Policiers

Regrets éternels

Chronique de Regrets éternels, de Pieter Aspe.

« Il laissa ses pensées le ramener vers le passé et ces temps héroïques qu’il avait connus. Mais les choses étaient allées de mal en pis : rien d’étonnant, avec des dirigeants aussi mous… Comment les citoyens pouvaient-ils l’être moins ? L’Empire romain, jadis si puissant, avait fini par péricliter. Il en irait de même de la civilisation occidentale… Les gens avaient besoin d’un exécutif fort… »

Pieter Aspe, Regrets éternels, Le Livre de Poche, 2019, p. 32.

Motivations initiales

Connaissez-vous Pieter Aspe, et son héros récurrent, le commissaire Van In ? Regrets éternels est le 18e tome de cette série, et je ne pense pas que plus de 3 ou 4 m’aient échappés. Rien d’étonnant, donc, à ce que ce nouvel opus ait rejoint ma PAL… en attendant tous ceux qui restent à traduire (encore à peu près autant…) !

Synopsis

Pieter Aspe – nom de plume de Pierre Aspeslag – est un auteur belge, de langue néerlandaise. Né à Bruges, il a tout naturellement choisi cette ville pour installer son héros, le commissaire Van In, un policier bourru mais efficace, grand amateur de Duvel, qui travaille avec Guido Versavel, inspecteur principal, et Hannelore Martens, la juge d’instruction la plus sexy de Bruges et, également, la femme du premier.

Quand vous êtes un écrivain de langue flamande, que vous avez ainsi créé un tel personnage, comment imaginer que vous ne soyez pas tenté, un beau jour, de prendre à bras le corps l’affaire la plus retentissante de l’histoire judiciaire belge ? Eh bien, c’est justement le thème de cette nouvelle aventure du trio, qui se retrouve confronté à ce qui ressemble furieusement à une réapparition des tueurs fous du Brabant, bande armée qui a sévi entre 1982 et 1985, faisant 28 morts en 17 braquages, et n’ont jamais été retrouvés – la cellule spéciale d’investigation mise en place à l’époque semble être encore active ! D’autant que tout à été dit sur cette affaire, dont diverses théories selon lesquelles de hauts personnages de l’État y auraient prêté la main, afin de favoriser un virage sécuritaire de la gestion des forces de l’ordre.

Ainsi, lorsque Michiel Lambrechts, journaliste d’investigation, est retrouvé chez lui, tué de deux balles dans la tête, alors qu’il travaillait sur le dossier, c’est toute les années 80 qui font leur retour sur le devant de la scène. Les dossiers du procureur Demedts, retrouvé pendu dans son jardin, comme si l’on avait voulu étouffer l’affaire, jamais retrouvés, font à nouveau parler d’eux…

Avis

Une enquête du commissaire Van In, c’est en général un petit peu comme une madeleine – pour Proust -, comme une pastille Vichy ou un Mi-Cho-Ko – pour les plus de 40 ans -, ou certaines chansons – de Don’t stop me know, de Queen à Uptown Girl, de Billy Joel –  : ça fait du bien, même s’il y a comme une pointe de nostalgie. Ce n’est pas trépidant, on ne recherche pas le twist toutes les cent pages, mais c’est efficace, solide, bien rodé. Van In est suffisamment insupportable pour en devenir attachant – du moment que l’on n’a pas à le supporter en vrai -, son obstination à refuser de se laisser couper les ailes par les politiques de tous bords est plutôt de nature à nous rasséréner. Et il est à souligner que Guido Versavel, personnage homosexuel de la série, n’est pas caricatural : ce n’est pas si souvent le cas, en littérature.

Ce tome est, cependant, un petit peu à part de la série – en tout cas, des tomes précédents, sans préjuger de la suite – : peut-être du fait du contexte de cette affaire des Tueurs du Brabant, ce tome parait plus politique. Certes, il y a toujours eu une dimension « Van In contre les pression des puissants, luttant pour que la vérité gagne tout de même », mais qui est ici poussée à son paroxysme.

Bruges est, comme toujours, un personnage à part entière du roman. Ses rues, ses places, ses cafés – dans lesquels Van In écluse les Duvel comme nous des verres d’eau en période de canicule -, ses banlieues.

Même s’il se démarque un peu, à mon sens, des tomes précédents, ce Pieter Aspe est un bon cru. Avis aux amateurs, si vous n’avez pas encore rencontré le commissaire Van In, le personnage est de bonne compagnie !

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