Aventures, Bandes dessinées, Fantastiques

Thorgal – T. 8 Alinoë

Chronique de Thorgal – T. 8 Alinoë, de Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski.

« Je suppose que tous les enfants ont parfois envie d’être méchants avec leurs parents, mon chéri. Mais les forces qui t’habitent font de toi un petit garçon redoutable. »

Jean Van Hamme et Grzegorz Rosinski, Thorgal – T. 8 Alinoë, Éditions du Lombard, 1985, p. 25.

Motivations initiales

Nous poursuivons, chez Ô Grimoire, une remontée dans le temps à chaque relecture d’un nouveau tome de Thorgal. Ici, nous voilà ramenés dans les années 80, avec, au dos de la bande dessinée, une étiquette d’époque… en francs !

Et puis, comme nous le disions pour le tome précédent, ce tome est encore consacré au sujet de l’enfance, ici avec Jolan, le fils de Thorgal et Aaricia, qui, comme beaucoup d’enfants manquant de compagnie, s’invente un ami imaginaire…

Synopsis

Depuis que Thorgal et Aaricia ont fait le choix de s’installer sur une île déserte, pour pouvoir « vivre en paix », Jolan n’a comme seule compagnie que celle de Muff, le chien de la famille. Et cela lui pèse : un jour, alors que Thorgal vient de s’absenter pour aller chercher sur le continent de la farine et des vêtements chauds, il interroge Aaricia sur les raisons pour lesquelles ils ont choisi de vivre là, et il lui fait part de son souhait d’avoir un ami, ou alors un petit frère ou une petite sœur.

Le lendemain, alors que Jolan et Muff sont partis pêcher, Aaricia voit Muff revenir seul. Inquiète, elle part chercher Jolan, et, quand elle le retrouve, découvre qu’il porte au poignet un bracelet qui n’est pas à lui. Elle l’interroge : c’est un garçon, Alinoë, aux cheveux verts, qui lui aurait donné. Aussitôt, Aaricia se met à craindre que d’autres hommes aient débarqué sur l’île et, décidée à en avoir le cœur net, demande à Jolan de rester à la maison, tant qu’elle n’est pas revenue.

Jolan lui dit alors qu’il a inventé toute l’histoire. Le bracelet, il l’a trouvé dans le sable… Rassurée, Aaricia l’autorise à aller se baigner à la cascade, mais elle est aussitôt intriguée par le fait qu’il veut y aller seul, et pas avec Muff…

Avis

On sait depuis le tome précédent que Thorgal n’est pas exactement un homme ordinaire, puisqu’il est en réalité le descendant d’une civilisation venue des étoiles, et présentant certaines capacités inconnues. Et, en transmettant son sang et ses gènes à Jolan, il lui a visiblement en même temps transmis certains des pouvoirs du peuple des étoiles.

Mais quelle est exactement l’étendue de ces facultés ? Comment Jolan peut-il les maîtriser ? Tout cela demeure inconnu.

On voit donc ici se développer deux réflexions parallèles. Le premier fil tourne autour de la difficulté qu’il y a, pour un enfant, à être « différent » : ici, Jolan est isolé physiquement, mais il se sent également différent des autres enfants qui, eux, ont en général des frères et sœurs, des amis. Et cet isolement physique, parce que ses parents ont fait le choix de vivre isolés sur une île déserte, ne fait que préfigurer l’isolement qui sera le sien dans la société, compte tenu des pouvoirs qui sont les siens, et qu’il lui faudra très probablement dissimuler.

Le deuxième fil, lui, tourne autour de la difficulté qu’il y a à comprendre et à maîtriser ses propres capacités. Jolan, je le disais, se sent seul. Il rêve d’avoir un ami, avec qui partager ses jeux, ses joies, ses journées (je n’avais pas prêté attention, au début, que, comme Jolan, ces mots commencent tous par la lettre j… mais, finalement, même si c’est un hasard, cela tombe bien !). Sauf que les rêves peuvent devenir réalité, et, parfois, s’avérer être des cauchemars, si on ne les maîtrise pas.

S’il fallait donner un bémol pour cet album, ce serait que la résolution de l’aventure est particulièrement rapide et pas très explicite. Page 46, Jolan se trouve dans une situation peu enviable, disons-le ainsi pour ne pas spoiler. Et, miraculeusement, en deux pages (l’album se termine page 48), tout est résolu, grâce à l’arrivée de Thorgal. Celui-ci, qui partait au tout début de l’album, revient juste là, mais il sait précisément quoi faire, et la seule raison qui nous est donnée, c’est qu’il a entendu la peur de Jolan l’appeler (la citation exacte : « Je sais, Jolan. J’ai entendu ta peur m’appeler »). Bon. Ce doit être un effet de ma rationalité exacerbée – et probablement excessive -, mais cela me semble un petit peu court comme explication…

Mais je ne boude pas mon plaisir. J’aime cette série, même dans ses petites imperfections. Et vous, m’accompagnerez-vous vers cette île déserte, retrouver Thorgal, Aaricia et Jolan ?

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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