Chronique de Rien que le froid, de Florian Dennisson.
« – […] Tu sais ce que ça veut dire, Théo ?
– Pas vraiment, je ne suis pas expert en rituels meurtriers, ironisa-t-il.
– Allez, Théo, tu m’as habituée à mieux, ça fait presque dix ans que t’es dans les faits divers.
Siana marqua une pause pour accroître l’effet de ce qu’elle allait dire.
– Il va recommencer, lâcha-t-elle dans un souffle. »
Florian Dennisson, Rien que le froid, L’oiseau noir, 2025, p. 48.
Motivations initiales
J’ai eu l’honneur de faire partie du jury du Prix Psy’Polar, dont Rien que le froid était l’un des romans en lice. Je dois l’avouer : je ne connaissais pas encore Florian Dennisson. Cette lecture constituait donc une découverte totale… et quelle découverte !
Synopsis
Tout commence par une vidéo aussi glaçante qu’énigmatique. Une femme y annonce sa mort probable, avant que les images ne dévoilent une scène d’une violence insoutenable. Ce qui pourrait n’être qu’une mise en scène macabre devient bientôt le point de départ d’une série de crimes particulièrement sordides.
Chargés de l’enquête, le capitaine Janssen et le commandant Drezen s’intéressent rapidement à Siana, une ancienne journaliste profondément marquée par la disparition de sa sœur. Celle-ci est morte quelques années plus tôt, alors qu’elle participait au tournage d’une émission de survie dans un environnement extrême.
Mais lorsqu’un bijou ayant appartenu à la disparue est retrouvé sur l’une des victimes, passé et présent se rejoignent de manière inexplicable. Pour comprendre ce qui relie ces meurtres à un drame survenu à des milliers de kilomètres, les enquêteurs vont devoir démêler les mensonges, les blessures familiales et les manipulations. Une quête de vérité qui les conduira jusqu’au cœur d’une nature aussi grandiose qu’impitoyable.
Avis
J’ai dévoré ce thriller en quelques heures. Florian Dennisson m’a pris la main pour m’entraîner dans son histoire… avant de m’appuyer la tête sous l’eau et de me faire passer toute ma lecture en apnée !
Rien que le froid réunit tout ce que j’aime dans un thriller : des manipulations, des secrets de famille qui nourrissent véritablement l’intrigue et une nature omniprésente. Ici, elle ne sert pas simplement de décor. Elle devient une menace à part entière, imprévisible et hostile, qui rappelle sans cesse aux personnages leur fragilité.
Chaque chapitre fait monter la tension et nous entraîne un peu plus profondément dans un véritable labyrinthe. La plume est mordante, le récit nerveux et les rebondissements multiples, sans donner l’impression d’être artificiellement accumulés. L’auteur maîtrise son rythme et sait parfaitement où interrompre ses chapitres pour nous empêcher de poser le livre.
Seul petit bémol : le dénouement m’a semblé arriver un peu vite. J’aurais aimé que les dernières révélations puissent davantage se déployer. Mais Florian Dennisson est tout de même parvenu à me surprendre — et, dans un thriller, c’est exactement ce que j’attends !
Une très belle découverte, donc, et un auteur que je vais désormais suivre de près. Ce roman mérite clairement d’être lu… et avouez que cette couverture et ce jaspage sont absolument dingues !
Connaissiez-vous Florian Dennisson ? Et dans un thriller, qu’est-ce qui fonctionne le mieux sur vous : les secrets de famille, les manipulations psychologiques ou les décors hostiles ?

