Essai

Le courage des autres

Chronique de Le courage des autres, de Hugo Boris.

« Une femme noire aux ongles cassés sort sa fiche de paie à côté de moi. Je coule un regard, attrape le mot « Hôpital » dans l’en-tête du document, et tout en bas, le salaire net : 686€. »

Hugo Boris, Le courage des autres, Éditions Grasset, 2020, p. 103.

Motivations initiales

J’ai reçu cet essai dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle. J’avoue qu’il m’intriguait beaucoup… Pourquoi ? Tout simplement car le sujet traité – relater ce dont on est témoin dans les transports en île de France est assez rare. Et surtout comme je suis une des petites fourmis parisiennes qui prend le RER ou le métro chaque jour, je me suis dit que j’allais forcément revivre certaines situations décrites dans cet ouvrage !

Synopsis

Il y a quinze ans, Hugo Boris passait sa ceinture noire de karaté. Le soir même de sa consécration sportive, il est témoin d’une violente altercation entre voyageurs dans le RER, paralysé par la peur, il n’intervient pas et se contente de tirer le signal d’alarme avant de tenter de s’enfuir.

Fasciné par ce manque de courage, il va alors recueillir sous forme de cahier différentes situations dont il va être témoin ou directement impliqué dans les transports en commun d’Île de France.

Avis

Au commencent de cet ouvrage, je me suis dis que ce type était un véritable couard… Il raconte être un maître en art martiaux, être à même de mettre hors d’état de nuire quiconque et n’importe quand. Mais voilà, son gros problème c’est qu’il prend la tangente lorsqu’il est témoin de scènes de cris dans les transports en commun.

Au fur et à mesure de ma lecture, je me rends compte que ce type n’est pas un lâche, bien au contraire… il ne réagit pas différemment de la plupart d’entre nous face à un clochard en pleine crise, une racaille qui fume son joint dans la rame avec la musique à fond ou face à un pervers qui tente d’importuner une jeune femme et que derrière ce portrait sans concession qu’il fait de lui-même chacun d’entre nous peut se voir à travers lui.

Le courage des Autres nous met face à nos peurs, face à des situations que l’on rencontre au moins une fois dans notre vie lorsque l’on est un habitué des transports en commun. Mais élément le plus important, cet essai soulève aussi un fait de plus en plus visible dans nos comportements, l’individualisme. En effet, l’individualisme caractérise de plus en plus la société dans laquelle nous évoluons et nous pousse même à faire en sorte que l’on ne se sente pas concerné ou bien que l’on mette des oeillères lorsque nous sommes témoins de choses choquantes.

Ça se lit vite, ça se lit bien et surtout ça bouleverse le lecteur, que feriez-vous si demain vous êtes le témoin d’une scène choquante voire violente ?   

5 réflexions au sujet de “Le courage des autres”

    1. Oui, j’avoue que quand tu prends les transports parisiens chaque jour, tu te retrouves dans ce qu’il écrit ! Mais pour moi le problème de fond reste l’individualisme qui est de plus en plus présent dans notre société !

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  1. Le sujet est fort intéressant ! Quand un événement survient, tu as beau être grand et fort, rien ne dit qu’une arme quelconque ne va pas sortir d’un chapeau et menacer ton intégrité physique, détruisant au passage ta vie ou celle de ta famille ! Et d’un autre côté, on aimerait tellement avoir le courage de prendre la défense des plus faibles… dilemme courant ! Et qui nous sert aussi à nous auto-persuader qu’on a fait le bon choix en restant à l’écart…

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