Bandes dessinées

La Voie du glaive – T. 2 Le Légionnaire

Chronique de La Voie du glaive – T. 2 Le Légionnaire, de Vincent Brugeas, Emmanuel Herzet et Benoît Dellac.

« Il s’est mis à dos les mauvaises personnes. Il aimait jouer aux dés aussi… enfin perdre surtout. Se mettre à dos des patriciens véreux, c’est pas malin, mais leur devoir de l’argent, c’est encore pire. Spurius n’a pas eu d’autre choix que de rejoindre un ludus. C’était ça ou… enfin… »

Vincent Brugeas, Emmanuel Herzet et Benoît Dellac, La Voie du glaive – T. 2 Le Légionnaire, Éditions du Lombard, 2026, p. 29.

Motivations initiales

Ayant lu et apprécié le tome 1 (la chronique est ici), il était assez logique – même trois ans plus tard – de s’intéresser à ce tome 2. Que sont donc devenus les Frères furieux ?

Synopsis

Après s’être mis à dos le Légionnaire, qui s’est posé en protecteur de Coré, celle qui règle les plaisirs à Ravenne, les Frères Furieux se sont entraînés. En effet, ayant constaté que deux gladiateurs, rompus aux jeux du cirque mais non au combat, ne font pas le poids face à un vétéran, ils ont décidé de se préparer pour un prochain face-à-face.

Cet entrainement porte ses fruits, puisque les voilà sélectionnés pour aller tenter leur chance à Rome. Mais le Légionnaire leur en laissera-t-il le temps ?

Titia, la petite amie de Sutura, travaille pour Coré. Mais, n’aspirant plus qu’à filer le parfait amour avec son gladiateur, elle refuse la mission d’extorquer à Varius des renseignements. Chacun intrigue pour son propre profit : Coré veut régner sur Ravenne, Le Légionnaire veut se débarrasser des Frères Furieux et éliminer toute concurrence potentielle dans son domaine, Varius veut se débarrasser à la fois des Frère Furieux, et en particulier de Sutura, pour s’approprier Titia, mais également du Légionnaire, bien trop fort pour lui.

Qui survivra à cette lutte entre bêtes sauvages ?

Avis

Le scénario, je pense qu’il est légitime de commencer par là, est fourbe à souhait. Pratiquement tous les personnages cherchent à tirer un profit des situations qui se présentent, quitte à piétiner les autres. Certains semblent même trouver que, s’il y a une occasion de nuire à autrui en même temps que de se pousser en avant, en réalité, c’est encore mieux, bien plus jouissif. Autant vous dire que cette histoire transpire de bons sentiments et de franche camaraderie.

Ainsi, le Légionnaire entend bien se débarrasser de Lento et Sutura. Varius, pour sa part, souhaite essentiellement garder Titia pour lui-même, et il est prêt véritablement à tout pour parvenir à ses fins. Quant à Coré, elle incarne tout sauf la pauvre victime innocente : elle n’hésite pas à jouer les uns contre les autres, en se servant d’un bouc émissaire pour s’assurer que chacun joue bien le rôle qu’elle leur a assigné, et pour les dégâts collatéraux… eh bien elle s’en fiche éperdument !

C’est donc dans cette magnifique ambiance de complot et d’intrigue que chacun navigue… à vue ! Personne ne peut compter sur personne. Faire confiance, à qui que ce soit, ce n’est tout simplement pas la bonne façon de survivre !

Pourtant, même dans cette atmosphère de suspicion permanente et généralisée, l’amour parvient encore à fleurir. Un peu. Bon, il faut jouer des muscles pour lui permettre de survivre, mais certains y parviennent.

En revanche, je n’ai pas d’autre choix que de revenir sur une chose que j’avais signalée dans la chronique du premier tome. J’avais alors signalé que les personnages étaient reconnaissables. J’avoue, j’ai sensiblement plus galéré pour ce deuxième tome. Mais je pense que c’est en partie lié au temps qui s’est écoulé entre les deux albums. Je suggère donc à celles et ceux qui avaient déjà lu le premier tome de le relire, avant d’attaquer ce deuxième opus. Il y a notamment plusieurs planches, dans une taverne, pour lesquelles je m’y suis repris à plusieurs fois, pour tenter de comprendre qui était qui autour de la table (et d’un case à une autre, je n’ai pas réussi à définir avec certitude si on retrouvait les mêmes personnages autour de la même table).

Pour profiter à plein de ce scénario solide, je vous recommande donc de relire le tome 1 avant celui-ci et, si cela ne suffit, de vous assurer les services d’un bon physionomiste. Non, je plaisante… mais seulement à moitié.

Alors, pas de discussion, prenez votre glaive et direction Ravenne ! Si vous avez de la chance, vous survivrez… peut-être !

Ah, pssssttt ! Attention, cet album est sorti en début d’année, et le tome 3 en août. Même si l’on n’a pas de détails sur « les turbulences » qui ont entouré ce deuxième tome et qui sont évoquées dans les dédicaces, on comprend bien qu’il y a eu quelque chose. Mais, ça y est, c’est reparti !

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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