
  • L’Affaire des affaires : 2009
  • Juin 40 : 2015
  • Face au mur : 2017
  • La Venin : 2019
Mots

1) Pour ceux qui ne vous connaissent pas, pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

Je suis auteur de bande dessinée professionnel depuis bientôt 18 ans. J’ai produit plus d’une vingtaine d’albums. Après une incursion dans l’anticipation, j’ai travaillé essentiellement dans le genre polar. Aujourd’hui, j’explore un nouveau genre, celui qui me faisait rêver enfant, le western !

2) Quels sont, a posteriori, les expériences les plus importantes dans votre parcours, et pourquoi ?

Chaque expérience est importante dans ma carrière. Elle constitue une des pierres à l’édifice.

Ma première série, CIRK, était une première étape qui devait se faire. Je devais rendre visible ce projet que je traînais depuis mes 17 ans et que je devais évacuer afin de grandir. Gong a été mon vrai premier album d’adulte. Aven a été un moyen de faire un bout de chemin avec mon frère et de le remercier de m’avoir laissé le copier, le plagier enfant avant de voler de mes propres ailes. Cellule Poison est peut-être une des étapes les plus importantes car c’est une série qui m’a fait atteindre une sorte de maturité en tant qu’auteur. L’Affaire des Affaires ou Juin 40 m’ont permis de découvrir d’autres manières de travailler, d’appréhender différemment le médium bande dessinée et le monde qui nous entoure. Face au Mur a été une expérience humaine intense qui mêlait autant ma vie d’homme que celui d’auteur. Et La Venin est un virage important dans ma carrière…

3) Vous travaillez parfois avec votre frère, Stefan. Est-ce plus facile ou plus compliqué ?

Ça a été très facile de travailler avec mon frère aîné car nous nous connaissons par cœur. Du coup, il n’y a pas d’entrave dans le dialogue entre nous. On peut se dire les choses, parfois même de manière très dure, très frontale, sans se fâcher. Et puis, nous avons rêvé ensemble de bande dessinée depuis notre plus tendre enfance. C’était presque normal que nous travaillions tous les deux à un moment ou à un autre de notre vie…

4) Comment choisissez-vous les sujets sur lesquels vous allez travailler ? Visiblement, parfois vous initiez un projet, parfois, vous êtes sollicité (par exemple pour BD Blues).

J’ai toujours travaillé de manière très instinctive. Pour les projets que j’initie, il y a toujours une évidence, une nécessité de faire tel ou tel projet. L’étape de maturation du projet est important, il y a un moment où tout devient clair, l’histoire, la mise en scène, le graphisme. Je ne sais pas vraiment analyser à quoi ça tient. Pour les collaborations, j’ai refusé beaucoup de projets depuis le début de ma carrière, en général parce que je ne le sentais pas.

5) Si vous deviez choisir une seule de vos productions, ce serait laquelle, et pour quelles raisons ?

Je choisirais évidemment La Venin car c’est le projet le plus abouti de ma carrière tant au niveau scénario que dessin. Mais j’ai toujours tendance à considérer que le prochain album, le prochain projet sera toujours meilleur que le précédent.

6) Vous semblez passer facilement d’un rôle à un autre (scénariste, dessinateur, coloriste) et d’un univers à un autre. S’agit-il du résultat d’opportunités, ou un goût pour le côté « touche-à-tout » ?

Je suis rarement à la recherche d’opportunités sinon ma carrière aurait été tout autre. J’aurais pu accepter des projets beaucoup plus commerciaux, j’ai déjà eu des propositions dans ce sens au cours de ma carrière. Mais, pour moi, l’envie doit venir du ventre, être une évidence.

Et puis, j’ai toujours eu envie d’explorer le médium au niveau du dessin, de la narration.

J’essaie d’être au plus près de l’histoire, de la servir au mieux quitte à tordre mon dessin, à inventer une grammaire particulière à chaque fois.

Et pourtant, quand je prend un peu de recul, j’ai l’impression de creuser un sillon, de suivre un chemin assez logique.

7) De la même façon, vous semblez avoir autant de one-shots que de séries courtes et de séries plus longues. Qu’est-ce qui détermine cela ?

Chaque histoire qui naît correspond à une forme particulière. Comme un romancier, certaines histoires sont faites pour devenir des nouvelles, d’autres des sagas. C’est inscrit dans l’ADN de l’histoire. Si on essaie de rallonger la sauce, le lecteur le sentira. J’essaie à chaque fois de trouver la forme la plus juste, la plus à même de raconter ce que j’ai en tête.

8) Si, finalement, la bande-dessinée ne vous avait pas rattrapé, que pensez-vous que vous feriez aujourd’hui ?

Si je n’avais pas eu le dessin, j’aurais essayé de travailler dans le roman, le cinéma. Car le désir premier est de raconter des histoires.

C’est ce qui m’anime depuis toujours.

9) Entre deux albums, que faites-vous ?

Il y a souvent peu de temps entre chaque projet, entre chaque album. Notre statut d’auteurs et les avances des éditeurs ne nous permettent pas de traîner en chemin, de nous poser pour réfléchir, de nous laisser le temps de faire des bilans, de savoir qui nous sommes à cet instant, de savoir ce que nous voulons. Comme nos héros de papier, nous sommes obligés de le faire dans l’action. Même les nouveaux projets sont développés en marge de nos albums en cours. Je rêverais d’un statut proche de l’intermittence pour pouvoir se poser, vivre des expériences, explorer de nouvelles voies pour être encore meilleurs après. Mais dans l’état actuel, ce n’est pas possible.

10) Vous devez être souvent approché par des jeunes dessinateurs qui vous demandent des conseils  pour se lancer dans la BD. Que leur répondez-vous ?

J’essaie de leur décrire la réalité du métier avec tous ses avantages et tous ses inconvénients, mais sans casser le rêve. Car le rêve est notre moteur !

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2 réflexions au sujet de “Laurent Astier”

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