Policiers, Roman noir, Thrillers

Intensité

Chronique de Intensité, de Dean Koontz.

« Mais les rêves agréables ne duraient jamais, et les cauchemars la réveillaient régulièrement, la mettant face à des paysages inconnus, lui donnant envie de voyager sans jamais plus s’arrêter. La route était une promesse de paix, mais les destinations, toujours infernales. »

Dean Koontz, Intensité, Éditions Archipoche, 2022, p. 75-76.

Motivations initiales

Profitant de ce que les éditions Archipoche ressortent ce livre de Dean Koontz, paru initialement en 1995 et traduit en français en 1998, c’était l’occasion de découvrir cet auteur que, chez Ô Grimoire, nous n’avions jamais lu. Il s’agit pourtant d’un auteur prolifique : plus de 120 romans – suspense, horreur et fantastique -, des nouvelles, de la poésie. Dean Koontz a publié sous plus de 10 pseudonymes, certains éditeurs lui ayant déconseillé de publier sous son  vrai nom lorsqu’il s’attaquait à un genre différent. Ses livres ont inspiré les réalisateurs : onze d’entre eux ont été portés au cinéma. Bref, une occasion à ne pas rater !

Synopsis

Chyna est étudiante en psychologie. Ayant vécu une enfance compliquée auprès d’une mère attirée par la violence et les bad boys, elle a développé une sixième sens, celui du danger, et ne se confie jamais : se livrer, c’est se mettre en danger.

La seule à qui elle ait accepté de se livrer un peu, c’est Laura Templeton, une camarade de classe, qui finit, comme elle, sa licence de psychologie. Laura qui l’a invitée à venir en Californie, chez ses parents, qui cultivent de la vigne.

Chyna ne dort jamais bien dans les lieux inconnus. Alors quand elle entend des chocs sourds, elle se réveille. Pour entendre des cris. Puis des pas. Par réflexe, alors qu’elle est sur le qui-vive, elle se cache sous le lit – ce qui n’est pas sans lui rappeler d’affreux souvenirs -. Et c’est ainsi qu’elle échappe à la folie meurtrière d’un homme qui, après avoir tué les parents, emmène avec lui Laura, après l’avoir violée. Chyna, sans réfléchir beaucoup plus, se dissimule dans le camping-car de l’agresseur : il ne faut pas que les meurtres restent impunis ! Mais cela risque de l’emmener plus loin qu’elle ne l’imaginait… à la fois dans le futur, et dans le passé…

Avis

Intensité… Certes ! On ne peut pas nier que le titre soit bien choisi. En effet, la course-poursuite entre le tueur et Chyna est intense. Il s’agit même d’un euphémisme. À la fois d’un strict point de vue comptable – avec six morts dans les trois premiers chapitres -, mais également dans les scènes. On a le cœur qui bat la chamade, et on se surprend à tendre l’oreille, pendant que Chyna explore la maison des Templeton, sans savoir si le tueur est encore là ou non ; et les scènes dans la maison du tueur ne sont pas sans m’avoir rappelé certains moments du film Le Silence des agneaux

Ensuite, le titre s’explique également par la « recherche » du tueur, dans la tête duquel nous passons un petit peu de temps. Il recherche l’intensité des émotions. Il sait que son parcours peut être interrompu à tout moment, et il se concentre sur ses ressentis, au point d’en être – on l’aura compris – effrayant. Il sent, il goûte, il hume, il respire. Il ne cherche pas le beau, il cherche l’intense. La sensation. Y compris désagréable, y compris douloureuse.

« La douleur n’est rien d’autre qu’une partie de la vie. En l’acceptant, on découvre une satisfaction surprenante. En outre, entrer en contact avec sa propre douleur permet de jouir plus facilement de celle des autres » (p. 87), voilà comment Dean Koontz nous décrit le psychisme de son meurtrier. Certes, il préfère faire souffrir les autres. Mais son temps est trop précieux pour ne pas vivre chaque sensation au maximum. Une philosophie qui pourrait sembler tout à fait raisonnable, si elle n’était, ici, poussée à son paroxysme.

C’est noir, c’est brutal, c’est glaçant, c’est même assez angoissant – et, à ce titre, cela ne s’adresse pas à tout le monde -. Mais c’est à la fois intéressant et terrible d’observer comment Chyna, de son côté, va se construire de cette violence. Pas se nourrir, mais se construire, ou, plutôt, se reconstruire. Finalement, c’est dans cette absence de sentiment et d’empathie qu’elle va retrouver, elle, son chemin.

À la fin, pas de happy end, du moins, pas de happy end naïve et bébête. Je ne veux pas trop en dire pour ne pas « spoiler », mais, en réalité, ce n’est pas tant le déroulé de l’histoire qui compte, c’est davantage la progression des personnages, et, en particulier, de Chyna, qui importe.

Est-ce que j’ai aimé cette lecture ? Je ne sais pas si le terme « aimé » est réellement adapté. En revanche, elle est frappante, et certaines scènes me resteront probablement en mémoire. Et la fin est terrible mais émouvante.

Vous l’aurez compris, on est vraiment en mode « âmes sensibles s’abstenir », avec cet Intensité. Mais pour celles et ceux qui apprécient d’avoir un bon coup d’adrénaline, franchement, cela vaut le détour ! Alors, prêts pour une virée avec un tueur en série ?

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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