Aventures, Drame, Historiques

Cathares 1198

Chronique de Cathares 1198, d’Olivier Taveau.

« Les chefs de la croisade prirent ainsi acte de l’offre de reddition et s’apprêtaient à se retirer pour en discuter les termes. Hospitalité était offerte au vicomte, le temps pour le conseil de délibérer.

Dans la foule, plusieurs barons grondèrent. Trencavel s’était livré de son plein gré et l’invitation d’Arnaud avait toutes les apparences d’une captivité. »

Olivier Taveau, Cathares 1198, Bragelonne, 2021, p. 161.

Motivations initiales

Parmi les nouveautés de chez Bragelonne, au moment de choisir lesquels nous souhaitions recevoir, celui-ci m’a fait de l’œil. Il s’est donc retrouvé dans ma PAL, et le voilà désormais lu !

Synopsis

Le Pape Innocent III, lorsqu’il monte sur le trône papal, en 1198, est décidé à en finir avec les hérésies qui prospèrent dans le sud-ouest de la France. Il mandate Pierre de Castelnau pour contraindre le comte de Toulouse à agir contre les cathares… mais, alors que l’action de ce dernier ne faisait pas réellement bouger les lignes, son assassinat, sur le chemin du retour, offre au pape – et à son âme damnée, Malaki – l’opportunité qu’ils attendaient. La croisade peut désormais être lancée…

Avis

Après avoir récemment lu le tome 1 de Les enfants du Graal, on pourrait se demander si l’objectif est de se spécialiser sur cette époque et ce sujet. En effet, Cathares 1198 se déroule quelques années plus tôt. Mais on retrouve dans les deux ouvrages une même mise en lumière des débordements de l’église catholique, confrontée à l’hérésie cathare, certes, mais également aux luttes de pouvoir, internes – entre les cardinaux, par exemple -, et externes – avec le roi de France, Philippe-Auguste, pour Cathares 1198 ; avec Frédéric II, empereur du Saint-Empire dans Les enfants du Graal -.

Ce livre propose une version de l’histoire cathare, sans qu’il soit malheureusement possible de savoir ce qui est de l’ordre des faits historiques, et ce qui est de l’ordre du romancé, de l’imagination de l’auteur. On voit bien qu’une partie du récit est imaginaire – je ne donnerai pas d’exemple pour ne pas spoiler -, mais où est la limite ? Je sais bien que pour beaucoup de lecteurs, cela n’a pas réellement d’importance. Mais, pour d’autres, il s’agit d’un élément central : à ces derniers, « passez votre chemin, ce livre n’est pas pour vous ».

L’auteur, en effet, imagine une « obligation » faite aux papes, et remontant à plusieurs siècles lorsqu’Innocent III accède à la papauté. Et qui va à l’encontre de tout ce à quoi il s’est préparé. Le conflit intérieur qui en découle apporte un élément intéressant au récit.

Mais, même si les décisions sont, pour l’essentiel, prise à Rome, ce livre nous embarque dans un vaste périple en Occitanie. Béziers, Carcassonne, Toulouse, Muret, Fanjeaux… Nous accompagnons Raimond-Roger Trencavel, Raimon VI de Toulouse, Esclarmonde de Foix, dans leur opposition aux diktats de l’église catholique ; Guilhabert de Castres, un « parfait », c’est à dire un homme ordonné dans la doctrine cathare ; et, du côté des croisés, on suit Pierre de Castelnau, Arnaud Amaury, abbé de Citeaux, Simon de Montfort.

C’est une page d’histoire que l’on tourne ici, au fil des pages, des combats, des sièges et des pillages. Une page sanglante, noire, brutale, qui ne met pas à l’honneur l’église catholique.

J’ignorais que le comté de Toulouse était alors vassal du Royaume d’Aragon, et donc de Pierre II, celui qui défit les almohades à Las Navas de Tolosa, en 1212. Auréolé de la gloire de cette victoire, il pense pouvoir faire plier le pape et le convaincre de renoncer à la croisade contre ses vassaux. Mais la terrible défaite à Muret, d’autant plus incroyable que les assaillants sont au moins 4 à 5 fois plus nombreux que les croisés, à l’occasion de laquelle le roi meurt, marque la fin des espoirs cathares.

Oui, vous l’aurez compris, même s’il a quelques failles – et notamment, j’insiste, pour les férus d’histoire, dans la délimitation entre histoire et roman -, ce livre nous emmène avec lui. Et l’on se prend à se demander ce qu’il serait advenu si Pierre II d’Aragon avait été un petit peu moins sûr de lui… Mais, ça, c’est aux romanciers de l’imaginer…

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