Dark romance

Vermelho – T. 1 & 2

Chronique de Vermelho – T. 1 & 2, de Marina M.L.

« Tu ne comprends pas, Nica…, chuchote-t-il, presque anéanti. Tu m’as mis à genoux dès le premier jour. Je sauterais de n’importe quel appartement en feu pour toi. Je tuerais pour toi. »

Marina M.L., Vermelho – T. 2, Plumes du web, 2026.

Motivations initiales

Vermelho était le choix de septembre de notre book club. Et autant vous dire que je n’ai pas boudé mon plaisir : lorsqu’on me propose une dark romance, je réponds rarement non !

Synopsis

Red est un tueur à gages dont la réputation n’est plus à faire. Lorsqu’une nouvelle mission le conduit à Rio de Janeiro, il pense connaître les règles du jeu : identifier sa cible, exécuter son contrat et repartir sans laisser de traces.

Mais avant même de découvrir l’identité de la femme qu’il doit éliminer, Red passe une nuit avec elle dans l’effervescence du carnaval. Cette inconnue n’est autre que Veronica Ribeiro, dite Nica, une redoutable trafiquante d’armes qui règne sur son organisation avec une autorité incontestable.

Dès lors, le contrat se transforme en piège. Contraint d’obéir pour protéger ceux auxquels il tient, Red se retrouve pris entre son commanditaire, sa cible et une attirance qu’il ne parvient plus à ignorer. De son côté, Nica n’a aucune intention de se laisser abattre — ni de révéler facilement les blessures dissimulées derrière son pouvoir.

Dans un monde gouverné par la violence, les alliances fragiles et les fidélités incertaines, leur affrontement pourrait aussi bien causer leur perte que les obliger à combattre ensemble.

Avis

Avec Vermelho, Marina M.L. nous propose une dark romance qui connaît parfaitement les attentes du genre et sait les exploiter : du danger, des personnages moralement très discutables, une attirance explosive et des rapports de force permanents. C’est sombre, intense et terriblement efficace.

Mais soyons très clairs : cette duologie est destinée à un public averti. Cartels, meurtres, violences, traumatismes et domination composent un univers brutal, dans lequel les personnages ne s’embarrassent pas beaucoup de morale. L’atmosphère est parfois suffocante, mais elle participe pleinement à l’immersion.

Mon premier très bon point revient à Veronica. Quel plaisir de découvrir une héroïne qui ne gravite pas autour du pouvoir d’un homme, puisqu’elle se trouve elle-même au sommet ! Nica dirige son réseau, impose ses décisions et n’attend absolument personne pour venir la sauver. Elle peut rivaliser avec tous ceux qui l’entourent et ne perd rien de sa puissance face à Red. Enfin une femme véritablement dangereuse, capable de tenir tête aux hommes sur leur propre terrain : respect !

Le premier tome privilégie clairement la tension et l’affrontement. La relation entre Red et Nica se construit dans un climat de menace constante, où chacun avance masqué et cherche à comprendre le jeu de l’autre sans dévoiler le sien. Leur attirance ne fait jamais disparaître le danger : elle l’accentue. À cela s’ajoute une intrigue faite de trafics, de manipulations politiques, de contrats et de personnalités influentes qu’il serait particulièrement risqué de contrarier.

Ai-je anticipé une grande partie des révélations ? Oui, très clairement. Pourtant, cela n’a pas diminué mon plaisir. J’ai aimé repérer les indices, élaborer mes hypothèses et voir progressivement les différentes pièces trouver leur place. La satisfaction ne venait donc pas uniquement de la surprise, mais aussi de la manière dont l’autrice construisait son jeu et préparait ses coups.

Le deuxième tome adopte une dynamique sensiblement différente. L’action reste présente et l’intrigue poursuit naturellement ce que le premier volume avait engagé, mais le récit devient plus intérieur. Marina M.L. ralentit légèrement pour regarder derrière les armures : elle explore davantage les traumatismes, les émotions et les failles que Red et Nica s’efforçaient jusque-là de dissimuler.

Ce changement de rythme m’a convaincue, notamment parce qu’il permet de mieux comprendre Veronica après les révélations du premier tome. Sa vulnérabilité ne vient jamais annuler sa force : elle lui donne au contraire une nouvelle épaisseur. On découvre la femme derrière la cheffe de réseau, sans que le personnage soit soudainement adouci ou privé de ce qui le rendait si charismatique. Et c’est exactement ce que j’espérais.

Les deux volumes fonctionnent ainsi comme les deux faces d’une même histoire. Le premier nous saisit par son énergie, ses dangers et ses luttes de pouvoir ; le second approfondit les liens, les blessures et les conséquences de tout ce qui s’est joué. Pris séparément, ils n’auraient sans doute pas eu le même impact. Ensemble, ils offrent un récit plus équilibré qu’il n’y paraît.

La plume est fluide, le rythme maîtrisé et les longueurs suffisamment rares pour que l’on reste plongé dans cet univers. Vermelho ne révolutionne peut-être pas les codes de la dark romance, mais la duologie les maîtrise et les porte grâce à une héroïne qui change agréablement des figures féminines que l’on rencontre trop souvent dans le genre.

En bref : une dark romance sombre, addictive et efficace, qui fait parfaitement le travail. Une première partie sous haute tension, une seconde plus intime et, surtout, une Veronica Ribeiro qui ne demande à personne la permission d’occuper le sommet !

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