Médiéval fantasy

Le pacte du hob

Chronique de Le pacte du hob, de Patricia Briggs.

« Bien caché, le hob fit la grimace et colla ses oreilles contre son crâne.Ses sortilèges lui permettaient de comprendre leurs paroles, mais il connaissait la langue que massacrait le musicien. L’âme des humains n’était pas capable d’apprécier la vraie beauté, mais là, ils allaient loin. »

Patricia Briggs, Le pacte du hob, Bragelonne, 2021, p. 85.

Motivations initiales

Publication en poche chez Bragelonne d’un roman américain initialement édité en France par L’Atalante, Le pacte du hob nous promet une histoire dans laquelle la magie, longtemps bloquée par les mages de sang, revient. Pour savoir ce qu’est un hob et son pacte, pas quinze façon de faire…

Synopsis

Aren, qui vient de perdre son mari, voit ses dons de vue revenir, alors qu’elle les a masqués pendant des années. Le village est menacé par des maraudeurs, les peuples sauvages réapparaissent, que peut faire Aren ?

Accompagnée de son ami d’enfance, Kitt, un mercenaire revenu au village après avoir perdu un bras,  et de Wandel, un harpiste qui semble avoir bien d’autres capacités que celles de faire de la musique, Aren part vers le mont du hob. Qu’y trouveront-ils ?

Avis

Le premier point intéressant, dans cette histoire, c’est que le héros, qui nous raconte l’histoire, c’est Aren. Qui cumule deux handicaps – du point de vue des habitants de son monde et de son époque… mais serait-ce réellement différent aujourd’hui ? – : elle est un femme, et elle dispose de pouvoirs magiques, qui, jusqu’au retour de la magie, lui auraient valu le bûcher !

Elle se retrouve donc doublement exclue. Peut-être peut-on regretter que, face à elle, le personnage masculin central, Kitt, n’ait qu’un bras : on aurait aimé la comparer à un homme « entier »…

Dotée d’un esprit de sacrifice particulièrement notable, elle décide de se dénoncer elle-même. Mais, heureusement, le nouveau curé s’avère plus ouvert d’esprit que le précédent.

Du coup, ce livre est également l’occasion d’une réflexion sur ce que la peur fait aux croyances. Ici, typiquement, parmi les pires ennemis d’Aren, du fait de ses pouvoirs, on retrouve notamment tous ceux qui, dans le village, ont eux-mêmes été contraints de dissimuler leurs propres dons. Jalousie ou simple habitude de devoir masquer leur appartenance au groupe de ceux qui ont des dons, ils se retrouvent dans le camp des plus « intégristes »… et cette réflexion n’est pas neutre, de nos jours…

L’histoire fonctionne plutôt bien. C’est agréable à lire, les amateurs du genre s’y retrouveront sans problème, on a quelques belles idées, les relations entre Aren et le hob sont sympa à suivre. Les monstres sont également plutôt bien vus, et l’auteure contourne assez intelligemment la question du bien et du mal, qui apparait rapidement comme n’étant pas la question centrale.

On est donc, vous l’aurez compris, dans de la fantasy de bonne tenue. Évidemment, à ceux qui place la rationnalité au-dessus de tout, passez votre chemin ; pour les autres, que diriez-vous d’une excursion en montagne ? Nous avons repéré un petit itinéraire du côté du mont du hob qui devrait vous plaire…

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