Historiques, Roman

La cathédrale de la mer

« Arnau et Joanet eurent l’impression que leur dos, pourtant collé au mur de la vieille église, vibrait du rugissement jaillissant des gorges des hommes qui avaient tiré sur les cordes pendant des heures. Beaucoup se laissèrent tomber au sol. »

Ildefonso Falcones, La cathédrale de la mer, Edition Pocket, p. 141, 2009.

Motivations initiales

Parfois on sait pourquoi on a été attiré par un livre, mais parfois, c’est plus flou. Dans le cas de celui-ci, je ne sais pas dire ce qui m’a vraiment incité à l’acheter : le prénom de l’auteur, Ildefonso, qui est déjà tout un voyage ? Le sujet, autour de la construction, à Barcelone, de Santa Maria del Mar, la « cathédrale de la mer » ? La période historique, le Moyen Âge ? Je ne sais pas, mais je sais que je ne regrette pas…

Synopsis

1320, en Catalogne. Un mariage, dans une ferme : Bernat Espanyol épouse Francesca, jolie jeune fille d’un riche paysan de la région. Les réjouissances battent leur plein, lorsque la troupe du seigneur Llhorenç de Bellera, qui réclame d’abord à boire, puis à manger, avant de réclamer en vertu de son droit de déflorer la mariée. Il exige ensuite que Bernat aille remplir son devoir de mari, afin qu’il ne puisse lui être reproché un éventuel bâtard. Bernat retrouve sa jeune épouse prostrée, mais se voit contraint de la violer une seconde fois, sous le contrôle d’un soldat.

Quelques mois plus tard, Arnau est né. Les relations entre les époux ne se sont guère améliorées : Francesca est indifférente, presque absente. Mais un détail scelle le destin : Arnau a un grain de beauté près de l’oeil, le grain de beauté des Estanyol. En effet, si Arnau est bien le fils de Bernat, que peut-on penser de la virilité du seigneur ? La rumeur grandit, et ses camarades commencent à se moquer ouvertement de Llhorenç de Bellera.Celui-ci fait alors enlever Francesca et son fils, et les retiens au château.

Un mois plus tard, toujours sans nouvelles, Bernat interroge un apprenti du seigneur, qui finit par l’emmener à la forge, où Bernat retrouve son fils, quasi-mort de faim : sa mère, lui apprend l’apprenti, est empêchée de venir le nourrir par les soldats. Bernat tue l’apprenti qui tente de l’empêcher de l’emmener avec lui, et s’enfuit, jusqu’à Barcelone. Il sait qu’un serf qui réussit à habiter un an et un jour à Barcelone sans être arrêté gagne la liberté.

Dans Barcelone, le père et le fils sont séparés : ayant fait appel à d’anciens voisins devenus de riches artisans, ils sont hébergés, mais pour éviter d’être reconnus, Arnau habite la maison des maîtres, jusqu’à ses neuf ans. Mais un nouveau drame remet en question cet arrangement. Ils finissent enfin par obtenir le fameux sésame.

Arnau rencontre Joanet, avec qui il découvre la ville. Ce dernier lui présente sa mère – mais elle est emmurée à vie pour avoir été surprise commettant l’adultère. Arnau interroge alors son père sur sa propre mère, qui lui répond que, à tous les enfants qui n’ont plus de mère, Dieu en donne une autre, la Vierge Marie. Arnau se met alors en quête de cette Vierge Marie.

Comme la construction de Santa Maria del Mar, « bâtie par et pour le peuple » vient de commencer, Arnau se met à suivre le travail de la confrérie des tailleurs de pierre. Et cela va être le début d’une incroyable ascension…

Avis

> L’avis de T

Il s’agit d’un gros livre. Un très gros livre : en édition de poche, il fait tout de même 809 pages. Mais ce sont 809 pages d’aventure, de suspense, d’espoir, de tristesse, parfois.

Il y a d’abord une dimension historique : les descriptions de la Barcelone du XIVe siècle, de son ghetto juif, de la construction de la cathédrale sont extrêmement précises – l’auteur a, d’après la notice, travaillé à cet ouvrage pendant 10 ans… -, de même que celle des tensions, voire des violences à l’encontre des juifs.

Et puis il y a ces tailleurs de pierre, dont la motivation, l’abnégation, le courage sont tout simplement sidérants : ils sont l’humanité même.

J’ai adoré suivre l’histoire de Bernat et d’Arnaud, qui s’étale sur une période de 46 ans (Bernat, qui a 27 ans au début du livre, en a 63 lorsque le roman se termine). J’ai tellement aimé que j’ai lu le roman suivant d’Ildefonso Falcones, Les révoltés de Cordoue, dont je parlerai un autre jour…

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