Jeunesses, Livres jeunesses

Quelques minutes après minuit

« On n’écrit pas sa vie avec des mots. On l’écrit avec des actes. Ce que tu penses n’est pas important. C’est ce que tu fais qui compte. »

Patrick Ness, Quelques minutes après minuit, Folio Junior, 2016, p. 184.

Motivations initiales

Le hasard fait bien les choses, dit le proverbe. En tout cas, c’est bien le hasard qui m’a donné envie de lire ce livre, dont la couverture m’avait attiré l’œil…

Synopsis

Conor a 13 ans. Il habite avec sa maman, alors que son père est parti et habite désormais, avec sa nouvelle femme et sa nouvelle famille, aux États-Unis. Mais, depuis un moment, sa maman est malade. Gravement malade.

Et Conor fait un cauchemar. Un terrible cauchemar. Jusqu’au soir où l’if du jardin d’à côté se transforme en monstre, qui lui dit être venu parce qu’il l’a appelé. Et qui va lui raconter trois histoires, en échange desquelles Conor devra lui raconter son histoire à lui, sa vérité.

Avis

> L’avis de C

Avant de commencer sa lecture, on ne peut être que touché par l’hommage que rend Patrick Ness à Siobhan Dowd, emportée par la maladie et qui avait eu l’idée de cette histoire.

Ce qui est magique dans ce livre, c’est que petits et grands trouveront un message caché au fil de la lecture, un message magique, touchant, époustouflant mais malgré tout très triste. Car oui, comment un enfant impuissant peut-il réagir face à la maladie qui emporte sa mère ? Bref, vous l’aurez compris, le message qui ressort de ce livre c’est l’acceptation de la mort.

J’ai aimé la relation qui se crée entre le jeune Conor et l’arbre. L’idée de l’arbre venant raconter trois histoires au jeune garçon a un côté très philosophique je trouve.

L’histoire est rythmée, le style est percutant avec, pourtant, de la douceur, énormément de douceur. Mais même si la douceur est présente, on ne sort pas indemne le récit nous saisit, nous brise et enfin nous fait renaître petit à petit. On verse des larmes, on se surprend à sourire, une très belle découverte.

Un livre nécessaire, un livre intelligent, percutant, sensible, pour petits et grands afin de comprendre ce qu’est la perte d’un être cher : « Je suis passé dans la pièce à côté ».

> L’avis de T

Comment un enfant peut-il réagir à la maladie de ses parents – ici, de sa maman ? Et, surtout, au regard que les autres posent sur lui, en sachant ce qu’il traverse ? Comment peut-il gérer la colère, face à l’injustice ?

La question est évidemment terrible. D’autant que, dans sa préface, Patrick Ness nous raconte dans quelles circonstances il en est venu à écrire ce roman, sur une idée originale de Siobhan Dowd, une auteure de littérature de jeunesse et militante des droits de l’homme décédée à 47 ans d’un cancer du sein. Le décor est planté.

Quel est alors le rôle de cet if, de ce monstre ? Que faut-il comprendre de ces trois histoires qu’il vient raconter à Conor ?

Émouvant, ce livre nous fait partager la solitude de cet enfant qui se retrouve obligé d’affronter trop tôt la dureté de la vie. Une des choses qui excèdent Conor, c’est l’attitude des adultes, qui lui passent tout et renoncent à le punir, quoi qu’il fasse, comme si la situation devait lui permettre de bénéficier d’un passe-droit.

Bref, une réflexion intelligente, touchante et forte sur des questions que nous sommes tous susceptibles d’avoir à affronter…

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