Aventures, Bandes dessinées, Drame, Fantastiques

Shi – T. 4 Victoria

Chronique de Shi – T. 4 Victoria, de Zidrou et Homs.

« La guerre ? Une maîtresse que l’on rejoint en chantant… Et que l’on quitte en pleurant. »

Zidrou et Homs, Shi – T. 4 Victoria, Dargaud, 2020, p. 28.

Motivations initiales

Voici une série que vous avez probablement déjà vu passer sur notre blog et dont il est peut-être inutile de vous rappeler que nous en sommes fans… elle permet – entre autres – de côtoyer la mort le temps d’un album, sans risque qu’elle nous fauche !

Synopsis

Pendant que le commissionnaire Kurb mène l’enquête, à la recherche des deux femmes et du vieil asiatique, dans la famille Winterfield, les secrets continuent à prospérer et provoquent leur lot de violence – Octavius, diminué par une ancienne blessure, a demandé à sa femme de coucher avec Trevor, son frère, qui se trouve être le père des enfants ; ce dernier, amoureux de Camilla, n’en peut plus de dissimuler la vérité… -.

La reine Victoria, pour sa part, prépare la guerre. Elle veut reprendre le pouvoir aux États-Unis, en punissant les 13 colonies qui ont arraché leur indépendance à Georges III, en 1783. Pour cela, elle fait construire, dans le plus grand secret, des cuirassés, qui doivent aller porter le feu de l’autre côté de l’Atlantique.

Mais, aidées par le gang des Dead Ends, qui, eux, veulent venger Pickles, les deux femmes vont compliquer le jeu feutré des intrigues politiques…

Avis

> Avis 1

Rien à dire, je suis toujours autant fan de l’univers créé par Zidrou et Homs. C’est diablement efficace ! Durant plus de cinquante pages, on ne respire pas, on enchaine les situations plus périlleuses les unes que les autres ou bien on joue avec la mort. Aucun temps mort pour cette intrigue, à toutes les pages, on découvre la noirceur des personnages ou à l’inverse les liens d’amitié solides et sans failles qui ont pu se créer pour pallier la dureté de la vie. Et puis, reconnaissons-le, lire chez ces héroïnes un tel désir de réduire à néant l’Empire britannique, cela flatte bien l’esprit français… !

Côté dessins, c’est encore un carton plein, des couleurs sombres, un fond verdâtre, tout est fait pour nous mettre dans l’ambiance morose de cette intrigue. Ce que j’aime le plus c’est sans nul doute les détails des tatouages dans le dos des deux filles et du vieillard, c’est ultra-réaliste.

Ce tome 4 m’a agréablement surpris, il est très affuté, avec un humour un peu gras et des punch-line qui m’ont décroché un petit sourire en coin !

Une histoire prenante, une intrigue sans faille, un dessin qui nous fait retenir notre souffle tout au long de l’album, tout est vraiment réuni pour que cette série vous plaise !

Seul bémol ? Les albums sont bien trop courts à mon goût et attendre le prochain tome est un supplice !!!

> Avis 2

Ce quatrième tome clôt le cycle 1, mais il le clôt sans le clore vraiment. En effet, d’innombrables pistes sont ouvertes pour la suite, d’une part, et on nous laisse avec beaucoup d’interrogations, qui contribuent, comme cela a été dit juste au-dessus, à nous laisser dans un état d’impatience difficile à supporter !

La dimension un peu « ésotérique » de l’intrigue – ces démons asiatiques qui font irruption dans une Angleterre terre-à-terre, rationnelle et davantage préoccupée d’armes, de guerre et d’économie que de religion et de mythologie – demande parfois de simplement se laisser emporter par l’histoire.

La peinture de cette société qui s’affiche comme corsetée et « propre », mais qui autorise, du moment qu’on ne les aperçoit que du coin de l’œil, toutes les dérives les plus malsaines, est d’une grande efficacité. La condition des femmes, reléguées au rang de faire-valoir, est brillamment mise en lumière. Et cette illustration de la rupture totale entre les classes dirigeantes, qui évoluent dans l’opulence, et les masses pauvres, qui souffrent en silence, constitue une belle critique sociale.

Dans ce tome, c’est la reine d’Angleterre qui est plus particulièrement visée. Elle est bien plus présente que dans les tomes précédents, et c’est elle qui prend des décisions… définitives, sans paraître en porter le poids moral. C’est, du coup, directement à elle que nos héroïnes s’attaquent.

Les dessins, enfin, sont toujours aussi percutants. Une totale maîtrise, dans le trait, dans les teintes, dans les couleurs…

Alors, à quand le deuxième cycle, que nous ayons quelques réponses supplémentaires à nos questions ?

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