Aventures, Espionnage, Thrillers

Traque en océan Indien

Chronique de Traque en océan Indien, de François Morizur.

« Lorsque l’enfant sortit, il laissa la place à un homme jeune, moins de la trentaine, qui vint s’asseoir à la droite du malek. Le thé était brûlant et très sucré. Les hommes burent en silence. L’Afghanistan était, entre autres, le royaume de la patience. Celle-ci était d’autant plus exacerbée que le sujet était important. Tout en observant l’assemblée, chacun sirotait doucement sa boisson. »

François Morizur, Traque en océan Indien, Éditions Pierre de Taillac, 2018, p. 68.

Motivations initiales

Les Éditions Pierre de Taillac nous avaient proposé de découvrir les aventures de Patrick Michel, le pacha du commando de Penfentenyo – l’un des sept commandos marine de la Marine nationale, rattachés au Commandement des opérations spéciales. Nous avions déjà lu le premier tome, Mission Buthacus, il était temps de s’intéresser au suivant !

Synopsis

Après avoir participé à la libération de son frère, victime de pirates, on retrouve Patrick Michel, toujours au commando de Penfentenyo. Après avoir pris part à la libération d’une journaliste prise en otage par des islamistes, voilà les commandos marines embarqués dans une opération en plein océan Indien, comme le titre l’indique.

En effet, le Messager, un dignitaire de l’État islamique, s’est mis en tête de faire main-basse sur tout le trafic de l’héroïne d’Afghanistan. Une opération complexe, qui nécessite non seulement de parvenir à décapiter à la fois les différents groupes qui contrôlent la production, mais également d’assurer le transport des cargaisons interceptées vers Zanzibar, île tanzanienne à l’est de l’Afrique.

Les services de renseignement français et américains savent que quelque chose doit se passer, mais personne ne sait précisément quoi. Déployés pour une opération de surveillance et de renseignement, il va falloir aux commandos sous les ordres de Patrick Michel tout le professionnalisme dont ils sont capables, mais aussi une bonne dose d’intuition pour démêler les fils de cette histoire…

Avis

> L’avis de T

On retrouve avec plaisir Patrick Michel et ses hommes dans cette nouvelle aventure. Les cinquante dernières pages sont véritablement haletantes, décrivant l’assaut final mené par des Seals américains et par le commando de Penfentenyo, pour prendre le contrôle d’un navire.

L’histoire est bien ficelée : on suit en parallèle l’opération de surveillance des commandos et l’opération des membres de l’État islamique. On y gagne en compréhension ce que l’on perd en suspense : en effet, bien que nous soyons les seuls à savoir ce qu’est réellement le but de l’opération, on se demande tout de même comment nos militaires vont se sortir d’affaire !

C’est efficace, même si, de temps en temps, on se perd un peu dans la description des opérations les plus techniques – j’avoue, je ne saurais pas dessiner le plan du navire pris d’assaut, et certaines choses m’ont échappé. Mais cela reste très lisible, néanmoins !

Non, le seul véritable bémol, pour ma part, c’est que, dans les cent cinquante premières pages en particulier, il y a un foisonnement de sigles qui montrent que l’auteur maîtrise son sujet, mais qui n’apportent pas forcément grand-chose à la lecture – si ce n’est d’éviter, sans doute, que les connaisseurs ne puisse critiquer. D’autant que certains de ces sigles sont traduits directement dans le texte, avec l’indication du nom développé, d’autres sont explicités en notes de bas de page, d’autres enfin paraissent dans le glossaire – qui occupe tout de même trois pages en fin d’ouvrage. Et puis… certains ne sont pas expliqués du tout. Ainsi, page 45, on trouve l’indication d’un TCD. Mais c’est quoi un TCD : je n’ai trouvé nulle part dans le livre ? Sauf erreur de ma part, cela pourrait être un Transport de chalands de département, et cela semble désigner le Tonnerre, dans le livre… mais le Tonnerre, douze pages plus tôt, nous était présenté comme le BPC Tonnerre ! BPC, pour Bâtiment de projection et de commandement. Alors, évidemment, si ça se trouve, un TCD peut être également, lors d’une opération donnée, un BPC… mais il faudrait nous le dire. Ou pas, en fait, parce que certains de ces sigles, en fait, ne nous servent à rien, si ce n’est à hacher la lecture. Parce que je vous évite ici les JVN, les FFDJ, les CJSOTF, les RCIED, les VLRA, le JSOC, le CENTCOM, les MANUSOM, COMINT, AMISON et ALFUSCO…

Ces sigles – et pourtant, j’en emploie moi-même un certain nombre tous les jours, G, dont vous avez fait la connaissance lors de ses récentes chroniques, s’amuse toujours de ma « siglomanie »… auraient sans doute pu, au moins partiellement, être nettoyés, et bénéficier d’un traitement identique. Mais bon, cela n’enlève rien au reste de l’histoire. Au pire, on en zappe quelques-uns…

Toute la première partie du livre prend place en Afghanistan, et présente l’intérêt de nous faire découvrir un peu comment fonctionne ce pays qui nous parait tellement éloigné. Cet aspect du livre est vraiment intéressant. De même, l’auteur n’hésite pas à mettre en scène des hasards malheureux, sans se sentir obligé de donner forcément un happy end à ces rebondissements. La vraie vie, quoi.

Alors, pourquoi ne pas faire, en profitant de ces vacances, un petit détour par l’océan Indien ?

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