Bandes dessinées, Westerns

L’odeur des garçons affamés

Chronique de L’odeur des garçons affamés, de Frederik Peeters & Loo Hui Phang.

« – Vous avez raison. Il existe des méthodes radicales pour éviter les révoltes et autres déconvenues.

– Du genre ?

– Le contrôle démographique. Car le principal problème c’est la reproduction. »

Frederik Peeters & Loo Hui Phang, L’odeur des garçons affamés, Éditions Casterman, 2016, p. 71.

Motivations initiales

J’ai repéré cette BD par pur hasard dans une librairie parisienne que j’affectionne. Apparemment, c’était un coup de cœur des libraires, alors comme je commence à les connaître un peu, je leur ai fait confiance et la BD a rejoint ma PAL ! 

Synopsis

1872. Ouest du Mississippi. Alors que la guerre de Sécession touche à sa fin, on envoie des hommes explorer de nouveaux territoires. Stingley, un géologue est en pleine prospection sur le territoire des Comanches, en compagnie d’Oscar, un photographe de Manhattan, et de Milton, un jeune garçon de ferme. 

Rapidement, le passé du photographe et du garçon de ferme les rattrapent… On a tous des choses à cacher et ce n’est pas facile de se faire oublier… Mais qui est cet étrange homme vêtu de noir de la tête aux pieds et à l’allure inquiétante qui suit le trio ? Que veut-il ? Comment lui échapper ? 

Avis

Un bien bel album qui nous emmène dans des contrées sauvages où la nature règne en maître et où les chevaux – des Mustangs – font trembler le sol lorsqu’ils détalent. Les planches représentant la faune et la flore sont absolument divines, on se délecte, c’est très détaillé, très précis et très efficace ! Les couleurs explosent au travers des pages. Sur le plan artistique c’est brillant, c’est vraiment du grand art ! 

Que dire de ce trio, qui parait franchement loufoque lorsqu’on le découvre, mais qui reste au final très énigmatique ? De nombreuses questions restent en suspens à la fin de cet album, et je dois vous avouer que je trouve ça assez frustrant ! 

Pour ce qui est du scénario, on balance entre le western et le fantastique, L’odeur des garçons affamés est inclassable, impossible de le ranger dans un rayon particulier. On a d’un côté une dimension presque ésotérique, avec les croyances des indiens, qui nous emmènent aux limites du fantastique, et, de l’autre côté, la volonté très terre-à-terre des hommes blancs d’étendre leur territoire, l’expansion économique, la lutte de pouvoir, inscrites dans la « mythologie » du western. C’est une rencontre – un choc ? – entre deux mondes qui sont totalement hermétiques l’un à l’autre mais qui sont très intéressés par ce que l’un et l’autre peut proposer. On prend également une belle leçon sur la question du désir. 

Si vous avez envie d’un moment d’évasion pour l’Ouest sauvage, une histoire d’indiens et également de balles de colts alors cette bande dessinée est pour vous ! Impossible d’en dire plus car je ne veux pas divulguer toute l’intrigue…

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