Aventures

Les enfants du Graal – T. 1

Chronique de Les enfants du Graal – T. 1 Les enfants du Graal, de Peter Berling.

« Mais celui qui cherche la vérité peut aussi prier Dieu qu’il lui permette de lire dans le grand livre de l’Histoire. Dieu n’écrit pas avec l’encre des scribentes, mais avec la vie des êtres humains et des peuples. »

Peter Berling, Les enfants du Graal – T. 1 Les enfants du Graal, Bragelonne, 2021, p. 183.

Motivations initiales

Lorsque ce titre est apparu dans la liste des livres publiés par Bragelonne, et que nous pouvions demander à recevoir, il ne nous a pas fallu longtemps, chez Ô Grimoire, pour décider de le demander. En effet, nous aimons tous les deux les romans historiques, de préférence lorsqu’ils sont solidement documentés, ce qui semble être le cas de celui-ci. Et puis, quand il apparait que Peter Berling est un passionné du Moyen Âge et qu’il a participé, comme acteur, au film Le nom de la Rose, le doute n’est plus permis !

Synopsis

Le conflit qui oppose la Papauté et l’empereur Frédéric II (Frédéric de Hohenstaufen) – ce dernier parvient à être l’ennemi de Grégoire IX, puis d’Innocent IV, ce qui lui vaut d’être excomunnié deux fois – connait l’un de ses sommets alors que la forteresse cathare de Montségur est sur le point de tomber, en mars 1244. L’empereur, que Grégoire IX surnomme l’Antéchrist, a la réputation de semer des bâtards aux quatre coins de l’Empire.

Qui sont alors vraiment les deux enfants exfiltrés de justesse, juste avant que la forteresse ne se rende, leur permettant d’échapper au bûcher qui attend quelques centaines d’hérétiques ?

Leur fuite, à travers tout le continent, en compagnie de Guillaume de Rubrouck, un franciscain en rupture de ban, cristallise le conflit : les Templiers, l’Inquisition, les forces de la Papauté, plusieurs membres de la secte des Assassins s’affrontent, soit pour assurer leur fuite, soit pour l’empêcher.

Mais quel est leur lien exact avec le Graal ?

Avis

Ce premier tome d’une pentalogie se présente, d’entrée, comme une somme. 700 pages, accompagnées de presque 40 pages de notes. Et, première remarque : d’où sort cette idée de regrouper toutes les notes en fin d’ouvrage, rendant leur utilisation franchement problématique ? D’autant qu’on le comprendra facilement : lorsque vous avez 40 pages de notes pour 700 pages de texte, on n’est plus dans l’usage occasionnel. Et, en effet, le texte est parsemé de citations en latin, en vieux provençal, en grec, en arabe…

Résultat : soit on hache dramatiquement la lecture, en faisant des allers-retours permanents, soit on finit par se dispenser des notes… ce qui revient à dire que, à quelques exceptions près pour quelques citations parmi les plus simples en latin, on fait sans les traductions, en se contentant d’essayer d’en deviner l’orientation.

Et cette remarque sur les notes est assez emblématique de cette lecture : si on sent bien la passion de l’auteur pour cette période de l’histoire, force est de constater que celui-ci n’a pas voulu trancher entre faire œuvre d’historien – avec ces notes, mais également avec certains passages d’une grande complexité sur la géopolitique de l’époque – et faire œuvre de romancier, en vulgarisant pour le grand public une période agitée de l’histoire européenne.

Il y avait une idée géniale à l’origine de ce livre : mobiliser, pour s’en inspirer, les véritables chroniques de Guillaume de Rubrouck – l’homme, ami de Saint-Louis, a en effet traversé une partie du monde, se rendant jusqu’à Karakorum et en Mongolie, et a adressé au roi une longue lettre décrivant son périple -.

Mais, et cela a fini par m’achever, l’auteur, à côté de tous ces éléments historiques, choisit, on ne sait pour quelle raison, de faire figurer dans son roman des membres du Prieuré de Sion, si cher à Dan Brown et qui a contribué au succès de son Da Vinci Code, mais dont on sait qu’il s’agit, pour l’essentiel, d’une invention du XXe siècle, et non d’une société secrète créée en 1099.

Comme si la véritable histoire n’offrait pas suffisamment de mystères et de récits proprement fantastiques ! Pourquoi, alors, aller inventer, surtout lorsque derrière se dissimule des théories complotistes ou pratiquement ? Bref, ce mélange de sérieux, parfois même à l’excès – lorsque l’on ne sait plus si l’on est en présence d’un roman ou d’un travail d’historien – et de théorie discutable est finalement devenue, pour moi, totalement indigeste.

Alors pour ceux qui recherchent des romans historiques en mode thriller, je recommande plutôt d’aller du côté de Steve Berry – au moins, on sait précisément, grâce à l’auteur, ce qui est de l’ordre de la fiction et ce qui est attesté historiquement -, et pour ceux qui aiment les mondes carrément plus imaginaires, allez de préférence vers du Guy Gavriel Kay…

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