Nouvelle

Retourner à la mer

« Décidément l’Homme avilit tout, emprisonne et humilie des dauphins devant la mer, alcoolise les Indiens, exhibe des ours polaires par quarante degrés à l’ombre. »

Raphaël Haroche, Retourner à la mer, Gallimard, 2017, p.163-164.

Motivations initiales

La personnalité énigmatique du chanteur et le mystère qui rôdent autour des paroles de ses chansons ont été de solides atouts pour entamer la lecture de ce recueil de nouvelles.

Synopsis

Un colosse, vigile dans les salles de concert, et une strip-teaseuse, au ventre couturé de cicatrices, partagent une histoire d’amour… L’employé d’un abattoir sauve un veau de la mort et le laisse seul dans l’usine fermée pour le week-end… A sa sortie de l’hôpital, un homme part se reposer dans le Sud avec sa vieille maman… Trois adolescents livrés à eux-mêmes entendent un bruit inconnu qui pourrait bien être celui de la fin du monde… Tous ces personnages prennent vie en quelques phrases, suivent leur pente et se consument. Il suffit d’un contact, peau contre peau, d’un regard, d’une caresse, pour racheter l’humanité. Raphaël Haroche nous décrit dans un style fin et épuré les états d’âme d’êtres malmenés.

Avis

> L’avis de C

Raphaël est pour moi un mystère, une énigme… Son talent incontestable à la guitare sèche et à l’harmonica m’a toujours semblé fascinant…

La fascination se poursuit jusque dans les paroles de ses chansons – certes il ne détrônera jamais Gainsbourg, mais quand même… – les mots employés sont cinglants, poignants, violents et me touchent en plein cœur.

Bref, quand ce recueil de nouvelle est tombé entre mes mains, je me suis dit qu’il fallait que je le lise rapidement et que ça devait être somptueux…

L’auteur nous prend sous son aile durant la lecture de treize nouvelles. Treize nouvelles indépendantes mais au final liées, quelquefois même entremêlées. Plus on tourne les pages et plus le spleen nous envahit – si vous n’avez pas le moral ou si vous remettez votre vie en question, ce n’est pas le livre à lire en priorité, passez votre chemin ! -. Les nouvelles de Raphaël sont prenantes, poignantes, brutes mais également élégantes et pleines de poésie.

La plume de l’auteur est délicate, fine et amène le lecteur – sans que celui-ci s’en doute – à se questionner sur sa vie mais également sur le monde qui l’entoure… C’est profond, si bien que lorsque l’on referme le recueil on ne sait pas immédiatement comment donner son avis de façon claire et précise… il faut d’abord le digérer !

J’ai beaucoup aimé la finesse de certaines nouvelles en particulier le dernier des pères et retourner à la mer – certainement parce qu’elles trouvent un écho en moi -, alors que d’autres m’ont paru extrêmement longues – quand bien même elles ne font pas plus de dix pages – et complétement loufoques. Du coup, alors que certaines des nouvelles paraissent trop s’étirer, au contraire celles que l’on apprécie semblent, elles, trop courtes, et me laissent sur ma faim : on n’a pas le temps de s’attacher aux personnages alors même que l’on aimerait les découvrir un peu plus… C’est tout le danger du format du recueil de nouvelles !

Au final, un brin d’ennui, de nombreux questionnements, de la poésie fine et délicate, certes j’ai aimé mais ce n’est pas un immense coup de cœur comme je l’avais espéré et imaginé ! Moralité : il ne faut jamais trop en attendre d’un livre avant de l’avoir ouvert : c’est souvent le meilleur moyen de se préparer une déception, même lorsque le livre est, en réalité, tout à fait réussi !

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