Historiques

Les Égéries de la Révolution

Chronique de Les Égéries de la Révolution, de Jean et Marie-José Tulard.

« Le 27 novembre 1793, une délégation de femmes réclamant du pain est haranguée par Chaumette, alors procureur de la Commune de Paris, en ces termes :

« Rappelez-vous l’impudente Olympe de Gouges qui, la première, institua des sociétés de femmes, qui abandonna les soins de son ménage pour se mêler de la République, et dont la tête a tombé sous le fer vengeur des lois. » »

Jean et Marie-José Tulard, Les Égéries de la Révolution, Éditions Pocket, 2020, p. 206.

Motivations initiales

Voici un moment que je trouvais ce livre alléchant mais… le prix du grand format m’a un peu calmé ! Par pur hasard, lors d’un week-end au Havre, je l’ai trouvé en poche et, comment vous dire, j’ai sauté dessus !

Synopsis

Les femmes ont souvent été les laissées-pour-compte de l’Histoire telle qu’elle nous est transmise. Et pourtant, lors de la chute de la monarchie et la période révolutionnaire, les femmes ont été bien souvent actrices et même parfois des meneuses.

Jean Tulard et son épouse retracent ici différents portraits de femmes telles que la célèbre Olympe de Gouges ou bien encore Madame de Staël et Joséphine de Beauharnais pour les plus connues. Mais cet ouvrage met également en lumière des femmes moins connues, oubliées de la mémoire nationale.

Avis

Pas facile de vous dresser une synthèse de ma lecture car c’est une lecture assez particulière qui risque de laisser certains d’entre vous sur le bord du chemin.

L’intelligence et la finesse d’esprit de Jean Tulard ne sont plus à démontrer. C’est un brillant historien. Ici encore, il s’illustre aux côtés de son épouse pour redorer le blason de femmes dont certaines étaient tombées dans l’oubli le plus total… Bien sûr, certaines de ces grandes figures féminines sont encore connues, je pense notamment à Olympe de Gouges ou Madame de Staël.

Pendant plus de trois cent pages, le couple retrace les différents régimes politiques qui se sont succédé entre 1789 – la chute de l’Ancien Régime – le Directoire. À chaque période, ils ont retenu des femmes qui sont devenues ce que l’on appelle des Égéries mais qui bien souvent tombent en disgrâce et sont in fine conduites à l’échafaud.

Pour les non-initiés, je trouve que la lecture n’est pas simple et qu’il faut vraiment s’accrocher, ce livre fonctionne comme un petit catalogue où l’on retrouve une succession de noms de femmes…  Pour s’y retrouver, il faut déjà avoir une sérieuse culture historique sur l’époque, les différents courants politiques, les régimes que l’on tente de mettre en place après la monarchie. Les auteurs font parfois référence à des événements historiques assez pointus… Je pense donc que, pour lire de façon fluide cet ouvrage, il faut disposer d’une bonne connaissance de l’enchainement des événements de la période révolutionnaire et de la sphère politique durant ce moment si particulier.

Mais pour ceux qui y sont préparés, quel régal ! On apprend beaucoup de petits détails qui ont leur importance et, surtout, on découvre à quel point ces femmes, qui ont souvent été des meneuses et des résistantes, ont fait preuve d’idées novatrices pour la société de l’époque.

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1 réflexion au sujet de “Les Égéries de la Révolution”

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