Bandes dessinées, Historiques

L’ambulance 13 – Cycle 1 (tomes 1 et 2)

« J’ai fait la Marne, la Somme, l’Argonne et le toutim mais, blague à part et sans vous offenser, je voudrais pas êt’ à vot’ place ! »

Alain Mounier, Patrice Ordas, L’ambulance 13, tome 1, p. 5,  Grand angle, 2014.

Motivations initiales

Bien que je n’ai jamais été fanatique de bandes dessinées, celle-ci m’est tombée entre les mains par hasard, au détour d’un rayon. Et, dès le premier coup d’oeil, une évidence : j’ai acheté le tome 1.

La rencontre avec le lieutenant Bouteloup : magique, touchante, riche de découvertes, pour moi qui n’aimait pas la bande dessinée…

Synopsis

Le 1er janvier 1916, le lieutenant Jean-Charles Bouteloup, récemment diplômé en médecine, rejoint sur le front son unité du service de santé, l’Ambulance 13. Il arrive pour remplacer un autre lieutenant, tué en opération. La petite équipe de l’Ambulance 13 le reçoit fraîchement : il faut le temps de se découvrir. Rapidement, le lieutenant Bouteloup découvre l’environnement : le service de santé est dirigé par un commandant qui n’apprécie guère son autonomie, et qui est en relation avec des ennemis politiques de son père, médecin militaire de haut rang et député.

Il apprend à connaître ses hommes, rencontre la soeur Isabelle – alors que l’on suit à distance la vie parisienne menée par Emilie, son amie -, et il opère. Envoyé avec la mission de ramasser les blessés en première ligne, il prend l’initiative de négocier une trêve sanitaire avec un officier allemand, ce qui lui sera abondamment reproché par la suite, mais lui vaut aussi le respect de ses hommes et une réputation de courage.

L’histoire est également l’occasion de rappeler comment la médecine a progressé, confrontée aux membres arrachés par les obus ou les mines, aux terribles blessures de ceux que l’on appellera ensuite les « gueules cassées ».

La série

Dernier tome paru : le tome 7, cycle 4 (le tome 8 n’est pas encore annoncé). Une chronique sera consacrée à la série complète.

Avis

> L’avis de C

Est-ce parce qu’il est rebelle à toute autorité, et en particulier à celle de son père, lui aussi dans l’armée, que l’on se sent aussi proche du lieutenant Bouteloup ? Au fil des aventures et des tomes, on apprend à le connaître, à l’aimer, et à découvrir ses compagnons de galère, qui se battent comme de beaux diables sur les différents fronts. « Verdun, j’y étais… », comme disaient les Poilus.

En tout cas, on prend un immense plaisir à l’accompagner, à le voir tomber amoureux, à le voir s’attacher à ses « gars », frères d’armes et camarades de tranchée et à le regarder se débattre contre ses doutes et ses angoisses.

Le dessin est d’une grande finesse, très réaliste, et la vérité historique est respectée puisque, soulignons-le, le service historique de La Défense et le directeur des archives hospitalières de l’armée du Val de Grâce ont collaboré avec les auteurs.

> L’avis de T

Le sujet est cru, la violence est présente à toutes les pages. Pourtant – ou à cause de ? – ce contexte participe à rendre encore plus fort les relations humaines, entre le lieutenant Bouteloup et ses hommes, mais aussi vis-à-vis d’Isabelle, dont le charme ne le laisse pas insensible.

Le dessin rend remarquablement la rigueur de l’hiver, notamment en utilisant des tons bleutés. Et cela rend d’autant plus ridicule les luttes de pouvoir qui se jouent loin des champs de bataille, et dans lesquelles le père du lieutenant semble se complaire.

Bref, une histoire forte, glaçante. Importante pour préserver la mémoire de ce conflit…

Ambulance 13

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