Biographies & autobiographies, Drame, Témoignages

Le consentement

Chronique de Le consentement, de Vanessa Springora.

« À quatorze ans, on n’est pas censée être attendue par un homme de cinquante ans à la sortie de son collège, on n’est pas supposée vivre à l’hôtel avec lui, sa verge dans la bouche à l’heure du goûter. De tout cela j’ai conscience, malgré mes quatorze ans, je ne suis pas complètement dénuée de sens commun. De cette anormalité, j’ai fait en quelque sorte ma nouvelle identité. »

Vanessa Springora, Le consentement, Éditions Grasset, 2020, p. 112-113.

Motivations initiales

J’ai reçu cet ouvrage dans le cadre du Grand Prix des Lectrices Elle. En toute honnêteté, je pense que si je ne l’avais pas reçu, je n’aurai pas acheté cet essai. Ça peut vous paraître un peu bizarre mais ce type d’ouvrage me met très mal à l’aise…

Synopsis

La petite V avait tout pour être heureuse et pourtant… Ses parents se séparent et dès lors, son père est aux abonnés absents. Pour elle, c’est tant mieux car elle a sa mère pour elle seule. Sa mère est belle, drôle, c’est un modèle pour la petite V. Seule petite ombre au tableau, la petite V doit partager sa maman avec les nombreux amants de cette dernière.

Mal dans sa peau, moquée par certains de ses camarades de classe, la petite V se sent moche et inutile, jusqu’au jour où elle rencontre le temps d’une soirée le célèbre écrivain G. Il la regarde, lui sourit et pour la première fois elle se sent exister.

G lui fait la cour, G est follement amoureux de sa « belle petite écolière », son « enfant chérie ». V est prête à se donner corps et âme à G malgré le qu’en dira-t-on.

Se développe alors une relation toxique qui donne lieu à une enfance brisée et un corps souillé. V connaîtra deux phases importantes lors de cette relation, l’emprise et la déprise, tout cela avec l’approbation familiale.

Comment se reconstruire ? Comment vivre avec ?

Avis

> L’avis de C

Une écriture simple mais efficace. On sent que l’auteure a besoin de raconter/retracer ce qui s’est passé pour exorciser ce qu’elle a subi. Les mots employés dans cet essai transpirent la culpabilité que ressent Vanessa Springora suite à ce qu’elle a vécu mais également l’empreinte qu’a laissé, sur elle & dans son quotidien, l’écrivain.

Pour moi, lorsque j’ai refermé ce livre, j’ai ressenti que l’auteure menait une « quête » pour trouver la paix intérieure & également un besoin de communiquer autour de ce qu’elle a vécu pour dire que les abus de confiance existent dans tout les milieux…

Ce livre appelle à la révolte, forcément. On ne peut qu’être révolté face à cette sordide histoire. La première chose qui m’a révolté, c’est l’attitude et le comportement de Gabriel Matzneff, c’est un tordu – mais cela je pense que nous sommes désormais nombreux à le savoir ! – ; la seconde chose qui m’interroge/me révolte, c’est le rôle qu’on joué les parents de Vanessa Springora dans cette affaire. Certes, le père est absent mais la mère… la mère cautionne et va même jusqu’à inviter l’écrivain à dîner chez elle ou bien encore lorsque sa fille lui dit qu’elle veut le quitter, elle demande à celle-ci si elle est sûre d’elle car l’écrivain l’adore ! Je trouve cela comparable, voire encore pire que l’attitude de l’écrivain vis-à-vis de cette jeune fille, comment peut-on laisser son enfant dans cette situation ?

C’est dérangeant, déroutant, écœurant mais obligatoire… Obligatoire car cela ne devrait plus jamais arriver.

1 réflexion au sujet de “Le consentement”

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