Aventures, Espionnage, Livres jeunesses

Connexions secrètes

Chronique de Connexions secrètes, de Lucas Courage.

« Mon père m’avait expliqué que la guerre électronique était la menace principale du XXIe siècle. En causant moins de morts, bien entendu, que les guerres mondiales, ce fléau pouvait provoquer des dégâts considérables et mettre un pays à terre. Faure se crasher des avions, bloquer des aéroports, mettre en danger les banques, les entreprises. La France était menacée au plus haut point. Le Président devait mobiliser ses meilleurs éléments pour éviter le carnage. »

Lucas Courage, Connexions secrètes, Scrinéo, 2019, p. 50.

Motivations initiales

Livre proposé par Babelio lors d’une masse critique privilégiée, pourquoi ne pas aller découvrir ce qui se cache derrière ? Et, après tout, cette histoire d’adolescent qui, avec son père, ancien agent secret, se retrouve à lutter contre un réseau terroriste, cela peut être intéressant…

Synopsis

Lucas Courage est le fils de Jean, ingénieur dans une entreprises leader des satellites mais aussi ancien agent secret, retiré des affaires depuis que, lors d’une mission, sa femme a été tuée. Pendant cette même mission, son fils, Lucas, s’est retrouvé doté d’un pouvoir spécial, celui de prendre le contrôle de tout dispositif électronique.

Lucas a 15 ans lorsque, avec son père, il se retrouve sur la route du ravisseur qui vient d’enlever le Président des États-Unis, en visite en France. Ils parviennent à intercepter le kidnappeur et à faire capoter l’enlèvement, ce qui leur vaut d’être reçus par le Président de la République, qui en profite pour remettre Jean dans le circuit : en effet, la France est l’objet d’attaques informatiques particulièrement inquiétantes, dont l’origine semble être un pays avec lequel les relations diplomatiques sont suspendues, le Shahistan.

Direction le Shahistan, alors. Dans l’hôtel de luxe où ils sont logés, Lucas retrouve cependant une camarade de classe, Manon, dont il tombe secrètement amoureux. Mais, rapidement, les sentiments passent au second plan : un scientifique française est enlevé, Lucas repère les kidnappeurs, mais Jean, Lucas, Manon et sa maman Laetitia, journaliste au Globe, sont à leur tour capturés…

Avis

> L’avis de T

J’aime beaucoup la littérature pour adolescents… quand elle est intelligente. C’est à dire qu’elle se construit autour d’une véritable histoire, et que le fait d’écrire pour des ados amène l’auteur(e) a faire l’effort de simplifier la syntaxe, mais pas les enjeux – ni psychologiques, ni en termes de crédibilité.

Ici, eh bien, comment dire ? Qu’il s’agisse d’une aventure imaginaire, avec même un zeste de science-fiction, soit, pas de problème. Mais cela n’interdit pas, pour le reste, de s’en tenir à des choses crédibles. Des terroristes qui, lorsqu’ils vous capturent, vous bandent les yeux mais ne vous attachent pas les mains ? J’y crois pas. Et, lorsque Lucas, utilisant son super-pouvoir pour déstabiliser les terroristes en faisant en sorte que la voiture dans laquelle ils sont tous rassemblés accélère et ralentisse, les terroristes, alors qu’ils voient, sont bringuebalés et se cognent partout, alors que leurs prisonniers, les yeux bandés, ne subissent, eux aucun dégât… Moi, je n’y crois plus quand on est autant dans l’à peu près. Et puis, pour en surajouter une dernière couche, les dialogues sont peu crédibles. Le comité de défense stratégique de la France lors duquel on parlerait de virus « terrible » ou épouvantable », entre les experts : que veut-on nous faire croire ?

Autre exemple, Lucas parvient, grâce à son pouvoir, à mettre la main sur les identifiants de l’ordinateur du savant enlevé et tué. Soit. Mais son père, qui ne fait plus partie des services depuis une bonne dizaine d’années, parvient tout de même à convaincre un geek de la DGSE d’aller trifouiller dans l’ordinateur en question, sans poser aucune question. De qui se moque-t-on ?

L’histoire de terroristes est en réalité sans grand intérêt ; l’histoire sentimentale avec Manon est cousue de fil blanc. Bref, on est très très loin de la série des Langelot, dont le Lieutenant X avait su faire un vrai héros, plein d’humour, mais dont les histoires recelaient toujours une trame nette, ou de James Adams, l’un des protagonistes de la série CHERUB, de Robert Muchamore. Dans les deux cas, la différence tient pour moi au fait que l’on n’a pas cherché à simplifier à l’extrême les situations.

Alors, certes, cela se lit facilement – mais il ne manquerait plus qu’en plus ce soit illisible ! Mais là où on aurait pu faire œuvre de pédagogie – il y a de quoi faire, autour des questions de cybersécurité qui, désormais, concernent tout le monde -, ou sur ce que sont les hackers – en évitant les clichés, et en montrant, par exemple, ce que sont les black hats, grey hats, white hats -, on pouvait imaginer tellement mieux !

Inutile de dire que je n’ai pas adhéré… pour moi c’est une lecture à oublier, et que je ne proposerai pas à Bébéchat…

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