Aventures, Médiéval fantasy

La lyre et le glaive – T. 1 Diseur de mots

Chronique de La lyre et le glaive – T. 1 Diseur de mots, de Christian Léourier.

« – Je ne suis l’ennemi de personne.

Un autre moment de silence, ponctué d’un tressaillement imperceptible à chaque élancement, puis :

– J’ai toujours nourri l’espoir que cela ferait de moi l’ami de tous. Ça a été très dur d’admettre que je me trompais. »

Christian Léourier, La lyre et le glaive – T. 1 Diseur de mots, Éditions J’ai Lu, 2021, p. 300-301.

Motivations initiales

Vous le savez, chez Ô Grimoire, nous recevons un certain nombre de livres de nos éditeurs partenaires, mais nous aimons également aller flâner en librairie et nous laisser surprendre, au détour d’une couverture, d’un résumé qui donne envie… Ce livre avait rejoint notre PAL en début d’année, notamment parce qu’il n’est pas si courant que le personnage principal d’un roman de fantasy soit un barde…

Synopsis

Le Solkstrand est dirigé par un hartl, Skilf Oluf’ar. Depuis la forteresse de Solksborg, il protège son territoire des prétentions et dans ambitions de ses voisins, faisant régner l’ordre avec sévérité.

Ainsi, le jour où le pont de Storbir, malgré la protection du dieu Gangyr, s’effondre sous la pression de l’eau en pleine débâcle, son gardien, Waard, risque sa vie. Pourquoi ? Parce que si le pont s’est effondré, c’est forcément qu’il n’a pas su s’attirer les bonnes grâces du dieu, et que cela fait perdre d’importants revenus à la seigneurie.

Mais la défense de Waard est toute trouvée : ce ne sont pas ses prières et ses soins à Gangyr qui ont été défaillants, mais le diseur de mots qui a provoqué l’effondrement du pont. Car parmi les diseurs de mots, il y a les guérisseurs, les conteurs, mais il y a également ceux dont les paroles ont force de loi. Et Kelt semble bien être de ceux-là…

Mais qui est donc ce Kelt, un errant qui semble plus vieux que son âge apparent ? D’où vient-il et que cherche-t-il exactement ? Et qui est cette Æsa dont il semble chérir le souvenir ?

Avis

Ainsi que je le signalais précédemment, il n’est pas si courant que le personnage principale d’un roman de fantasy soit un barde. Les joueurs de jeu de rôle le savent, ce n’est pas forcément le personnage le plus simple à jouer, au moins tant qu’il n’a pas fait ses preuves et acquis quelques pouvoirs.

Ici, Kelt est déjà un personnage de bon niveau. Mais son don exige qu’il soit particulièrement vigilant, car il ne peut dire que la vérité. Ainsi, non seulement il ne peut pas recourir – ce qui est parfois si pratique – à la simplicité du mensonge pour se tirer d’un mauvais pas, mais, surtout, tout ce qu’il dit devient forcément la vérité. Il doit donc surveiller toutes ses paroles !

Kelt fait rapidement la rencontre de Fille-farouche – Varka -, membre des Helgi, un peuple nomade de forgerons. Elle se défie autant de lui que lui d’elle, même s’ils sont tous les deux conscients que cette défiance est notamment alimentée par une attirance qu’ils ne contrôlent ni l’un ni l’autre.

Kelt se retrouve emporté par les événements. Skilf Oluf’ar, qui, lui aussi, se méfie de lui, le charge de missions lointaines, autant pour l’éloigner que pour mettre à profit ses compétences. Voilà donc Kelt sur les routes, en compagnie d’Hòggni, mercenaire du peuple Horsto, puis, rapidement, de Varka.

Les dieux, la magie, le savoir, l’amour : autant de dangers, autant de raisons de se méfier. Car si Kelt et Varka doivent avoir un enfant, c’est le monde entier qui risque de trembler sur ses bases. Mais le monde est déjà fragilisé par l’apparition d’une nouvelle divinité, un dieu unique qui remet déjà en cause toute l’organisation des peuples…

On retrouve dans ce premier tome tous les mécanismes de la fantasy, maniés avec aisance et élégance par Christian Léourier. Kelt n’a pas demandé à porter un tel poids sur ses épaules ; Varka non plus.

Tout cela fonctionne bien. Les personnages sont riches, ils composent avec leurs failles, leurs blessures, leurs doutes, et cela les rend humains et attachants. On les regarde évoluer sous nos yeux, on s’intéresse à leur sort, et cela fait de cette lecture un très bon moment, que je recommande à tous les amateurs du style !

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