Aventures, Bandes dessinées, Histoire

Chroniques de Roncevaux – T. 2 Munjoie !

Chronique de Chroniques de Roncevaux – T. 2 Munjoie !, de Juan Luis Landa.

« Après plusieurs jours de pillage, de destruction et de mort, et avant de quitter Pampelune en ruine, Charles, ivre de barbarie… ordonna l’exécution des otages… semant dès lors les graines de son propre malheur. »

Juan Luis Landa, Chroniques de Roncevaux – T. 2 Munjoie !, Éditions Glénat, 2022, p. 24.

Motivations initiales

Je le signalais déjà à l’occasion de la chronique du premier tome, Charlemagne et la Chanson de Roland font partie, avec les légendes arthuriennes, de ce qui a participé à mon goût de la lecture, voilà quelques années. Dès lors, en bande dessinée, en livre, en réédition numérique, en musique, tout est bon !

Synopsis

On retrouve, au début de ce deuxième tome, Charlemagne et son armée attaquant Saragosse. Mais les portes de la ville, qui étaient censées s’ouvrir devant le roi franc, restent obstinément fermées, et résistent aux assauts. L’obstination de Charlemagne l’amène à mettre le siège. Al-Hossain, le gouverneur de la ville, décide alors de semer la zizanie dans l’armée franque : il offre à Charlemagne plusieurs chars emplis d’or, de quoi couvrir largement le coût de l’expédition, et donner envie aux moins combatifs d’en finir avec le siège.

Le choix n’en est plus un le jour où un message parvient à Charlemagne de Paderborn : les Saxons se rebellent de nouveau. Il faut rentrer. Mais cela n’atténue pas la frustration du roi. Lorsque l’armée franque lève le siège, le 3 août 778, il emmène avec lui ses otages vascons, et notamment Soliman. Lorsque celui-ci est libéré par ses fils, profitant de la nuit, la fureur de Charlemagne éclate. Il sème la désolation sur son passage, et met le cap sur Pampelune. Là, il découvre la garnison qu’il avait laissée sur place décimée. Cela provoque un nouvel éclat de fureur : la ville, ses quelques habitants restés cachés, les otages sont détruits, massacrés, pendus.

Ne reste plus qu’à rentrer en France… en passant par le col de Roncevaux. Mais le chemin est ardu, la forêt ténébreuse, et les sentes propices aux embuscades. Tout est en place pour que les vascons se vengent !

Avis

Il est particulièrement intéressant d’avoir ici la vision de Juan Luis Landa sur cet épisode. Le dessinateur basque espagnol est naturellement bien placé pour se faire l’interprète de la façon dont les basques ont intégré cet épisode historico-légendaire dans leur imaginaire collectif. Charlemagne est présenté comme impulsif, ombrageux, colérique, peut-être davantage que ne le font les historiens français, encore que…

Il montre bien comment la colère de celui qui n’est pas encore empereur met en place la situation qui va aboutir au désastre que l’on sait. L’engrenage est implacable… et se distingue là du récit légendaire de la Chanson de Roland, qui veut faire des sarrazins les méchants de l’histoire, les traîtres.

Les dessins sont toujours aussi sublimes : les paysages sont majestueux, les guerriers valeureux. S’il devait y avoir un seul bémol – mais c’est inévitable compte tenu de la trame de l’histoire -, ce serait que, dans la masse des combattants, distinguer tel ou tel personnage est parfois délicat. Du coup, autant on perçoit le fracas des armes qui s’abattent sur les boucliers, le sifflement des flèches, le son étouffé lorsque leur pointe pénètre un corps, les gémissements des blessés et des mourants, autant on peine parfois à y reconnaître qui est qui.

Un grand récit de fureur et de violence, visuellement magnifique, historiquement précis, humainement prenant. Là aussi, sur le scénario, un seul petit regret : celui de ne retrouver qu’à la marge frère Angelo de Syracuse. Il intervient à un moment simplement pour signaler qu’il comprend rapidement qu’il n’est pas là pour livrer pour l’histoire une chronique de vérité, mais bien pour contribuer à la renommée de Charlemagne. Mais, justement, peut-être cet aspect aurait-il été intéressant à creuser encore davantage.

Mais ce léger bémol ne change rien à l’affaire : cette série mérite d’être lue. Alors, qui va prendre la route pour les Pyrénées et Roncevaux ?

Pour en savoir plus

Retrouvez la présentation de ce livre sur le site de l’éditeur.

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